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Sans donner de chiffres, les proches de Soumaïla Cissé affirment que leur candidat est arrivé premier dans sept des huit régions administratives du Mali. Ce scénario, affirment-ils, laisse entrevoir un second tour qui aura lieu probablement entre leur champion et le candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM), Ibrahim Boubacar Keïta.

Depuis la fermeture des bureaux de vote, une guerre des chiffres s’est installée entre les candidats à l’élection présidentielle. Mais la guerre larvée est ouverte entre Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) et ses adversaires réunis au sein du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République (FDR).

Le responsable de cette plateforme politique érigée en alliance électorale dans la perspective d’un second tour ne mâche pas ses mots contre les informations selon lesquelles IBK serait largement en tête des suffrages exprimés le dimanche 28 juillet 2013. Au bout d’une réunion d’urgence et deux points de presse, les médias ont eu écho du sentiment qui anime ces quatre candidats (Dramane Dembélé de l’Adéma, Soumaïla Cissé de l’URD, Modibo Sidibé des FARE et Jeamille Bittar de l’UMAM) et leur QG de campagne.

«Ceux tentés de proclamer un candidat élu dès le 1er tour au mépris de la volonté du peuple… seront comptables des conséquences de leur aveuglement», a menacé le FDR au cours d’un point de premier animé par ses candidats le 29 mai au siège de l’Adéma.

Si les candidats se sont abstenus de donner des tendances, cette tâche était réservée à la jeunesse des partis qui soutiennent Soumaïla Cissé. «Notre candidat est en tête dans sept régions administratives du Mali sur huit, dont Mopti [où leur adversaires aurait récolté un score insignifiant, Ndlr] et Sikasso [qui concentre le plus grand électorat]», a déclaré le président du mouvement de la jeunesse URD, le Dr. Mdaou Diallo.

A Bamako (deuxième grand bastion électoral après la région de Sikasso), où se trouve concentré15 % de l’électorat malien, IBK arriverait largement en tête. «Nous avons l’intime conviction qu’on veut nous amener devant le fait accompli : installer dans le subconscient des maliens qu’il y a déjà un vainqueur de facto dès le premier tour», a indiqué Amadou Koïta, président du Parti socialiste Yélen Coura qui soutient également la candidature de Soumaïla Cissé.

«Nous, nous sommes parfaitement à l’aise. Simplement, pour rester conformes aux principes de l’Etat démocratique et républicain, nous n’allons pas dévoiler nos chiffres», a affirmé le Dr. Diallo pour rassurer ses militants. «Nous dénonçons le fait que l’on puisse vouloir anticiper sur la proclamation officielle des résultats», a-t-il continué tout en affirmant la volonté de son candidat de «rester fair-play tout au long du processus».

IBK, de son côté, a appelé «l’ensemble des candidats et des responsables des différentes formations politiques au calme et à la retenue, dans l’attente de la proclamation officielle des résultats», selon un communiqué du parti rendu public dans la soirée du 29 juillet.

Seydou Coulibaly

30 Juillet 2013

AFRIBONE