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Partira, partira pas ? Rentreront, rentreront pas ? C’est l’heure de vérité en République démocratique du Congo, où le président Joseph Kabila et deux ténors en exil, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi, vont devoir révéler s’ils participent ou non à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre. Le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne (2,3 millions de km2), qui n’a jamais connu de transition démocratique et pacifique, aborde mercredi une étape cruciale de son processus électoral, avec l’ouverture du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle jusqu’au 8 août. Tous les yeux se tournent vers le « raïs » aux manières de sphinx, Joseph Kabila, qui jure son total respect pour la Constitution sans dire formellement qu’il quittera le pouvoir. Selon une lecture littérale de la Constitution qu’il a lui-même promulguée, Kabila, élu en 2006 et réélu en 2011, ne peut pas se présenter à un troisième mandat. Il est même hors mandat depuis la fin de son second quinquennat le 20 décembre 2016. La source de son pouvoir se trouve dans une disposition qui lui permet de rester « en fonction jusqu’à l’installation effective d’un successeur élu » et un accord politique du 31 décembre 2016. Toujours le plus jeune président du continent à 47 ans, Kabila n’a pas désigné de dauphin, et ses très nombreux adversaires le soupçonnent de vouloir se maintenir coûte que coûte. Un très proche du président s’énerve: « Depuis 2006, le président Kabila a toujours été le dernier à déposer sa candidature. La stratégie sera la même pour son dauphin. Le président le prendra par la main et l’accompagnera au bureau de la commission électorale.AFP