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Après Ibrahim Boubacar Keïta, c’est au tour de Soumaïla Cissé, autre favori de l’élection présidentielle malienne, de se rendre à Kidal. Dans le bastion de la communautée touarègue, l’ancien ministre des Finances a asséné que le Mali était « un et indivisible ».

La dimension symbolique de Kidal n’a pas échappée aux principaux candidats à la présidentielle malienne. Mercredi, Soumaïla Cissé, ancien ministre des Finances et ex-responsable de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), s’est à son tour rendu dans le fief des Touaregs et de leur rébellion.

Avant lui, un autre favori du scrutin, l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », s’était également rendu le 15 juillet dans cette ville située à 1 500 km de Bamako, près de la frontière algérienne. Deux autres candidats, Dramane Dembélé et Modibo Sidibé, avaient eux aussi fait le déplacement.

« Je suis à Kidal dans le cadre de la campagne électorale pour montrer que Kidal fait partie du Mali. Nous sommes tous des frères et nous devons construire ensemble le pays qui est un et indivisible », a notamment lancé Soumaïla Cissé, candidat de l’Union pour la République et la Démocratie (URD).

Situation tendue à Kidal

Les autorités maliennes et les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui occupaient Kidal depuis février, ont signé le 18 juin à Ouagadougou un accord préliminaire de paix. Ce texte prévoit notamment un cessez-le-feu, un déploiement progressif de l’armée malienne et un cantonnement des combattants touaregs sur des sites de regroupement.

Si l’accord a été en grande partie respecté, la situation reste très tendue sur place. Ces derniers jours, des manifestations d’opposants et de partisans au retour de quelque 150 soldats maliens ont eu lieu avant que des violences entre Touaregs et Noirs fassent au moins quatre morts. Cinq agents électoraux et un élu de la région de Kidal ont en outre été brièvement enlevés le 20 juillet à Tessalit, à 250 km au nord de Kidal. Pointé du doigt, le MNLA a démenti être impliqué dans ce rapt.

Le premier tour de la présidentielle, scrutin censé amorcer la réconciliation et rétablir l’ordre constitutionnel, doit en principe se tenir à Kidal dimanche comme dans le reste du Mali. Le vote dans la région de Kidal est avant tout hautement symbolique. Avec « seulement » 35 000 électeurs sur près de 6,9 millions, il n’aura pas d’influence déterminante sur le scrutin.

24/07/2013 à 16h:56 Par Jeune Afrique (Avec AFP)