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Présidentiable

C’était attendu: sitôt le débat terminé les deux camps ont aussitôt revendiqué la victoire de leur candidat. Mais pour des analystes de la politique américaine, la balance pourrait pencher du côté du démocrate Barack Obama, qui a su montrer aux électeurs qu’il était présidentiable.

Reagan

Pour une spécialiste politique de l’Université d’Indiana, Marjorie Hershey, ce débat rappelle l’élection présidentielle américaine de 1980, qui opposait le président sortant démocrate Jimmy Carter, affaibli après un mandat difficile, et l’inexpérimenté candidat républicain Ronald Reagan. « Beaucoup d’Américains en 1980 en avaient vraiment assez de l’administration Carter, mais ils ne connaissaient pas Ronald Reagan assez bien pour lui faire confiance en tant que président« , explique-t-elle. Mais après « sa performance lors du débat« , poursuit-elle, « un grand nombre de téléspectateurs ont fini par être convaincus que M. Reagan était capable d’assumer la fonction de président ». « Et c’est à mon sens ce qui s’est peut-être passé ce soir, avec beaucoup de gens qui en ont marre de l’administration Bush mais qui n’étaient pas encore sûrs des capacités de M. Obama« , avance-t-elle.

Guerre en Irak et crise économique

Selon les observateurs, M. Obama, 47 ans, a tenu son rang sur les questions de sécurité nationale face à un rival plus expérimenté. Il a employé sa ligne d’attaque habituelle en associant à plusieurs reprises le candidat républicain à l’impopulaire président américain George W. Bush, sur la guerre en Irak comme sur la crise économique. La crise bancaire « est le verdict final de huit années de politique économiques ratées de George W. Bush soutenues par le sénateur McCain« , a-t-il lancé d’entrée de jeu. Il a également estimé qu’en envahissant l’Irak, MM. Bush et McCain avaient conduit le réseau terroriste Al-Qaïda à renforcer ses racines en Afghanistan.

« Naïveté »

M. McCain, 72 ans, s’est attaché à souligner le manque d’expérience de son jeune challenger sur la scène internationale, allant jusqu’à parler de « naïveté » à son propos et expliquant que, lui, n’avait pas besoin d’une « formation pour le poste« .

Sécurité nationale

« Au départ sur l’économie, M. Obama a semblé plus fort et plus efficace dans sa manière de lier M. Bush et M. McCain« , analyse Linda Fowler, spécialiste politique au Dartmouth College (New Hampshire). Selon elle, « l’opinion des gens pourrait être façonnée » par cette première partie du débat, « à laquelle ils ont été le plus attentifs », même si après, « M. McCain est revenu fort sur ses thèmes de prédilection, la sécurité nationale« . Et « M. Obama a fait du bon travail en prétendant que M. McCain et l’administration Bush étaient si obsédés par l’Irak qu’ils en ont oublié le reste« , dit-elle. « Mais en même temps« , ajoute-t-elle, « les remarques de M. McCain disant qu’il était prêt à diriger étaient simples, elles venaient du coeur, et elles ont été efficaces« .

Politique étrangère

Michael Traugott, du Centre d’études politique de l’université du Michigan, explique pour sa part que « si les gens cherchaient de la bagarre dans ce débat, ils n’ont pas été servis« . « Mais puisque la politique étrangère était le point fort de M. McCain, il était important que Barack Obama montre qu’il a la capacité de maîtriser les principaux thèmes de la politique américaine à travers le monde« , dit-il, ajoutant: « Et c’est un test qu’il a réussi ». (afp/7sur7)

27/09/08 09h50