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Ils permettent de faire face aux dépenses qui les assaillent à la rentrée des classes et d’atténuer les soucis face à la cherté de la vie

La solidarité active des banques à l’endroit des familles s’exerce à travers le « prêt scolaire » ou « crédit scolaire ». Les prêts accordés aux clients pour faire face aux dépenses de la rentrée scolaire font partie des produits bancaires appelés crédits évènementiels ou crédits de campagne. Selon Synaly Togola, Chef de la division Marketing Communication Banque domestique Ecobank, un crédit de campagne est un produit bancaire saisonnier spécifique qui, après une certaine période, n’est plus disponible.

Actuellement, nos banques offrent à leurs clientèles une gamme très variée de crédits de campagne comme les prêts « Ramadan », « Tabaski », « Scolaires », « Fin d’année » et même « Hadj ». Cette année, compte tenu du rapprochement des dates de la rentrée scolaire et de la fête de Tabaski, plusieurs banques ont décidé de coupler les prêts « Scolaires » et « Tabaski ».

A la veille de la rentrée scolaire, nous avons visité quelques banques de la place pour en savoir plus sur les prêts scolaires. Premier constat : du paiement des frais de scolarité jusqu’ aux frais de cantine en passant par les frais de fourniture, le transport et les tenues, les prêts scolaires commencent à susciter un intérêt croissant et un certain engouement auprès des banques. Le produit commence à s’enraciner dans les habitudes en milieu urbain et particulièrement à Bamako.

En effet, c’est pour donner la possibilité aux parents de préparer sereinement la rentrée scolaire de leurs enfants que nos structures bancaires ont, depuis quelques années, initié ce produit spécial. Il permet aux parents de faire face aux problèmes scolaires qui les assaillent à la rentrée des classes, et d’atténuer les soucis face à la cherté de la vie. Les banques pionnières en la matière sont les groupes Bank of Africa (BOA) et Ecobank. Selon les spécialistes, le prêt scolaire a connu un essor grâce à la concurrence.

Évoquant le sujet, Hadji Traoré du service commercial de la BOA rappelle que sa structure a été la première à initier ce produit en 2009, afin de financer les dépenses liées à la rentrée scolaire et satisfaire les besoins des clients. Auparavant, la Fondation Bank of Africa octroyait à la veille de chaque rentrée scolaire, des dons scolaires aux plus démunis, mais ces dons ne suffisaient pas. D’où l’initiation du prêt scolaire. L’objectif étant d’aider les parents en vue de l’inscription des enfants et de l’achat de matériel scolaire. Cette année, la campagne scolaire de la BOA, d’une durée de 16 semaines a débuté en juin et se terminera le 20 octobre prochain. De juin à ce jour, 11 364 clients ont bénéficié du prêt. Les conditions d’obtention du prêt ? D’une manière générale, au niveau de toutes les banques, la première condition pour pouvoir bénéficier d’un prêt scolaire c’est d’avoir un compte dans la banque où l’on envisage de s’endetter.

A la BOA, par exemple, il faut être salarié ou retraité, justifier d’un revenu mensuel régulier, procéder à la domiciliation irrévocable du salaire ou de la pension tout en fournissant les deux derniers bulletins de paie ou la fiche de pension, l’attestation du travail en cours de validité pour les agents contractuels. Si le client a déjà un engagement auprès de la banque, c’est -à –dire, s’il a contracté un prêt en cours de validité, il a droit à un prêt équivalent à un mois de salaire. S’il n’a pas d’engagement, il peut contracter un prêt équivalant à deux mois de salaire.

A titre d’exemple, un client X touchant un salaire de 100 000 Fcfa et qui a un engagement a droit à un crédit de 100 000 Fcfa. S’il n’a pas d’engagement, il a droit à 200 000 Fcfa. Le plafond du crédit scolaire à la BOA est de 500 000 Fcfa même si suivant les appréciations, des dérogations restent possibles selon les capacités. Le « prêt tous à l’école » de la BOA permet de financer simplement et rapidement les dépenses liées à la scolarité des enfants. Il est remis 48 heures après le dépôt du dossier et son délai de remboursement est de 10 mois. Le « prêt tous à l’école » comprend une assurance décès et une assurance invalidité.

