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Selon les enquêtes démographiques et de santé (EDS) I, II et III, ainsi que l’enquête ISB (sur le VIH/Sida et IST) menée tous les deux ans, les jeunes sont les plus touchés par les infections sexuellement transmissibles (IST), au Mali.

Aussi, vu la situation, il urge de mettre sur pied une structure spécifique de prise en charge de la santé sexuelle reproductive des jeunes.

Les pouvoirs publics ont ainsi créé le Projet jeunes au sein du département de la Jeunesse et des Sports, pour s’occuper de cette tâche.

Le projet s’inscrit dans la coopération Mali-UNFPA (nouvelle appellation du FNUAP).

Renforcer les services de la santé sexuelle de la reproduction des jeunes et la lutte contre les IST, VIH/Sida en milieu scolaire et non scolaire, représente le principal objectif de ce projet.

Le département de la Santé, à travers la division santé de la reproduction (SR), qui est un service de la direction nationale de la santé, gère le sous-programme SR Mali-UNFPA. Le Projet jeunes en sa phase actuelle, couvre la période 2003-2007.

Le Projet jeunes est basé à Bamako. Cependant, il intervient dans la région de Sikasso grâce à la radio des jeunes, une station thématique qui traite du Sida et une clinique. Il intervient également à Kayes, où ses prestataires mettent leurs expertises au service des jeunes.

Le choix des deux régions de Sikasso et de Kayes est justifié par le fait que ce sont des zones d’intervention de l’UNFPA. La ville de Sikasso est frontalière de la Côte d’Ivoire. Elle draine un flux migratoire important. A l’ouest du pays, la localité de Kayes compte d’importantes zones aurifères qui accueillent une forte population de jeunes.

Le Projet jeunes est constitué d’une équipe pluridisciplinaire. Il offre comme services: la contraception, le dépistage VIH/Sida, l’accueil, le conseil et l’orientation. Il existe également un service de prise en charge syndromique des IST.

Selon le Dr Coumba Maïga, Mme Konadji, responsable de la clinique, son unité reçoit en temps normal 5 à 6 jeunes par jour pour le dépistage VIH/Sida. Le test rapide est fait et les résultats sont communiqués verbalement. La clinique du Projet jeunes est dotée d’un fort lot de réactifs.

Elle a longtemps bénéficié de l’appui constant de Plan international-Mali pour mener à bien sa campagne de dépistage. Mais depuis quelque temps, le Haut conseil national de lutte contre le Sida (HCNLS) approvisionne la clinique du projet en réactifs et consommables pour le test VIH.

La prise en charge efficace des IST, exige le traitement de couple. Mais les adolescents ne sont pas mariés. Il est donc difficile de faire venir les partenaires chez le médecin. Les spécialistes prescrivent des ordonnances pour les partenaires pour les contraindre au dépistage. Les jeunes pour leur premier rendez-vous payent 500 Fcfa, englobant le prix du carnet fixé à 200 Fcfa. A chaque rendez-vous, les adolescentes s’acquittent de 300 Fcfa pour s’approvisionner en produits de contraception.

Afin de prévenir les IST et la pandémie du Sida chez les jeunes, plusieurs stratégies ont été élaborées.

Selon l’ancien directeur national de la jeunesse et expert du programme, Ignace Diarra, la stratégie est bâtie sur l’accès aux produits contraceptifs à des prix subventionnés.

Des activités socioéducatives et sportives favorisent l’éducation.
Avec cette stratégie nouvelle sont mis en scène, des jeunes qui parlent aux jeunes. Ils vulgarisent les messages du projet sur les différentes offres de services.

En effet, la nouvelle vision est née du constat que les jeunes atteints d’IST sont parfois victimes de discrimination. Ils sont taxés de se comporter en mauvais garçons, d’où le blocage au niveau des jeunes, qui n’en parlent qu’entre eux.

Pour Ignace Diarra, les jeunes sont les plus affectés par les IST et le VIH/Sida et cette situation nécessite l’implication de tous dans l’accompagnement du Projet jeunes.

Le coordinateur national du Projet jeunes, Yacouba Garba Maïga, explique que dans les établissements, le projet dispose d’horaires pour véhiculer de saines informations au sein des jeunes scolaires, et pour cela, des boîtes à images, mannequins, cassettes audiovisuelles, affiches, sont utilisés.

05 septembre 2006.