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Tous ceux qui s’attendaient à un quelconque report de la présidentielle malienne doivent désormais se raviser. Sauf tremblement de terre, le premier tour du scrutin, prévu pour le 28 juillet 2013, aura bel et bien lieu et ce en dépit de toute la polémique qui entourait sa tenue. Même le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Mamadou Diamountani, qui tenait mordicus à un report de l’élection s’y est finalement résolu. Il a en effet procédé, depuis maintenant 48 heures, au lancement officiel de la campagne électorale qui prendra fin le 26 juillet à minuit. Et puis, à quoi aurait servi un report quand on sait qu’il n’y a jamais d’élections parfaites encore moins de préparatifs parfaits ?

En tout cas, pendant vingt jours, chacun des 28 candidats à la course devra parcourir villes et campagnes pour séduire et surtout convaincre le maximum d’électeurs. Mais d’ores et déjà, il faut saluer la mobilisation des différents acteurs, notamment les autorités maliennes pour leur engagement à respecter cette date ainsi que la communauté internationale qui a mis les moyens nécessaires pour que cette élection se tienne. C’est la preuve qu’à cœur vaillant rien d’impossible.

Ce scrutin, faut-il encore le rappeler, est celui de tous les espoirs en ce sens qu’il permettra, d’une part, au Mali d’avoir un président légitime, car issu des urnes, de retrouver son intégrité territoriale et d’autre part, de bénéficier des financements pour reconstruire ce pays au bord du gouffre. En un mot, ce scrutin permettra au Mali de sortir de son état végétatif pour devenir un Etat normal. Cela permettra d’ailleurs à la communauté internationale qui s’impatiente déjà, de consacrer son énergie à la résolution d’autres problèmes. La population malienne vit donc actuellement dans la fièvre de la campagne électorale.

Et qui dit campagne électorale dit usage de tous les subterfuges par les politiciens pour parvenir à leurs fins. C’est pourquoi il faut se réjouir de la sortie du président de la CENI qui a appelé tous les différents candidats au « sens de la responsabilité et au patriotisme, pour que ces rassemblements ne constituent pas des facteurs de division et de haine entre les concitoyens déjà très éprouvés ». Il est aussi heureux qu’il ait fortement recommandé le bannissement des gadgets, des achats de conscience, toutes choses qui défigurent dangereusement les scrutins en Afrique. Des actes qu’il faut louer à leur juste valeur surtout que nul n’ignore que la crise est toujours là et que les plaies sont toujours béantes.

Et un des tout premiers combats auxquels le futur président devra faire face sera de réconcilier les populations meurtries dans leur corps et dans leur âme. Mais attention, mettez en stand by, tout ce qui relève de la justice. Rengainez les mots impunité, vengeance, règlements de compte, etc, le temps que tout le processus électoral, phase sensible s’il en est, touche à son terme. Les dés sont jetés et il revient désormais à toute la classe politique malienne, de travailler de sorte à ce que cette élection soit une réussite. Il y va de l’intérêt de tout le peuple malien. Gageons qu’à l’issue de ce scrutin, le pays de Soundiata Keïta retrouvera sa place dans le concert des nations. C’est tout le mal que l’on lui souhaite.

Colette DRABO

Publié le lundi 8 juillet 2013

Source : Lepays.bf