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Une pluie de millions sur le parlement ?
Les débats sur la privatisation de la CMDT débutent ce mardi à l’Assemblée nationale. Le gouvernement malien, face à l’hostilité de beaucoup de députés de ne pas voter la loi de privatisation de la CMDT, serait monté sur ses grands chevaux la semaine dernière.

Le Premier ministre, Modibo Sidibé, chef d’orchestre du bradage de ce patrimoine, aurait reçu en catimini deux personnalités influentes de l’Assemblée nationale. Selon des sources concordantes, il aurait été question de la CMDT et surtout du vote de la loi de privatisation qui permettra au gouvernement de procéder à son démantèlement et à sa vente.

Selon nos sources, l’audience accordée, à nos honorables à quelques jours de la date fatidique, aurait tourné la vapeur en faveur des partisans de la privatisation. Ceux-ci pourraient déjà crier victoire avant même le vote de la loi.

Quand on sait que l’Assemblée nationale a été sollicitée avec un pactole important en 2004 pour le vote de la loi sur l’instauration du Bureau du Vérificateur général. D’ores et déjà, on peut présager le même scénario.
Un soudain retournement de veste de la part de la représentation nationale n’est pas à écarter. L’argent étant le nerf de la guerre.

Le syndicat file le mauvais coton

La privatisation de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT) continue de couler beaucoup d’encre et de salive. Mais le plus surprenant est la réaction va- t-en guerre du syndicat de la filière coton.

Il est aujourd’hui catégoriquement opposé à la privatisation. Or c’est ce même syndicat qui, aux côtés du PDG de la CMDT, a mené une campagne tambour battant pour la privatisation de la CMDT dans les zones cotonnières.

Cette volte face du syndicat de la filière coton suscite des ruades. Surtout du côté de tous ceux qui connaissent le parcours de ce syndicat et des paysans des régions CMDT. La dénonciation de la privatisation de la CMDT aux relents d’insulte et de règlement de compte relance le débat pour qui roule ce syndicat.

Affiliée à l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), une des deux centrales syndicales du pays, la section syndicale de la filière coton lance des flèches dans tous les sens pour dénoncer la privatisation dont il a chanté les louanges devant les cotons culteurs.
Ironie du sort, dans ses diatribes, le syndicat s’attaque à l’Assemblée nationale, une des institutions de la République qui a la lourde tache de décider son sort.

La privatisation de la CMDT interpelle tous les Maliens épris de justice. Les conséquences fâcheuses de la privatisation haineuse de HUICOMA sont là pour que les gens se donnent la main pour barrer la route aux représentants de l’économie libérale. Les travailleurs de cette société courent toujours derrière leur plan social. Plus de 800 travailleurs licenciés. Conséquences : des familles brisées avec son corollaire de tous les maux qu’on peut imaginer.

Revenons au cas de la CMDT. Si le combat du syndicat se situe dans ce cadre de protéger les travailleurs et par ricochet les paysans, il aura notre soutien. Mais si c’est pour faire de la diversion ou d’être la face cachée d’un homme politique, il va falloir que les Maliens soient vigilants.

La section syndicale de la filière coton aurait décidé de se ranger du côté de Ousmane Amion Guindo, président directeur général de la CMDT, qui aussi a retourné sa veste après avoir dit dans toutes les zones cotonnières que «la privatisation est incontournable.»

En aucun moment, on n’a pas tenu compte de l’avis des paysans. Partout où le syndicat et le PDG sont passés, les paysans ou leurs représentants ont tenu le langage contraire. Pour les uns, la privatisation de la CMDT signifierait la fin d’une époque. Pour les autres, elle asphyxierait les villes qui ont bâti leur économie sur les activités de la CMDT.

Le syndicat de la CMDT, qui se voit peut être perdant dans son combat, tire à hue et dia. Il demande un plan social pour les travailleurs. Pourquoi les responsables syndicaux n’ont-ils pas réclamé au moment où ils sifflaient dans la même flûte que leur mentor ?

Tous ces coups bas ont pour nom : élection de 2012.
Tout le monde souhaite avoir avec lui les zones CMDT.
On se rappelle des 300 voix promues à ATT lors de l’élection présidentielle de 2007 par les responsables de la filière coton. Ousmane Amion Guindo, candidat à la présidentielle à venir ?

Yoro SOW

Bilan de la privatisation au Mali


Existe-t-il d’autres alternatives dans un contexte de mondialisation ?

