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De nos jours, le racket des paisibles citoyens par une certaine catégorie de travailleurs (policiers, agents de la mairie, gardiens de prison, entre autres) est devenu un véritable phénomène de mode. Pire, les auteurs de ce racket ne s’inquiètent nullement des conséquences de leurs méfaits. Le cas des agents de force de l’ordre (dans la circulation) en est une parfaite illustration.

N’est-il donc pas temps que les autorités envisagent des mesures draconiennes à l’encontre de tout agent de l’Etat qui se rendra coupable de telles exactions, surtout au moment où le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, M. Maharafa Traoré, est en train de s’employer corps et âme pour l’amélioration des conditions de vie et de détention de la population carcérale?

Entre autres réalisations, on se rappelle, en effet, la construction de nouvelles maisons d’arrêts, la réhabilitation des anciennes centres carcéraux, la formation des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée sur les principes de sécurité en milieu carcéral.

Malgré tout, des gardiens par trop zélés et corrompus de la prison de Kati continent de racketter de paisibles citoyens. C’est du moins le constat établi par un citoyen.

Témoignage

D.T. est un jeune médecin qui s’était rendu à la prison de Kati pour voir son neveu détenu pour une cause qui, selon lui, est plus que banale : une petite infraction dont les preuves ne sont même pas établies. Arrivé à la prison, il fut grandement surpris de le trouver… enfermé dans une des deux cellules réservées uniquement à ceux qui ont commis un crime.

Ces deux cellules sont fermées vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et les occupants, qui y sont entassés comme des troupeaux, n’ont pas le droit de sortir pour respirer l’air dans la cour. Ils accomplissent tous leurs besoins naturels dans ces petites cellules. Là-dedans règne une odeur nauséabonde qui vous coupe le souffle”, a-t-il remarqué.

Contrairement à ces cellules, les conditions de détention sont un peu plus acceptables dans la troisième cellule, où les occupants ont le droit de sortir dans la cour pour se dégourdir les jambes et respirer de l’air frais, fera savoir notre interlocuteur.

Ne pouvant pas rester indifférent face à ce désolant spectacle qui s’offre à lui, D.T. demanda à ce qu’on transfère son neveu dans la troisième cellule où les conditions de détention sont meilleures aux deux autres.

Alors, pour qu’il obtienne gain de cause, les gardiens de prison lui demandèrent de payer… 40 000 FCFA. Séance tenante, D.T. remet les 40 000 FCFA exigés par les gardiens : c’est en ce temps que son neveu fut transféré dans la cellule souhaitée.

A la lumière de cette situation, on peut en déduire que pour soutirer de l’argent aux paisibles citoyens, la tactique de ces gardiens de prison consisterait à intimider les parents des détenus, en mettant ces derniers dans des cellules où les conditions sont aussi inhumaines que dégradantes.

L’administration pénitentiaire de Kati est-elle au courant de cette pratique? Quel qu’il en soit, elle doit urgemment prendre des mesures, au risque de sa faire complice de tels procédés aux antipodes des droits de l’homme.

Dans tous les cas, les différents centres de détention sont devenus des lieux où les surveillants de prison n’hésitent pas à faire évader un détenu, ou à lui donner un temps de liberté, moyennant une somme d’argent.

Moussa TOURE

17 Septembre 2008