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Depuis plusieurs jours, des acteurs du vaillant Mouvement Démocratique des années 1990, qui ont mis fin à la dictature militaro – fasciste du Général Moussa Traoré, se réunissent au siège de l’ADEMA – PASJ à Bamako- Coura, pour disent – ils, célébrer la marche unitaire du 30 décembre 1990.

Cette fête, qui a accusé un retard de calendrier, sera commémorée ce samedi 10 janvier, au CICB. En réalité, il s’agit pour les démocrates et patriotes sincères de ce grand rassemblement, dirigé par le Pr. Ali Nouhoum Diallo, de s’unir pour, dit-on, contraindre ATT à partir en 2012 au cas où l’ambition qu’on lui prête de briguer un troisième mandat se confirmait.

De façon officielle, la rencontre de ce week-end a trois objectifs.

-Le premier porte sur la préservation et la consolidation du processus démocratique.

-Le deuxième concerne l’instauration d’un cadre propice aux débats saints et constructifs entre tous les acteurs du mouvement démocratique, en particulier autour des questions d’intérêt national.


-Le dernier
objectif a trait à la préservation de la mémoire des martyrs, et de la lutte pour la démocratie.

Les animateurs de ce mouvement, qui travaillent sous la houlette de l’ancien président à la fois de l’Assemblée nationale et du parlement de la CEDEAO, le Pr. Ali Nouhoum Diallo, sont de l’ADEMA, du CNID, de l’ AJDP, l’ADIDE, la JLD (toutes des organisations démocratiques des années 1990) ainsi que des partis issus du Mouvement Démocratique : CNID -FYT, ADEMA – PASJ, RPM, URD, US- RDA, BARA, SADI, PARENA, MIRIA, UFD, PIDS.

Ces associations et partis politiques vont faire des témoignages sur la lutte politique qui a précipité l’effondrement de la Famille Moussa et Intimes (FMI). Seulement voilà : l’armée qui a parachevé cette révolution à travers un coup d’Etat, le 26 mars1991, sera la grande absente de cette cérémonie, annoncée riches en couleurs.

Attention aux faux témoignages, aux attaques directes et autres mensonges sur les responsables du régime défunt qui ne seront pas présents et, par conséquent, ne pourront pas apporter au devant le public la contradiction.

La question que l’on est fondé à se poser est de savoir pourquoi ce rassemblement maintenant ? La démocratie est – elle menacée sous ATT ?

Au plus fort des différentes crises que notre pays a connues ( non reconnaissance des institutions de la République, fraudes électorales, école, banditisme armé, mauvaise pluviométrie, cherté de la vie…), le Mouvement Démocratique n’a pas daigné se retrouver autour de ces préoccupations de la nation. Aujourd’hui, il se retrouve pour célébrer une simple marche unitaire. Il y a donc anguille sous roche.

La vraie raison de ce branle-bas, piloté par les abeilles, c’est que nombreux sont nos compatriotes qui soupçonnent ATT de vouloir préparer un troisième mandat. Dans les salons feutrés de Bamako, on lui prête également cette ambition quand bien même il a soutenu devant la presse, le 8 juin dernier, que ce débat ne l’intéresse pas.

Certains pensent que les Comités Daba Diawara I et II procèdent du dilatoire dans la mesure où c’est bien l’Assemblée nationale qui est seule habilitée à modifier la Constitution, laquelle sera soumise à référendum.

D’autres estiment que si les forces politiques ne se donnent pas la main, ATT pourrait bien être tenté de rester au pouvoir. Il y a également ceux qui sont à mille lieues de croire que l’homme du 26 mars, qui a remis le pouvoir aux civils avant de le récupérer par la voie des urnes, oserait briguer un troisième mandat.

Dans tous les cas, le Mouvement Démocratique entend se ressouder pour «  faire peur à ATT  » et l’amener à renoncer au moment venu à son  » ambition cachée « .

En revanche, si ce que l’on prête au chef de l’Etat se confirmait, ce Mouvement Démocratique pourrait -il l’en empêcher ? On peut en douter car les hommes de conviction, en son sein, à l’image du Pr. Ali Nouhoum Diallo, sont peu nombreux. A commencer par les abeilles qui ne peuvent rien refuser à ATT.

Le jour où il souhaiterait un troisième mandat, c’est l’ADEMA même qui se battra pour lui et les autres suivront. Tout le monde sait que le président de la République contrôle tous les leviers du PASJ.

Le quatrième congrès en est une parfaite illustration. Des personnalités comme Dioncounda Traoré, Ousmane Sy, Moustaph Dicko et autres sont capables de s’y opposer. Mais dans cette hypothèse, ils seraient mis en minorité par les partisans du président. On n’est pas au Ghana où l’on peut gagner contre un pouvoir sortant. C’est dire que le cas ATT reste encore énigmatique pour nombre de nos concitoyens. Vivement donc la loi constitutionnelle revue et corrigée pour qu’ on sache à quoi s’en tenir.


A suivre.

Chahana TAKIOU

09 Janvier 2009