Ce n’est pas un secret de dire que la fermeture de toute entreprise entraîne des conséquences. Si d’une part le propriétaire ou promoteur d’une entreprise se sent dans l’obligation de licencier ses Travailleurs, d’autre part les Travailleurs eux-mêmes deviennent des victimes. Ces derniers n’auront plus non seulement de salaires par faute d’emploi, mais seront confrontés aux charges familiales. Ceci répond à la situation actuelle des Travailleurs remerciés de l’HUICOMA depuis le 5 Octobre 2007.

Déjà beaucoup d’entre eux ont leurs foyers menacés, puisque incapables d’assurer le quotidien de la famille. Citons les 56 cas de divorces déjà déclarés. La fermeture de l’HUICOMA a mis plus 409 maliens dans la rue. A partir de ceux-ci, nous pouvons imaginer plus de 4090 personnes affamées. Car au Mali une personne en activité nourrit dix bouches.

Le Réseau de communication, en collaboration avec la Fondation Rosa Luxemburg, a animé une conférence-débat le samedi dernier à l’espace d’expression démocratique Kayira sur le thème : « bilan des privatisation au Mali : existe-t-il d’autres alternatives dans un contexte de mondialisation » ?

La salle de l’espace d’expression démocratique de Kayira a été prise d’assaut par les auditeurs et auditrices de la dite radio et d’autres personnes ressources pour participer à la conférence débat sur le bilan des privatisation au Mali. Un thème très important, car le continent africain souffre de la liquidation des sociétés et entreprises d’Etat crées par les pères de l’indépendance en Afrique.

Cette conférence-débat était animée respectivement par le Professeur Balla Konaré de la FSJEP, Dr. Oumar Mariko, Ibrahima Diarra du collectif des syndicats de l’HUICOMA et de Zakariayaou Diawara, secrétaire général de la filière coton de la zone CMDT.

En prenant la parole, Dr. Mariko fait une synthèse sur la collaboration entre le Réseau Kayira et la Fondation Rosa Luxemburg. Elle évoqué l’expérience de la création du parti communiste crée par un groupe de trois personnes et avaient pour mission l’instauration d’une vison socialiste pour répondre aux besoin de la classe laborieuse et surtout le rôle de la femme au sein des instances décisionnelles. Avant de souligner l’Etat des privatisation de nos sociétés et entreprises d’Etat.

Quant au professeur Konaré Balla qui a fait ressortir de la déviation totale de la volonté du premier président et de ses compagnons qui ont chassé les Blancs et de prendre contact avec les pays de l’Est en vue de répondre favorablement au souci du peuple. C’est d’ailleurs dans ce contexte que le Franc Malien fut crée ainsi que les sociétés et entreprises d’Etat.

Après le coup d’Etat de 68 sans la volonté des maliens, la stratégie Française consistait à saboter les œuvres du Président Modibo. En 80, ils organisé et planifié la vente de ses sociétés en début de crise.

Selon le Professeur Koanré, ATT lui-même était en un moment le Directeur Commercial de la Société Ikatel à travers le pays. Il se plaisait à faire de la PUB pour cette société, est-ce le rôle d’un chef d’Etat s’interroge le conférencier.

L’Etat est le seul responsable des problèmes sociaux, car il ne parvient pas à assurer la sécurité des personnes et de leurs biens confiés aujourd’hui à des sociétés de gardiennages. Le cas le plus dangereux est celle de l’école malienne, a laissé entendre le conférencier.

En 1956, les colonisateurs avaient découvert la Zone de Morila comme étant l’une des plus importante exploitation minière au monde. Avec aujourd’hui 15 g/ Tonne a été liquidée par l’Etat. Le bilan des privatisation est chaotique a t’il conclu.

Ibahima Diarra a surtout évoqué le non respect du cahier de Charge de la privatisation de HUICOMA par Alou Tomota et l’Etat est complice de la dévire de cette société.

Nous souffrons énormément de cette privatisation et pire ni les travailleurs, ni les syndicats n’ont pas été associés à la privatisation de l’HUICOMA et le bilan est là plus de 400 travailleurs sont licencié par M. Tomota.

Le dernier conférencier démontré qu’il ne s’agit pas du manque de la graine de coton qui est à l’origine de fermeture de certaines Usines. Loin, dira, Diawara c’est mauvaise gestion de l’opérateur. M. Zakariayaou Diawara a dénoncé toute privatisation en occurrence celle de la CMDT.

Les participants à cette conférence ont posé plusieurs questions sur la survie de notre économie et surtout du contrôle de nos marchés. Des inquiétudes sur les APE qui constituent une menace réelle pour notre continent.
Toutes les questions ont été répondues avec satisfaction par les deux conférenciers.


Moustapha GUITTEYE

28 Juillet 2008