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En effet, ces derniers estiment que cet atelier, initié dans le but de permettre au parti du “Tisserand” d’apporter ses suggestions et contribution à la résolution des questions de l’heure, a plutôt servi à Ladji Bourama pour régler ses comptes.

A noter que par rapport à la CMDT, si ce thème n’avait pas fait l’objet de réflexion, il devait forcément en faire partie, pour qui connaît le rôle et l’importance de cette grande structure au sein de la filière coton, et plus particulièrement, dans l’économie malienne.

Selon les statistiques, plus de quatre millions de Maliens sont concernés par cette inquiétante question de privatisation de la CMDT. Aussi, avant d’évoquer les propos d’IBK qui, selon certains, ressemblent plutôt à des piques assénées contre le PDG de la CMDT, il convient d’abord de rappeler les relations politiques qui liaient les deux hommes.

Rappelons alors que lors du premier mandat d’Amadou Toumani Touré, le « big boss“ de la CMDT, M. Ousmane Amion Guindo, était ministre-délégué des Transports, sous les couleurs du parti des Tisserands, le RPM. Auusi, lorsqu’il fut désaisi ou éjecté de son poste ministériel, le président du RPM s’était mis à clamer et protester sur tous les toits qu’il s’agit… d’un coup ou complot politique savamment orchestré, uniquement dans le but de nuire au parti du Tisserand.

Mais lorsque Ousmane Amion Guindo fut nommé Président Directeur Général de la CMDT, l’espoir renaquit chez les RPMmistes. Pour le RPM, notamment pour son président, cette nomination contribuera sans doute à ‘implanter davantage le parti dans le Kénédougou, l’une des plus grandes circonscriptions électorales du pays.

Aussi, les Tisserands d’IBK pensaient ratisser, sinon engranger large dans cette circonscription, lors des élections législatives de 2007. Malheureusement, ce rêve ne sera que de courte durée, puisque le PDG de la CMDT fera faux bond aux Tisserands, en démissionnant du RPM au profit… du Mouvement Citoyen.

C’est cette situation, apprend-on, qui provoquera ainsi la colère de Mandémassa contre son ex-compagnon politique. Et certains observateurs politiques n’ont pas manqué de constater, en déclarant que lors de cet atelier de réflexion sur la privatisation de la CMDT, l’intervention du numéro 1 du RPM est assimilable à un règlement de compte. Mais pour IBK, s’agissat-il réellement de réglement de compte ou d’une simple dénonciation de la gestion du prédécesseur de Ousmane Amion Guindo à la tête de la CMDT, M. Mahamar Oumar Maïga?…

Dans tous les cas, selon son président, le RPM s’engage à mener un programme d’assainissement de la gestion de la CMDT visant à la réduction globale nette des charges, notamment les dotations aux amortissements, les frais de transports et d’engrenage, la simplification et la transparence des procédures de passation des marchés, le renforcement du contrôle et la distribution des sanctions.

Dans l’entendement des responsables du RPM, pour remettre la CMDT sur les “rails” de la performance, il faut des mesures : entre autres, l’ouverture de négociations sérieuses et argumentées avec les partenaires en vue d’obtenir un moratoire de 3 ans pour opérer le redressement financier ; la réorganisation de la filière ; la mise en œuvre d’un ensemble de dispositions en vue d’assainir la gestion managériale et financière ; l’ébaboration d’une lettre de mission pour la nouvelle direction.

Lesdits responsables ajoutent qu’à côté de ces mesures, il faut non seulemnt la mise en place de l’inter-profession du coton et l’office de classement du coton, mais également la création d’une coordination des pays africains producteurs de coton, en vue d’insérer la question du coton dans l’agenda de l’UEMOA, de la CEDEAO et de l’Union Africaine.

Si pertinente soit-elle, cette sortie du RPM pourrait-elle constituer “la goutte qui fait déborder le vase” ? Compromettra-t-elle la chance des Tisserands de récupérer leur ancien compagnon de lutte politique, le PDG de la CMDT? En tout cas, selon les rumeurs, les responsables du parti du “Tisserand” sont en train de “souquer ferme”, voire de tout mettre en œuvre pour que Ousmane Amion Guindo retourne à la case départ, c’est-à-dire au bercail RPM.

Moussa TOURE

02 mai 2008