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Si rien n’est fait par le département des Sports, on risque d’assister à la non qualification des Equipes Nationales(E.N.) Cadets et Juniors pour la phase finale de ces deux catégories à la CAN prévues à Alger (Algérie) et à Kigali (Rwanda) en 2009.

En effet, du fait du non paiement de leurs primes, les joueurs de ces équipes nationales ne se sentiraient plus bien dans leur tête et leur esprit. Et du coup, une certaine grogne commence à se faire sentir parmi eux.

Depuis la constitution de ces équipes nationales, et avec le début des activités, les joueurs n’ont pas encore touché un centime de leurs primes. Ainsi, pour les Cadets, il s’agit des primes d’internat. Et pour les Juniors, en plus des primes d’internat, il s’agit des primes de sélection.

Un fait inadmissible et incompréhensible

Les Cadets et les Juniors constituent la véritable base de toute équipe nationale Seniors. Pour cela, une attention et un suivi particuliers doivent leur être accordés par les responsables sportifs (fédération et ministère des Sports). Des encouragements et motivations doivent donc être le crédo, pour pousser les jeunes à se surpasser.

Mais hélas, au Mali, les Cadets et les Juniors semblent devenus des laissés pour compte. Sinon, comment comprendre que depuis que les Cadets et les Juniors ont été constitués, n’arrivent pas à attirer l’attention des cadres du département et de la Direction Nationale des Sports, malgré leurs prestations positives?

Comme on le sait, la prime d’internat est de 2000 FCFA par jour. Avant de participer au tournoi international d’Alger (Algérie) -sans oublier les matches amicaux livrés face au Burkina Faso (aller et retour), ainsi que le match livré à Conakry (Guinée)-, on n’est pas arrivé à donner un centime de franc de ces primes à ces joueurs.

Pour chaque regroupement d’internat de l’équipe, le délai est de 10 jours, soit 43 jours. Ce qui revient à dire que le département des Sports doit 86 000 FCFA à chaque joueur. Notons que 20 joueurs sont autorisés à faire l’internat.

Concernant les Juniors, il s’agit également des primes d’internat, mais aussi des primes de sélection. Car ces joueurs ont joué deux matches officiels lors des éliminatoires face à la Tunisie, à Tunis et à Bamako. Là aussi, la prime d’internat est de 2000 FCFA par jour, et la prime de sélection est de 200 000 FCFA pour chaque joueur : aucun centime de cet argent n’ a été donné.

Si les Juniors s’apprêtent à livrer leur dernier match qualificatif face au Bénin, les Cadets, eux, entreront en lice le 30 Août prochain face au Niger. Face à ce non paiement de ces primes d’internat, les joueurs Cadets surtout ont manifesté leur ras-le-bol face à ce qu’ils estiment un manque de considération de la part du département.


“Personne ne peut comprendre qu’après 43 jours d’internat, on n’ait reçu aucun centime. Personne ne peut nous croire. Ils veulent avoir des résultats satisfaisants, alors qu’on n’a pas le moral. S’il faut être à l’internat et demander 25 ou 50 Francs à nos parents pour nos petites dépenses, cela est inadmissible. Du coup, nos parents ne peuvent pas comprendre
”, a déclaré un joueur de l’Equipe nationale Cadets que nous avons rencontré.

Et un autre, d’ajouter : “Depuis qu’on a commencé les internats, on n’a reçu aucune visite ni des responsables du département, ni du Directeur National des Sports. Ce sont les membres de la FEMAFOOT qui viennent nous voir et nous encourage. N’en parlons pas, sur les lieux d’entraînement. C’est vraiment déplorable”.

Ce qui paraît évident aujourd’hui, c’est que les seuls soucis et préoccupations du département des Sports demeurent uniquement l’E.N. Seniors. Ce qui constitue une énorme erreur, car ce sont les Cadets et les Juniors qui constituent une base pour une E.N. Seniors forte et solide.

