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Objet de toutes les attentions, l’élection présidentielle malienne aura bel et bien lieu le dimanche 28 juillet 2013. Ce jour-là, plus de 6 millions de citoyens maliens se rendront aux urnes pour élire celui ou celle qui présidera pour 5 ans aux destinées du pays. Sur les 35 dossiers de candidature reçus, la Cour constitutionnelle en a validé 28. Tiébilé Dramé, le candidat du PARENA, a déclaré forfait réduisant à 27 le nombre de candidats. A quelques heures de la fin de la campagne électorale, les états-majors des principaux partis politiques peaufinent leurs stratégies de conquête du pouvoir d’Etat. Le Mali entend en finir, à l’issue de ce scrutin, avec la rébellion déclenchée le 17 janvier 2012. A Mopti, 5e région du Mali où nous sommes arrivé mardi soir, les préparatifs vont bon train et l’ambiance est bon enfant. Mais au niveau de la Commission électorale locale (CEL), c’est une véritable course contre la montre. Le matériel électoral est arrivé à Mopti seulement mardi soir et l’acheminement dans les communes a débuté hier avec, à la clé, des zones inaccessibles, car inondées.

Le constat que l’on puisse faire, c’est que le chiffre 28 colle à la peau de cette présidentielle malienne qui a retenu 28 candidats pour s’affronter le 28 juillet, soit 28 ans après la guerre de Noël. La semaine dernière à Kidal, l’espoir suscité par les accords de Ouagadougou a semblé céder le pas au scepticisme des observateurs suite aux affrontements meurtriers qui ont opposé les communautés noires et touarègues. Le spectre d’un scénario à l’ivoirienne hante les esprits.

Selon certaines sources, cette recrudescence de la violence n’est que la partie visible de l’iceberg. Au fait, dans les confins de Kidal, loin du regard des médias, les accrochages meurtriers sont récurrents. C’est dans ce climat extrêmement tendu que le pays s’apprête à organiser le scrutin biométrique de son histoire qui a enregistré un nombre record de prétendants. Au nombre de ces 27 présidentiables, certains pèsent lourd, d’autres moins et les derniers pas du tout.

Lorsque nous avons traversé la frontière, c’est une affiche à l’effigie de Soumaila cissé, collée au tronc d’un arbre dans le village de Bargou, qui nous annonce les couleurs. Un peu plus loin, les affiches d’autres candidats, à l’image de Ibrahim Boubacar Keïta, Cheick Mobibo Diarra, Modibo Sidibé, Soumana Sacko, Mountaga Tall.
 De la commune rurale de Koro jusqu’au chef-lieu de région (Mopti) les messages des candidats parlent d’eux-mêmes. « L’honneur du Mali, pour le bonheur des Maliens », « Un mali émergent » ; « Le Mali d’abord, intégrité ensuite » ; « Un Mali fort et puissant » ; « Une armée unie et forte ». Les états-majors des partis politiques sont en mouvement. En plus, la paix est le principal axe autour duquel convergent les meetings des candidats.

Selon le gouverneur de la région de Mopti qui nous a reçu le mercredi 24 juillet dans la matinée, la campagne s’est déroulée jusque-là dans son ressort territorial sans accroc. « Nous sommes fin prêts et nous attendons la date du 28 juillet avec beaucoup de sérénité. Vous savez, la région de Mopti est, par excellence, une région de paix et tous les candidats ont battu campagne ici dans le respect mutuel.

Nous remercions aussi la communauté internationale, la CEDEAO et surtout le Burkina Faso pour leurs soutiens. Tous les observateurs internationaux sont déjà là et nous sommes vraiment fin prêts pour cette élection présidentielle, a-t-il souligné ». M. Boulaye Doumbia, rapporteur local de la Commission électorale de Mopti, ne dit pas autre chose : « Nous avons fini avec la révision des listes électorales. Nous sommes en train de remettre les cartes NINA.

Pour l’ensemble de la région du Nord, nous sommes à un taux de 86% de remise des cartes. Nous sommes en train de faire le dispatching du matériel électoral arrivé seulement hier soir.
 Nous avons au total 8 CEL et 15 CEC. 564 bureaux de vote seront disponibles. Sur toute l’étendue du territoire, 25 000 bureaux de vote sont prévus. Cependant, sur les 8 millions de cartes d’électeurs prévues, 6 877 433 cartes ont été effectivement personnalisées. Au fait, 1es noms de 1 167 000 électeurs ont été omis ».

Selon le gouverneur Ibrahima Hamma Traoré, ces insuffisances sont inévitables dans la mesure où le Mali fait l’apprentissage du système biométrique.
 Pour les fins connaisseurs du landerneau politique malien, 3 candidats en lice sont classés parmi les favoris. Il s’agit de Ibrahim Boubacar Keïta dit IBK, de Soumaila Cissé et de Modibo Sidibé. IBK qui était le seul candidat à se rendre à Kidal, ne l’est plus ; Soumaïla Cissé s’y est rendu le mercredi 24 juillet 2013. 
Pour le reste, l’ambiance est bon enfant. Pas de violence verbale entre candidats.


Hamed Nabalma à Mopti

Publié le jeudi 25 juillet 2013

Source : Lepays.bf