Partager

À la veille de la prestation de serment du nouveau président élu, Ibrahim Boubacar Keïta, prévu demain, les supputations vont bon train sur le nom du futur Premier ministre. Les noms de certaines personnes reviennent avec insistance même s’il est dit qu’il pourra faire un choix inattendu.

Le nouveau président du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita, prêtera serment demain au Centre international de conférences de Bamako, mais la question qui agite le landerneau politique est celle relative au choix du futur Premier ministre. Ce qui est déjà sûr et certain, il aurait déjà arrêté son choix. Plusieurs noms reviennent comme les probables futurs chefs du gouvernement. Le grand favori, disons le plus cité est Michel Sidibé, patron de l’Onusida et surtout collègue d’IBK à l’ONG Terre des hommes.

On parle ensuite d’Oumar Tatam Ly, ancien directeur général de la BCEAO pour le Mali. Il est le fils d’un combattant de la démocratie, feu Ibrahim Ly et de l’ancienne directrice de campagne d’Alpha Oumar Konaré en 1992, Mme Ly. Madani Tall, directeur des opérations de la Banque mondiale pour cinq pays d’Afrique de l’Ouest (dont la Côte d’Ivoire, où il est basé) est aussi annoncé et vient de séjourner à Bamako. Kalifa Sanogo, ancien fonctionnaire international, fait également partie des probables futurs PM.

A côté de ces technocrates, certaines personnalités politiques sont tout aussi pressentie .Soumeylou Boubèye Maïga, membre fondateur de l’Adema, qu’il a quittée par dépit pour rejoindre IBK avant la présidentielle et Tiéman Hubert Coulibaly, ministre des Affaires étrangères sortant, homme d’affaires et patron de l’Union pour la démocratie et le développement (UDD) sont annoncés tout comme des cadres du parti du nouveau président, le RPM. Il s’agit surtout de son directeur de campagne, Maïga.

Toutefois, des proches du nouvel homme du Mali n’écartent pas un choix inattendu, pourquoi un jeune cadre issu de la diaspora malienne dont de nombreux représentants ont soutenu sa candidature. « En tous cas, il est le seul à décider de ceux avec qui il veut cheminer », souligne un de ses proches. Ce qu’il a lui-même laissé entendre lors de son premier point de presse après la confirmation de sa victoire par la Cour constitutionnelle.

Il avait alors jeté le froid dans le dos de plusieurs chercheurs de postes en prévenant que son pouvoir « ne sera pas un partage de gâteau » et que « les postes reviendront à ceux qui le méritent sans une considération partisane, il ne sera pas question de népotisme dans mon pouvoir ». Des propos très loin d’être rassurants pour ses alliés et ses ralliés qui avaient du mal à lui arracher une promesse de nomination.

« Jusqu’à la proclamation des résultats provisoires, je voyais Ibrahim Boubacar Keïta tous les jours. Mais depuis 48 heures, impossible de le rencontrer », se lamente un ancien candidat à la présidentielle qui a appelé à voter IBK au second tour.

Des noms circulent déjà pour les postes-clés du futur gouvernement. « IBK est au courant de ces rumeurs, mais il est le seul à décider », confie un de ses proches. « Même moi je ne sais pas qui va entrer dans le futur gouvernement, avoue-t-il. Le président a déjà dit qu’il n’a rien promis à personne ». On dit même qu’une équipe restreinte de ses collaborateurs dont le secrétaire général du RPM, Bocary Tréta, l’un des rares à avoir son nouveau numéro de portable, aurait travaillé ces derniers jours sur la configuration du prochain gouvernement.

Pour être dans le prochain gouvernement, c’est du côté de son fils que de nombreux politiciens dont d’anciens candidats avaient tenté de se tourner. Le pauvre a fait objet de sollicitations qui frisent le harcèlement.

Dans les camps de ses partisans, de ses alliés et de ses ralliés, on retient son souffle même on tente de relativiser les choses en rappelant que l’équipe qui sera mise en place dans les prochains jours n’aurait que deux mois d’existence car le vrai gouvernement sera mis en place après les législatives dont les dates seront justement fixées par l’équipe qui démarrera le mandat d’IBK. C’est pourquoi, on ne peut pas minimiser son rôle dans la suite.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 03 Septembre 2013.