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00.jpg« Ca démarrait bien mais il n’y a quasiment plus personne depuis 10H30 (locales et GMT) », déplore Smaïla Fofana, président du bureau de vote 149 de l’école de Niaréla, dans la commune II de la capitale.

« C’est certainement à cause de la chaleur, en plus les femmes sont au marché à cette heure-ci. Finalement, on devrait avoir une participation dans la moyenne habituelle des 25-30% », poursuit-il, assurant ne pas avoir de doute sur l’issue du scrutin.

« Je ne crois pas au deuxième tour, il me semble que le président Amadou Toumani Touré va être réélu, mais cela ne regarde que moi », indique prudemment M. Fofana en s’épongeant le front.

Devant les bureaux de l’école de la base aérienne dans la commune III, où le président sortant a voté vers 10H00, de nombreux inscrits avaient formé des files d’attente très tôt, profitant de la fraîcheur matinale.

A quelques mètres, des militaires qui avaient surveillé le matériel électoral pendant la nuit observaient tranquillement la scène en prenant leur petit déjeuner à l’abri des arbres.

« Takokélen! », clame soudain dans une file d’attente Tamba Konaté, 19 ans, en reprenant le slogan du président sortant, qui signifie littéralement « prise unique », c’est à dire victoire au premier tour en bambara, une des langues les plus parlées au Mali.

« Il va passer, c’est sûr! », lance-t-il encore en adressant des clins d’oeil aux journalistes sous les sourires des autres votants, dont quelques femmes vêtues de boubous chatoyants et de « moussoros » (petits turbans de pagne noués) assortis.

« Il n’y aura pas de deuxième tour, +ATT+ (surnom d’Amadou Toumani Touré) va passer directement, c’est sûr », confirme Kassim Traoré, un enseignant de 54 ans qui a voté le premier dans le bureau 168 et assure « les gens veulent que ATT reste ».

« Moi je préfère rester discrète », commente d’un air réprobateur la jeune Aminata.

« Je ne vais pas dire à tout le monde pour qui je vote, il faut quand même rester discret », explique-t-elle, tentant, sans succès, d’enlever l’encre violette indélébile dans laquelle elle a trempé son index pour preuve qu’elle a accompli son devoir électoral et ne pourra voter une deuxième fois.

Amadou, observateur pour « 3GK », un groupe d’ONG maliennes, considère de son côté que le scrutin « se passe à merveille, comme d’habitude ».

« Bon, on a eu un problème dans le bureau 164 parce qu’on manquait de tables pour les représentants des partis, mais c’est réglé », explique-t-il.

Posté à la sortie de l’école sous un soleil de plomb, M. Camara, chauffeur de taxi d’une quarantaine d’années, explique qu’il ne vote pas car « ça ne sert à rien ».

« Pour moi, +ATT+ ou +IBK+ (Ibrahim Boubacar Kéita, son adversaire le plus sérieux, ndlr), c’est la même chose. Je préfère aller travailler plutôt que de voter pour ces gens-là », assure-t-il, avant d’admettre que « la démocratie est bien installée maintenant dans le pays ».

AFP – dimanche 29 avril 2007 – 14h57