Partager

Le pouvoir algérien a décidé de passer en force en fixant dimanche la date d’une élection présidentielle au 12 décembre, un pari risqué voué à entrer en collision avec le refus du mouvement de contestation, qui ne faiblit pas au fil des mois. Les manifestants réclament le départ de l’ensemble du système au pouvoir ces dernières décennies avant tout scrutin, et une précédente tentative d’organiser une présidentielle pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika a échoué avant l’été. Malgré ce précédent, et le dialogue de sourds persistant entre le pouvoir et les manifestants, le président par intérim Abdelkader Bensalah a appelé dimanche les Algériens “à contribuer collectivement (…) au choix de leur nouveau président”. Cette annonce ne faisait guère de doute depuis la prise de position en ce sens, début septembre, du chef d’état-major de l’armée, Ahmed Gaïd Salah, devenu de facto l’homme fort du pouvoir depuis la démission forcée de M. Bouteflika début avril sous la pression de la rue. Mais cette “volonté d’un passage en force (…) n’aura aucun écho favorable chez les millions d’Algériens qui continuent à sortir dans la rue”, dit à l’AFP Athmane Mazouz, porte-parole du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition laïque)…