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Elle consiste à mettre le bébé sur la poitrine de sa mère, en contact peau à peau, comme le kangourou dont les portées naissent avant la gestation

jpg_une-1205.jpgA l’occasion de la Journée mondiale de la prématurité, le département de la pédiatrie du CHU Gabriel Touré, en partenariat avec Save the children, a organisé, hier, une journée portes ouvertes dans l’enceinte de l’hôpital. Le thème retenu était « engageons-nous dans la prévention de la prématurité au Mali ». Cette journée s’est attachée à vulgariser la méthode « Mère kangourou » afin de sauver des vies. Elle s’est déroulée en présence du chef de service de la pédiatrie, le Dr Broulaye Traoré, de Awa Diall, pédiatre à la néonatalogie, et de l’ensemble du personnel de la néonatalogie et de l’unité mère kangourou.

La méthode « mère kangourou » (MMK) est un programme de prise en charge du nouveau-né de petit poids de naissance et ou du prématuré. Elle est, selon le Dr Broulaye Traoré, une technique d’avenir pour l’humanisation des soins de l’enfant prématuré. La prématurité est une naissance avant le terme normal. Elle représente toute naissance avant le terme de 37 semaines.

Cette méthode aide l’enfant prématuré à s’intégrer plus rapidement au sein de la famille avec des bénéfices sur le plan social, psycho-émotif et aussi économique sans mettre en jeu ni la vie de l’enfant, ni la qualité de sa survie.

Elle s’applique de manière différente selon le moment où elle a débuté et selon le niveau de développement du pays et l’institution où elle fonctionne.

Mme Awa Diall précise que l’hôpital reçoit à peu près 3000 enfants par an, soit 10 à 15 enfants prématurés par jour. « Les causes de la prématurité sont entre autres, les infections génito-urinaires, les grossesses trop rapprochées et trop nombreuses, mais également la pauvreté », a-t-elle cité.

Elle est convaincue de l’efficacité de la méthode mère kangourou pour sauver les prématurés. Elle consiste à mettre le bébé sur la poitrine de sa mère en contact peau à peau, comme le kangourou dont les portées naissent avant la gestation. Elle souligne que ce contact peau à peau nécessite une surveillance clinique rigoureuse. La maman utilise son métabolisme pour permettre à l’enfant de finir sa maturation.

Il faut plusieurs critères pour que le bébé soit accueilli à l’unité : le bébé doit être sain, ne pas présenter de pathologie grave, ne pas avoir un problème de régulation thermique et d’alimentation et un poids de naissance de 200 g.

Pour la mise en kangourou, la pédiatre explique que le prématuré doit subir trois étapes. La première c’est l’adaptation en néonatologie. C’est la période pendant laquelle la mère va se familiariser avec la technique : apprendre à allaiter son bébé et recevoir tous les conseils inhérents à la méthode. Cette phase permet aussi d’observer le couple mère-enfant et de noter toute anomalie susceptible d’être un obstacle à la mise en kangourou. La mère doit aussi être présente aussi longtemps que possible près de son bébé.

Après cette phase, c’est l’hospitalisation. Celle-ci renforce l’adaptation kangourou dans tous ses aspects. La position kangourou 24h/24 est une position strictement verticale entre les seins de sa mère et sans soutien gorge, en contact peau à peau, la tête tournée d’un côté, le tout retenu par une bande de lycra extensible. L’hospitalisation nécessite également une évaluation des acquis éducatifs de la mère, une prise quotidienne du poids, de la taille, du périmètre crânien et aussi de la température.

Les visites quotidiennes des bébés sont assurées par le médecin kangourou accompagné de l’infirmière.

Les visites quotidiennes des bébés sont assurées par le médecin kangourou accompagné de l’infirmière. La sortie est également décidée dès que le bébé commence à grossir et que les parents deviennent autonomes. Le suivi ambulatoire constitue la dernière phase. Les bébés kangourou bénéficient d’un suivi spécifique jusqu’à douze mois, voire dix huit. Au début, ils devront se présenter à la consultation tous les jours ou les deux jours jusqu’à ce qu’ils prennent au moins 15 grammes par kilo et par jour. Ensuite, leur visite pourra être espacée à une fois par semaine jusqu’à ce que l’enfant atteigne son terme prévu pour la naissance. Ce choix de 15 g par kg par jour correspond simplement à la croissance intra-utérine normale d’un bébé dans le ventre de sa mère.

Cette dernière phase permet d’observer l’évolution des paramètres anthropométriques en se référant aux courbes de croissance, d’évaluer les acquis éducatifs de la mère, de détecter les facteurs de risque, de vérifier l’alimentation du bébé, la prise des médicaments prescrits (fer, vitamine, caféine, anti reflux, etc.), les examens complémentaires et les consultations spécialisées demandées. Elle permet aussi de vérifier le carnet de vaccination, de faire une évaluation psychomotrice à 40 semaines, 3 mois, 6 mois, 9 mois 12 mois pour déceler d’éventuelles anomalies pouvant justifier une stimulation ou une véritable kinésithérapie.

La sortie de la poche kangourou est décidée dès que le bébé en manifeste le besoin (pleurs, agitation, soulèvement des bras etc.).

Fatoumata NAFO

L’Essor du 30 Novembre 2012