Partager

A l’allure où vont les choses, le “Takokelen”, est une réalité en démocratie, contrairement aux allégations des adversaires du président sortant, lesquels, pour saboter le projet des amis d’ATT, utilisent un autre terme à savoir “Takapren”. Mais c’est ce qui risque de se réaliser au Mali au soir du 29 avril prochain. Pour ceux qui croient qu’une telle éventualité relève de l’utopie, les sénégalais viennent de leur infliger un cinglant désaveu. Certes, d’aucuns diront que le Sénégal n’est pas le Mali, et c’est justement là où se trouve le centre d’intérêt des joutes présidentielles d’avril prochain.

ATT-Wade: deux personnalités, deux perceptions différentes

De parcours différents et de formations différentes, tout oppose Wade à ATT sauf le fait qu’ils sont tous deux issus du pouvoir démocratique. Si le premier a su forger sa personnalité et sa carrure politique durant trois décennies de lutte d’opposant, le second fera son entrée dans l’histoire par une volonté populaire consacrant la fin de près de 23 ans de dictature, un certain 26 Mars 1991.

Jeune officier qu’il était, ATT n’était pas le plus haut gradé de l’armée malienne encore moins le plus intelligent du peuple malien, mais son mérite aura été son audace, sa détermination, son courage, son sens élevé de patriotisme et son acceptation, au cas où le coup aurait foiré, d’être sacrifié sur l’autel de la liberté. Et en cas d’une telle éventualité, il aurait donné de l’exemple, sinon tracé la voie à un autre téméraire comme lui de prendre le flambeau même si on ne sait pas combien de temps cela aurait pris au peuple malien.

ATT, c’est aussi ce jeune officier qui remettra le pouvoir aux civils pour être conforme avec sa promesse. Un geste, à un moment où la démocratie était perçue en Afrique comme de la pure fiction, qui fera date dans l’histoire politique du continent. Connu donc pour son amour pour le Mali, le peuple malien, fatigué de la comédie et du double langage de certains de nos hommes politiciens, en toute souveraineté allait encore faire appel à l’héros du 26 mars 1991, pour mettre le Mali au diapason du développement. C’était en 2002.
Un choix qui s’est avéré juste, car en cinq ans, l’homme a pu faire ce que d’autres n’ont pu pendant des décennies. Et le peuple malien est le juge de la véracité d’un tel propos, palpable sur le terrain.

Un autre trait caractéristique qui différencie ATT de Wade, se trouve dans leur mode de gestion. Pendant que Me Wade se plaisait à tirer la corde avec tous ses opposants politiques, ATT, lui se souciait plutôt de l’apaisement du climat sociopolitique du Mali : Sur ce point aussi, l’homme a pu imprimer son empreinte dans les annales politiques malienne et africaine, en réussissant, cinq ans durant, un consensus politique auquel tous les acteurs politiques ont participé et continuent de le participer, à l’exception du BARA du PR Yoro Diakité. Même l’un des principaux challengers d’ATT en 2007, en l’occurrence El Hadj Ibrahim Boubacar Kéïta, y participe encore avec la présence de Nancoma Kéïta, ministre RPM dans le gouvernement Pinochet. Une première également en Afrique qui en rajoute aux exploits de celui que d’autres qualifient d’un don de providence pour le Mali.

Le Sénégal n’est pas le Mali certes, mais au regard déjà de l’acquisition de toutes les forces vives du Mali à la cause du président de la République Amadou Toumani Touré, le “takokelen” est plus probable que douteux.

ATT et le peuple malien: la communion est plus que parfaite

A la différence d’Abdoulaye Wade du Sénégal dont le passage haut la main lors des présidentielles sénégalaises de février dernier était encore flou jusqu’à la publication des premières tendances, ATT jouit d’une popularité rare d’égaler au Mali tout comme dans la diaspora malienne. En plus, contrairement à Wade, ATT ne traîne pas derrière lui des scandales financiers qui opposait le premier à son ex-premier ministre Idrissa Seck, des abois gérés d’une manière toute aussi folklorique que le concepteur du “Sopi” s’en est sorti avec une image écorchée et peu de crédit devant les sénégalais.

A moins de deux mois des élections présidentielles, en plus du soutien de plus d’une trentaine de formations politiques, ATT bénéficie du soutien des femmes, des hommes, des paysans, des commerçants et industriels, des jeunes … bref, de l’essentiel du peuple malien, à la différence de ses détracteurs en manque de popularité, et qui ont du mal à accepter qu’ils risquent de faire une piètre moisson le soir du 29 avril prochain.

En termes clairs, la communion entre ATT et son peuple est plus que parfaite, le second se reconnaissant au premier celui qui reste attentif à toutes ses aspirations. Si l’on n’y prend garde, la surprise risque d’être grande pour ceux-là qui sont pressés de se retrouver à Koulouba.

Adama S. DIALLO

09 mars 2007.