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Les résultats du scrutin du 28 juillet se font désirer : Le président de la CENI reconnaît “ l’ erreur de communication ” du ministre Moussa Sinko

Pour tout résultat partiel qu’il devait proclamer le mardi dernier, le ministre Moussa Sinko Coulibaly a plutôt fait une brève » communication » : si les tendances partielles (largement favorables à IBK) portant sur le tiers des dépouillements se confirmaient, point de second tour. Ce commentaire laconique lui vaut depuis les foudres de certains acteurs politiques dont ceux du FDR. Le président de la CENI vient de constater aussi que le ministre a commis là une « erreur de communication ».

Pourquoi n’a-t-il pas voulu lire les quelque chiffres en sa possession, si limités soient-ils. Quelle mouche a piqué le ministre qui a laissé planer un doute dans les esprits sur sa bonne foi ?

Les interrogations fusent et ont poussé le QG de Soumaïla Cissé à demander même sa démission. Pour le président de la CENI, Mamadou Diamoutani, pas question de confirmer ou d’infirmer les résultats partiels donnés par les autorités. C’est à l’administration qu’il revient de révéler les résultats. Tout au plus, le président de la CENI reconnaît-il une « erreur de communication », à un moment délicat. Erreur qu’il s’agira de ne pas reproduire au moment de l’annonce des résultats définitifs.

« Je pense que cette annonce va être précisée. Nous avons aujourd’hui besoin de chiffres précis. Ce sont les chiffres qui parlent, sans commentaire. Les chiffres parlent plus que ceux qui les transmettent. Le ministre de l’Administration territoriale donnera des chiffres précis, et c’est ce que nous attendons « , insiste Mamadou Diamoutani, le président de la CENI.

Il tient également, rapportent notre confrère RFI, à se démarquer des autorités et prévient qu’en cas de contentieux, il saura jouer le rôle qui lui revient. » Nous avons, depuis les bureaux de vote, des délégués. Nous savons, au niveau de la commission de centralisation, qui siège dans les cercles, au niveau des ambassades et consulats, nous avons des représentants. Nous avons un système de calcul du décompte des voix. Je pense que cela pourra servir, lorsqu’il s’agira de faire un contentieux « , détaille-t-il.

Mamadou Diamoutani se dit également prêt à intervenir directement auprès de la Cour constitutionnelle en cas de contentieux. Un avis que la CENI apportera » avec beaucoup de plaisir, pour la transparence du scrutin « . Le président de la CENI demande par ailleurs aux candidats mécontents des résultats de ne pas créer de troubles et de suivre la voie légale. En clair, de lui faire confiance.

En attendant, six candidats ont signé une déclaration appelant à « respecter la volonté des Maliens « et » à éviter les affres des conflits post-électoraux « . Ces candidats ont également réitéré leur » confiance » aux autorités nationales. Un message directement adressé à Soumaïla Cissé, même s’il n’est pas nommé.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 02 Août 2013.