Il permet également à la Fondation BOA de participer à la scolarité d’enfants dans le besoin. Actuellement, la BOA dispose au total de 24 agences au Mali reparties dans toutes les régions sauf celles du Nord (Tombouctou, Gao, Kidal) et la campagne scolaire a lieu concomitamment au niveau de toutes ces agences.

Elle est également lancée en même temps dans les 13 pays où est représenté le Groupe. Les responsables de la banque indiquent que chaque année, le nombre de prêts augmente en fonction de la progression du nombre de clients. Le Directeur général adjoint, Seïdina Oumar Waïgalo, attire l’attention sur l’évolution du slogan qui est passé de « prêt scolaire » à « Tous à l’école : le prêt pour payer l’école de vos enfants ». Cela signifie : tous les enfants à l’école. L’objectif est de permettre à tous les enfants d’aller à l’école en mettant les moyens à la disposition des parents et généralement ça marche bien, a-t-il souligné. La Banque malienne de Solidarité (BMS), elle aussi, accorde les prêts scolaires depuis 4 ans.

Compte tenu du fait que la rentrée scolaire et la Tabaski se suivent cette année, elle a décidé de coupler prêt scolaire et prêt Tabaski. Ici, le montant du prêt varie entre 50 000 à 500 000 Fcfa En raison de l’engouement, l’établissement a décidé en 2013, d’augmenter ce montant à un million Fcfa. Les opérations ont débuté la semaine dernière. Pour bénéficier du prêt, il faut avoir son salaire domicilié à la BMS, faire une demande manuscrite, accompagnée de la photocopie de la pièce d’identité et du dernier bulletin de salaire. La durée de remboursement est de 12 mois quelque soit le type de salarié avec un taux d’intérêt de 8% et des frais de dossier gratuits.

La durée de déblocage du prêt est de 72 heures. La BMS compte aujourd’hui, 23 agences au Mali dont 9 à Bamako 5 millions de Fcfa. Selon son Directeur général adjoint, Lanfia Koïta, le produit attire actuellement beaucoup de clients et le nombre de bénéficiaires augmente progressivement parce que les parents préfèrent payer cher pour mettre leurs enfants dans des écoles où la qualité de l’enseignement est meilleure.

« De plus en plus, les Maliens commencent à comprendre que le meilleur investissement est d’assurer une bonne éducation et une bonne instruction à l’enfant. Mais pour une meilleure qualité du service, les écoles coûtent chères (Mélimelo, Aladin, Horizon etc.)

Nos clients sont les salariés de l’Etat, des ONG, des privés et des collectivités. Les salariés BMS qui bénéficient du prêt scolaire sont des salariés de l’Etat à 70%, donc c’est le Malien moyen qui est concerné. Nous estimons que ce prêt est important et contribue à l’équilibre de la famille et nous avons pris des mesures pour encourager l’accès au produit.», a-t-il souligné. Une autre banque pionnière en matière de prêt scolaire, ECOBANK accorde les crédits de campagne depuis 2009. La campagne scolaire de cette année y a commencé le 12 aout dernier. ECOBANK prête jusqu’à hauteur de 5 millions de Fcfa à un taux d’intérêt de 0%. Le taux des frais de dossier est de 0,073%. La période de remboursement s’étale sur 12 mois.

Les clients sont tous ceux qui ont leurs comptes domiciliés à la banque. « Le but de ce crédit est de fidéliser le client afin que tous ses besoins soient pris en charge au niveau de Ecobank d’où l’idée des crédits de campagne. Le taux 0% a été institué pour accompagner les clients.», souligne Sinaly Togola. D’août à ce jour, la banque a accordé des crédits à 248 clients pour un montant de 210 000 000 de Fcfa. La campagne « prêt scolaire » sera suivie du crédit « Hadj ».

