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Nous sommes depuis un certain temps dans la logique des prochaines consultations électorales, pendant que près de quatre mois nous séparent de ces compétitions. Cela explique l’importance des enjeux de ces élections pour le président de la République en premier lieu qui, logiquement sera candidat à sa propre succession en 2007, pour ses partenaires politiques qui ont la même vision que lui, les mêmes ambitions pour le Mali, de même que pour les partis politiques de l’opposition qui se battent en vue de réaliser l’alternance politique en 2007.

QUELLE OPPOSITION AU MALI?

Le cercle de l’opposition s’est élargi surtout lorsqu’il s’est agi de désigner des délégués pour siéger à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) . Ils n’ont d’ailleurs pas eu satisfaction dans leurs démarches, en raison des divergences d’intérêts. Tout compte fait, on se retrouve pour le moment avec seulement le RPM comme parti politique de l’opposition dite parlementaire, quand bien même son représentant siège au gouvernement. C’est surtout à ce niveau que l’on constate le plus grand remue-ménage, en particulier à l’occasion du meeting qu’il vient d’organiser le week end dernier.


LE RPM ET LA DUPLICITE

Au-délà de ces deux partis, le RPM, quoi qu’on dise, est aussi un grand parti. Mais, il a opté pour l’opposition en rompant avec le consensus politique, lien dans lequel il est resté pendant près de quatre ans. De là, on peut affirmer que les leaders de ce parti veulent en même temps le beurre et l’argent du beurre. Cela explique déjà que le parti, pendant la période du consensus politique, se confinait au double jeu, en étant à la fois juge et partie. On ne peut s’empêcher de considérer cet aspect dans l’évolution du RPM qui l’a progressivement rongé. On le sait, depuis près d’un an, les leaders de ce parti ont mis tout en oeuvre pour déstabiliser politiquement le pouvoir ATT, ses assises.

Il faut souligner que c’est cette duplicité qui a surtout terni l’aura politique du parti. C’est pourquoi, le meeting tenu le week end dernier était le bienvenu pour procéder à une évaluation de sa capacité de mobilisation. Ainsi, l’occasion a été donnée à ses animateurs de comprendre qu’il y a nécessité de faire un travail sérieux de profondeur pour être sûr d’atteindre ses ambitions politiques et électorales en 2007.

LE POIDS DES SIGNATAIRES DE LA PLATE-FORME

Par ailleurs, après la signature de la plate-forme de soutien de la candidature d’ATT, la lisibilité dans les rapports de forces se renforce. Ainsi, on peut déjà se faire une idée des convergences en gestation sur l’échiquier politique national. Si tous les acteurs politiques sont d’accord qu’un parti, à lui seul ne peut gouverner le Mali, parce que ne peut gagner les élections, de même, on sait que l’essentiel du jeu des alliances politiques et électorales se fait surtout sur la base des partis politiques les mieux implantés. On ne peut démentir cela dans le cadre du processus démocratique malien. Et, la récomposition du paysage politique en cours témoigne de cela.

Dans ce processus, l’Adéma, un parti qui a subi pratiquement le plus de scissions, demeure un parti politique avec lequel il faut compter pour gagner les élections, surtout les présidentielles. Or, ce parti, tout comme l’URD, qui se trouve pratiquement dans la même situation, est du côté du pouvoir de façon officielle après la signature de la plate-forme de soutien à ATT.

UNE MOUVANCE PRESIDENTIELLE CONFORTEE

Après la signature de la plate-forme de soutien à ATT-l’ADP, le président de la République se trouve à présent dans une position très confortable dans la perspective des prochaines élections présidentielles. En effet, la mouvance présidentielle, telle qu’elle se présente aujourd’hui, a une grande capacité de mobilisation de l’électorat, en raison de la qualité des partis qui la composent dont l’Adéma, l’URD, le CNID, le MPR, des partis membres de la Convergence pour l’Alternance et le Changement (ACC). Aussi, il est attendu l’entrée de plusieurs autres partis politiques dans la plate-forme de soutien à ATT. Mais, un constat est que tous les partis membres de l’ACC ne sont pas d’emblée membres de l’ADP, puisque la plate-forme doit être signée par ceux qui la constituent.

AVEC QUI POURRAIT ALLER LE RPM?

Par ailleurs, après la signature de ce document, on s’interroge sur les partenaires éventuels du RPM`dans le cadre des élections générales de 2007. Cela est compréhensible quand on sait que le regroupement politique Espoir 2002 est à présent mort de sa belle mort et nul ne pourra le contester aujourd’hui, dans la mesure où il était surtout fort du RPM, du CNID et du MPR. Et, hormis le RPM, les deux autres partis significatifs du regroupement sont signataires de la plate-forme de soutien à ATT.

Alors s’interroge-t-on sur les futures partenaires du parti du Tisserand. Au stade actuel de l’évolution de la situation politique, on murmure l’éventualité que le RPM pourrait avoir comme alliés le PARENA, au cas où son Comité Directeur le déciderait lors du Congrès Extraordinaire de ce parti, les militants de l’ASMA, surtout que ceux-ci, lors du meeting du 25 novembre ont fustigé la gestion du pouvoir par ATT.

Aussi, des rumeurs concordantes et persistantes font état du fait que certains partis membres du regroupement politique Espoir 2002, qui n’ont pas eu satisfaction avec l’expérience de collaboration dans ce cadre sont disponibles.

Pourtant, si ceux-ci vont avec le RPM, qui était le chef de file d’Espoir 2002, peuvent-ils compter sur des retombées de leur soutien? C’est cela la question fondamentale à laquelle ils doivent sans doute répondre avant de s’engager. Aussi, certains estiment que des partis de l’ACC qui ne sont pas signataires de la plate-forme de soutien à ATT pourraient réjoindre le parti d’IBK pour manifester leur colère envers leurs partenaires de 2002.

Cela pose du coup la problématique de l’implantation des partis politiques sur l’étendue du territoire national. Au-délà de ces partis qu’on caractérise de petits, il y a aussi ceux qui ont réussi une implantation plus ou moins satisfaisante, mais qui auront sans doute des difficultés lors des échéances électorales de 2007.

Pour ainsi dire, le paysage politique malien connaît une recomposition qui aura des conséquences drastiques sur plusieurs partis politiques.

Moussa SOW

13 décembre 2006.