Ces joueurs ont besoin d‘assurance psychologique

Les Cadets qui s’apprêtent à jouer leur premier match officiel face au Niger, le 30 Août 2008, auront besoin d’une sérénité et d’un mental de fer pour affronter l’adversaire. Mais avec la grogne des joueurs, on risque d’assister à une contre-performance. Ce qui serait dommage pour cette génération talentueuse.

Pour preuve : l’équipe a remporté le tournoi d’Alger devant le Cameroun, l’Algérie et la Tunisie, avec 3 victoires et un nul. Ensuite, les Cadets ont livré trois matches, avec deux victoires et un nul. Le Mali avait battu le Burkina Faso (2-1) et la Guin‡ée (2-0) et fait un nul face au Burkina Faso. Depuis l’arrivée de Nouhoum, après plusieurs matches amicaux face aux clubs maliens, l’équipe n’a subi qu’une seule dé‡faite.

En tout cas, même si les joueurs ont manifesté leur mécontentement, ils entendent prouver ce dont ils sont capables pour honorer le drapeau national. “Nous on ne demande pas plus que de que la loi autorise. On ne sait pas ce qui bloque nos primes ; alors que c’est notre droit le plus absolu. Nous demandons au ministre Hamane Niang de s’investir personnellement avant la fin de la semaine”, a déclaré un joueur.

Dans tous les cas, en cas d’échec, ni les joueurs, ni l’encadrement technique ne seront à accuser, alors que le minimum de motivation n’est pas assuré pour galvaniser l’équipe concernée. Il ne sert également à rien d’intervenir à la toute dernière minute, c’est-à-dire attendre le jour du match pour faire croire que tout a été mis en œuvre pour obtenir le résultat escompté. Et pour cause : une victoire se prépare en amont.

Il ne suffit pas non plus de multiplier des matches amicaux pour avoir des résultats positifs, mais il faudrait une motivation nécessaire afin de mettre l’esprit des joueurs au top.

Si auparavant, on reprochait à la FEMAFOOT de ne pas chercher des matches amicaux (pour une bonne préparation), aujourd’hui, le reproche pointe le département du doigt, pour n’avoir pas jusqu’à présent payé les primes des Cadets et Juniors : à noter surtout que ces enfants sont psychologiquement très fragiles.

Un appel au Président de la République

Aujourd’hui, les joueurs lancent un appel au Président de la République, pour qu’il plaide à leur faveur auprès du département des Sports. “C’est une fierté et un honneur pour nous de défendre les couleurs du pays. Nous voulons être sereins d’ici le jour du match.

Nous avons patienté; et rien ne pointe à l’horizon pour le paiement de nos primes. Même s’ils ne viennent pas nous rendre visite à l’internat ou aux entraînements, qu’on nous donne nos primes pour nos petits besoins”, ont déclaré les joueurs.

D’ailleurs, chez certains d’entre eux, les murmures commencent à se faire entendre de plus en plus. Ainsi, l’encadrement technique est accusé de ne rien faire pour que lesdites primes soient pas payées, disent-ils.


“Même l’encadrement technique a senti qu’on n’a pas moral ; mais il ne fait rien pour demander à ce qu’on nous paye nos primes. On doute fort que notre encadrement technique n’ait pas reçu quelque chose. Car nos entraîneurs nous ont menacés d’exclusion de l’effectif si on venait à réclamer publiquement nos primes
”, a déclaré un joueur.

Face à la gravité de la situation, on ose croire que tout sera mis en œuvre pour que les primes des 43 jours soient payées avant la rencontre officielle du 30 Août 2008 face au Niger.

A moins qu’on ne vise à déstabiliser l’équipe. Car, comme tout le monde le sait, les nominations des entraîneurs Cadets, Juniors et Séniors, par la FEMAFOOT, avaient fait couler beaucoup d’encre. Et il avait fallu quelques temps pour que leurs contrats soient enfin signés.

Une certitude enfin : c’est dans la sérénité, l’entente et l’union de cœur et d’esprit de ces joueurs que des résultats positifs pourront être atteints, pour le bonheur du football malien.


Sadou BOCOUM

18 Août 2008