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Le comité macro économique a examiné les modalités de renflouement de l’OTER-sa et de faisabilité d’une centrale électrique à fioul lourd à Kayes.Le comité interministériel de suivi du cadre macroéconomique dirigé par le Premier ministre, Modibo Sidibé, s’est réuni en session ordinaire jeudi dernier dans la salle de réunion de la Primature. La session a adopté le compte rendu de la réunion précédente avant de se pencher sur les projets de contrat de performance de l’Opération des travaux d’équipement rural (OTER-sa) et de construction d’une centrale thermique de fioul lourd à Kayes.

jpg_primature-dossier.jpgDans son exposé liminaire, le ministre des Investissements, de l’industrie et du Commerce, Amadou Abdoulaye Diallo, a préconisé un accompagnement de l’État en faveur de l’OTER-sa eu égard à la spécificité de l’entreprise. « Compte tenu du caractère stratégique de son secteur d’intervention (aménagements hydro agricoles et pistes rurales) et de la situation difficile qu’elle traverse, l’OTER-sa mérite d’être soutenue », a-t-il plaidé.

Mais, l’intervention de l’état sera assortie d’une feuille de route. Ainsi, l’OTER-sa devra bénéficier d’un moratoire pour le règlement de ses dettes identifiées en fin 2009, à l’exception de celles qui comportent une garantie juridique. Le soutien ainsi proposé s’étendra sur 5 ans (2010/14).

Aussi durant cette période l’OTER-sa bénéficiera de contrats de marchés à concurrence de 3 milliards de Fcfa par an pendant la durée du contrat. L’État s’engagera également à consolider le stock de créances dues à la Direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC), environ 292,2 millions de Fcfa, et consentira à une remise de 50 % des dettes fiscales dues par l’OTER-sa.

Celles-ci se chiffraient à environ 52,7 millions de Fcfa au 31 décembre 2009. En retour, l’OTER-sa devra moderniser sa gestion, rationaliser ses moyens et méthodes de gestion, rendre disponible le matériel de production sur les chantiers, rajeunir son effectif et adopter une grille salariale concurrentielle et motivante. Il faut rappeler que l’OTER-sa a été créée en 1972 pour réaliser les travaux d’aménagement du territoire au profit du ministère de l’Agriculture.

À la faveur de l’ajustement structurel de l’économie, elle a été privatisée et cédée aux 54 employés de l’entreprise en 1994 à 554 millions de Fcfa entièrement libérés par les nouveaux repreneurs. Elle devient ainsi une société anonyme au capital de 105 millions de Fcfa. Le comité a ensuite a examiné le dossier de création d’une centrale thermique de fioul lourd à Kayes par une société anonyme mauricienne dénommée Albatros Energy.

Le dossier a été défendu par le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Mamadou Diarra. La réalisation de ce projet, expliquera-t-il, contribuera à faire face à la demande sans cesse croissance en énergie électrique du pays (10 à 13 %) par l’augmentation de la capacité de production d’électricité du réseau interconnecté.

Le projet contribuera également au développement de la région de Kayes qui regorge de ressources minières et que le gouvernement veut ériger en pôle économique. La valorisation de ces ressources reste aujourd’hui fortement handicapée par l’absence d’énergie électrique en grande quantité et bon marché.

Le projet améliorera la viabilité et la durée de vie des unités minières existantes et favorisera la création de nouvelles unités et industrielles. La centrale proposée dispose d’un plateau technique composé de 6 groupes d’une capacité totale installée de 63 mégawatts pour une puissance garantie de 51 mégawatts.

Compte tenu de l’état général d’entretien ainsi que des caractéristiques techniques et de la marque des moteurs (SULZER), la durée moyenne restante de ces groupes est supérieure à 10 ans. Albatros Energy s’engage à réaliser entièrement la centrale pour vendre l’énergie produite à la société EDM-SA selon les principes du BOOT (Build Own Operator and Transfert) à 19,3 Fcfa le Kwh.

Mais, le combustible et les lubrifiants de la centrale seront à la charge d’EDM-SA. Sous réserve de la fixation par la CREE (Commission de régulation de l’énergie et de l’eau) du tarif de cession de l’électricité aux sociétés minières et industrielles, les simulations effectuées permettent d’envisager un tarif moyen de75 Fcfa le kWh. Concernant les travaux connexes, il a été proposé à la société Albatros Energy de prendre entièrement en charge les frais de branchement sur le réseau SOGEM pour un investissement évalué à plus de 3 milliards de Fcfa, tout en maintenant le prix de cession de 19,3 Fcfa à la société EDM-SA.

Mais, Albatros Energy a proposé un tarif de 20,3 Fcfa le kWh pendant les 8 premières années d’exploitation et 19,3 pour les deux dernières années de la concession. Sur la base des offres, le ministère de l’Energie et de l’Eau estime que le business plan peut être ajusté en fonction des coûts proposés de part et d’autres.

Car, le projet sera positif pour notre économie. Le financement attendu pour la réalisation de ce projet est estimé à plus de 25,2 milliards de Fcfa. La centrale va améliorer l’offre dans le domaine de l’électricité et créer 49 emplois directs. En outre, un impôt sur la société de 35 % entre la 8è et la 10è année de la concession, sera perçu.

Amadou O. Diallo

L’Essor du 05 Juillet 2010.