La BICIM Groupe BNP Paribas a emboîté le pas en 2012 à la demande de la clientèle. Elle accorde un prêt scolaire dont le plafond atteint 3 millions de Fcfa en fonction du revenu du client. Le taux d’intérêt est de 7%. Cette année, la campagne a commencé en début aout et se prolongera jusqu’au 31 octobre prochain.

Le prêt scolaire est accordé pour un montant de 75 000 Fcfa minimum et 3 millions Fcfa maximum. Le taux d’intérêt est de 0% pour un prêt dont le montant est inférieur ou égal à un million de Fcfa et de 7% HT au-delà de un million Fcfa. La durée de remboursement est de 11 mois maximum. La banque a décidé cette année, de coupler les prêts « Korité » ou « Ramadan », « Scolaires » et « Tabaski ».Ce nouveau produit marche mieux que l’année dernière constate Khathoum Touré du service communication.

En ce qui concerne la BSIC, Banque Sahelo – Saharienne pour l’Investissement et le Commerce, Alhousseïni Kanté du service commercial expliquera que toutes les banques accordent des prêts évènementiels. La BSIC les accorde depuis son ouverture en 2004. Lui aussi constate un engouement cette année. L’augmentation du nombre de demandes est patente. A la BSIC, le minimum accordé est de 75 000 Fcfa pour un taux d’intérêt de 10%. Les frais de dossiers s’élèvent à 5 000 Fcfa.

F. MAÏGA

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Pétrole : Le brut baisse après l’accord de Genève sur la Syrie

Les cours du pétrole poursuivaient leur recul, lundi, en fin d’échanges européens. L’accord sur le démantèlement des armes chimiques syriennes conclu samedi à Genève éloigne pour l’instant l’éventualité de frappes militaires. Vers 16H00 GMT (18H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, valait 110,14 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 1,56 dollar par rapport à la clôture de vendredi.

Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en octobre perdait 1,16 dollar, à 107,05 dollars. « Les prix du brut ont été sous pression (lundi) après que (l’accord sur) la Syrie a soulagé les investisseurs quant à la probabilité d’une action militaire au Moyen-Orient », expliquait Michael Hewson, analyste chez CMC Markets. « En raison de l’apaisement des inquiétudes au sujet de la Syrie, les investisseurs financiers ont réduit et réduisent leurs positions acheteuses » sur le pétrole, ce qui pèse d’autant plus sur les prix, ajoutait Fawad Razaqzada, chez GFT Markets.

Le Brent est ainsi tombé lundi matin à son plus bas niveau depuis le 21 août, à 108,73 dollars, également à cause du changement de contrat de référence (car le contrat d’octobre qui a expiré vendredi s’échangeait un peu plus cher que le contrat de novembre).

Après trois jours de discussions, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et son homologue russe, Sergueï Lavrov dont les pays soutiennent des protagonistes différents du conflit syrien – sont tombés d’accord samedi sur un cadre prévoyant la destruction de l’arsenal chimique syrien d’ici mi-2014.Cet accord, auquel le régime de Bachar al-Assad a promis de se conformer, a éloigné une menace immédiate de frappes envisagées par Washington et ses alliés contre le régime syrien, accusé d’avoir mené une attaque à l’arme chimique le 21 août près de Damas qui a fait des centaines de morts.

La Syrie est un petit producteur de pétrole mais le marché craignait une contagion des troubles à l’ensemble du Moyen-Orient, région d’où proviennent 35% des exportations mondiales de brut. La perspective de frappes militaires avait ainsi poussé le WTI à son plus haut en deux ans début septembre.

Toutefois, les « problèmes d’approvisionnements en Libye, au Nigeria, en Irak et dans la mer du Nord (en raison de maintenance, ndlr) » permettaient de maintenir le prix du Brent autour de 110 dollars le baril, soulignait-on chez Commerzbank. Les économistes de la banque allemande indiquent que les exportations pétrolières de l’Irak sont tombées sous les 2 millions de barils par jour (mbj) en septembre, contre 2,3 mbj en août.

A. F. P

Posté par La Rédaction le 18 septembre 2013.

Source : Essor