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Lentement mais sûrement la Guinée avance vers la fin d’une transition paisible. Le scrutin du dimanche 27 juin se présente comme la première élection présidentielle libre depuis l’indépendance.
Depuis le 24 mai, la liste définitive des candidats est connue. Sur les 36 inscrits, 24 brigueront la magistrature suprême dont une femme. Aucun élément de l’armée ne s’est présenté.

En ce moment la campagne bat son plein aussi bien dans les rues de la capitale que dans celles des villes à l’intérieur du pays. Les candidats se battent pour se faire voir des électeurs sous leurs meilleurs jours. Chacun affiche ses ambitions pour la Guinée avec comme slogans le changement, l’unification, le développement.

Avec des programmes aussi diversifiés qu’il y a de candidats, chacun est sûr de remporter le scrutin. Ce qui est important c’est l’appel général de tout le monde à l’acceptation des résultats du scrutin du 27 juin.
Parmi les 24 candidats, les observateurs citent comme trio de tête : en premier lieu le professeur Alpha Condé du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) ; en second, Sidya Touré de l’Union des forces républicaines (UFR) et Cellou Dalein Diallo de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

Cartes d’électeurs

La distribution des cartes d’électeurs a connu quelques difficultés. La presse locale a évoqué de nombreuses irrégularités et des lots perdus dans les quartiers. A quelques jours du scrutin, la Ceni a déjà enregistré de nombreuses plaintes. Des individus mal intentionnés parviennent à soustraire des cartes et à les détruire exprès.

Le cas flagrant est celui des cartes des Diallo. A Yimbaya, un quartier de Conakry connu pour être un fief peul, un inconnu s’est présenté au quartier et a exigé qu’on lui remette les cartes des personnes qu’il prétend connaître. Sans aucune vérification, le chef de quartier lui a remis une pile de cartes sans en demander un récépissé. Pris sur le fait et interrogé, il a clairement déclaré qu’il voulait empêcher les gens de voter.

Les observateurs déjà prêts

Ils sont plus de 90 observateurs à parcourir l’ensemble du territoire national pour observer le déroulement de l’élection présidentielle qui aura lieu le 27 juin. Ils ont suivi une formation sur le processus électoral guinéen. L’équipe de la mission d’observation de l’Union européenne est là sur invitation de la Ceni.

Régis par un code de conduite, leur mandat est d’observer et d’analyser l’ensemble du processus électoral afin de fournir une évaluation impartiale, neutre et objective. Ils auront à statuer sur la conformité du scrutin avec les normes nationales et internationales en matière d’élection démocratique adoptées par la République de Guinée.

Un scrutin hautement ethnique

La campagne électorale s’est révélée plus ennuyeuse et enracinée dans une cacophonie doublée d’une ethnicité des plus évidentes. Tout le monde mobilise et tout le monde est mobilisé. « Le vote des Malinkés sera malinké, celui des Peulhs sera Peulh », explique un observateur.
Pénurie de carburant dans la ville.

Dans toute la ville c’était les rangs devant les stations d’essence. Cette situation, selon nos informations, serait voulue par les Peulhs à qui appartient la majorité des stations. Ils auraient voulu fermer exprès les stations pour empêcher le bon déroulement des campagnes.
La fermeture des stations Total qui représentent plus de 90 % du marché de distribution en Guinée a entraîné le ralentissement des activités du mercredi et jeudi à Conakry.

Peu de véhicules circulent et de longues files de voitures se dressent devant les stations d’essence.
Cette nouvelle crise du carburant tombe à 4 jours du scrutin. Déjà, les partis politiques dont les leaders devaient faire leurs derniers meetings de fin de campagne à Conakry, ont regretté cette fermeture et parlent de sabotage.

La journée d’hier était un jeudi noir à Conakry. Il y a eu des affrontements toute la fournée entre partisans de Dalein Diallo et ceux de Sidya Touré. Ces affrontements qui s’apparentaient à une vraie guerre de tranchée ont paralysé la capitale toute la journée. Une marée humaine était dans les rues.

Anne Marie Kéita

(envoyée spéciale à Conakry)

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Les 24 candidats

Pr Alpha Condé (RPG)

Sidya Touré (UFR)

Cellou Dalein Diallo (UFDG)

Jean Marc Telliano (RDIG)

François Louceny Fall (FUDEC)

El Hadj Mamadou Sylla (UDG)

Mamdou Diawara (PTS)

Ibrahima Kassory Fofana (GPT)

Bouna Keita (RGP)

Ibrahima Abe Sylla (NGR)

Boubacar Barry (PNR)

Dr Demba Traoré (PDU)

Dr Ousmane Kaba, (PLUS)

Abraham Bouré (RGUD)

Ousmane BAH (UPR)

Saran Daraba Kaba (CDP)

Fodé Mohamed Soumah (GECI)

Boubacar Bah (ADPG)

Lansana Kouyaté (PEDN)

Mamadou Baadiko Bah (UFD)

Aboubacar Somparé (PUP)

Koly Kouroumah (RDR)

Alpha Ibrahima Keira (PR
)
Joseph Bangoura (UDIG).

A.-M.K.

25 Juin 2010.