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Naguère, des soins médicaux dispensés par l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) n’étaient pas payés par les employés. Tel n’est plus le cas depuis quelque temps.

Les prestations sociales dans les centres médicaux inter-entreprises (CMIE) de l’INPS, en faveur des employés immatriculés ainsi qu’aux membres de leurs familles, sont dispensées à titre gratuit.

Elles viennent en contrepartie des cotisations payées par les employeurs et surtout une démarche visant à sauvegarder la santé des travailleurs.
Les soins jusque-là prodigués par les CMIE étaient administrés sur la base de la présentation de la carte d’allocataire.

Les usagers de l’INPS constatent depuis quelques jours qu’ils sont obligés de mettre la main à la poche pour se faire soigner. Le lundi 19 mai, au CMIE du PMI de Bamako Coura, une femme travailleuse qui avait envoyé son garçon se soigner une dent avec sa carte d’allocataire était dans tous ses états.

Le jeune patient informé qu’il doit payer une partie de la prestation a aussitôt appelé au téléphone sa maman. Celle-ci a à son tour téléphoné à une cousine infirmière au même CMIE pour s’assurer que son enfant n’est pas tombé dans les mains d’agents indélicats.

Mais sa surprise a été grande lorsqu’elle a été informée par sa parente des nouvelles mesures prises et qui visent à faire supporter des frais par les patients mêmes immatriculés. Ce genre de manifestation d’humeur est fréquent dans les CMIE de l’INPS.

Des patients désabusés prennent à longueur de journée des agents médicaux qu’ils rendent responsables de cette situation. Il arrive souvent que des vieilles personnes en colère en viennent aux mains avec des infirmiers qui ne sont pourtant pour rien dans l’application de la mesure.

Mesure en vigueur depuis deux ans

D’aucuns voient en l’application de ces nouvelles mesures qui foulent au pied les règles élémentaires des prestations sociales dans notre pays, des signes de difficultés financières auxquelles, l’INPS veut faire face.

Des problèmes qui sont engendrés par la fermeture de plusieurs entreprises et qui étaient des pourvoyeurs de fonds de l’institut. Le peu d’entreprises parapubliques ou privées existantes ont du mal à se mettre à jour des cotisations de leurs travailleurs à cause de la crise économique.

La chargée de communication et des relations publiques de l’INPS, Mme Bouaré Aïssata N. Sidibé nie cette thèse de difficultés pour son service à recouvrer ses cotisations. Selon elle, les cotisations ne rentrent pas beaucoup en ligne de compte des prestations médicales qu’offre l’INPS.

Elle confirme que la nouvelle disposition visant à faire prendre en charge des frais de soins par des allocataires est en vigueur depuis deux ans et qu’elle est affichée dans tous les centres INPS..

Certains types de soins comme la radiographie, certaines analyses médicales, l’écographie, les soins bucco-dentaires, entre autres sont désormais payés par les travailleurs immatriculés et leurs parents au demi-tarif, a fait comprendre Mme Bouaré.

En tout état de cause, l’absence de campagne de communication à l’endroit des bénéficiaires des services de l’INPS, risque de provoquer des mécontentements.

La question que l’on se pose est de savoir si le ministère de la Solidarité et du Développement social est en train d’expérimenter cette nouvelle donne avant de mettre en œuvre sa politique d’assurance maladie volontaire dont la réflexion vient d’être lancée au cours d’un atelier ?


Abdrahamane Dicko

22 Mai 2008