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La Cour suprême de Guinée a rendu mardi 20 juillet 2010 au soir son arrêté sur les résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle du 27 juin dernier. Cellou Dalein Diallo de l’UFDG et Alpha Condé du RPG sont donc qualifiés pour le second tour. Cellou Dalein reste le grand vainqueur avec 43,69% des suffrages, Alpha Condé deuxième a recueilli 18,25% des voix. La cour s’est aussi prononcée sur le recours des candidats, annulant de nombreux votes. La date du second tour, qui était attendue, n’a pas encore été dévoilée.

jpg_guinee-presidentielle-2.jpgAvec ces résultats définitifs et sans recours rendus par la plus haute juridiction du pays, les candidats à la présidentielle ont enregistré des fortunes diverses. Il faut rappeler que tous, ou presque, avaient dénoncé des fraudes massives. Et certains ont même demandé dans leurs recours, l’annulation pure et simple du scrutin du 27 juin. Ils n’ont pas été suivis par la Cour. Mais, en revanche, elle a annulé les votes dans cinq circonscriptions électorales.

D’abord à Ratoma, fief de Cellou Dalein Diallo, et Matam, fief électoral de Sidya Touré à Conakry. Mais aussi à Kankan, Mandiana en Haute-Guinée chez Alpha Condé et Lola en Guinée forestière. Au motif que les procès verbaux de ces circonscriptions électorales n’ont pas été transmis à la Cour pour vérification et rectification d’erreurs ou d’anomalies. Usant donc de son pouvoir souverain, la Cour suprême décide l’annulation pure et simple des votes qui se sont déroulés dans ces circonscriptions.

Si Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé restent les deux qualifiés pour le second tour, le pourcentage obtenu par chacun des candidats a néanmoins sensiblement varié. Désormais on retient donc que le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, est toujours en tête avec 43,69% contre 18,25% pour son adversaire Alpha Condé.

Article publié le : mercredi 21 juillet 2010 par Rfi.fr

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Présidentielle en Guinée: la Cour suprême confirme un second tour Diallo-Condé

La Cour suprême de Guinée a confirmé mardi que le second tour de l’élection présidentielle se jouerait entre l’ex-Premier ministre Cellou Dalein Diallo et l’opposant historique Alpha Condé, ceux-ci ayant obtenu respectivement 43,69% et 18,25% des voix le 27 juin, selon les résultats définitifs.

Vingt-quatre candidats – tous civils – briguaient la présidence de ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest marqué par un demi-siècle de dictatures.

« Le candidat Cellou Dalein Diallo, présenté par le parti politique UFDG, et le candidat Alpha Condé, présenté par le parti politique RPG disputeront le second tour de l’élection présidentielle », a déclaré le président de la Cour suprême, Mamadou Sylla, entouré de hauts magistrats, dans la salle d’audience de la Cour où de très nombreux journalistes avaient pris place.

jpg_guinee-6.jpgLa date du second tour doit à présent être fixée par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Selon les résultats définitifs, l’ancien Premier ministre (1996-1999) Sidya Touré a rassemblé sur son nom 13,62% des suffrages et l’ancien chef du gouvernement (2007-2008) Lansana Kouyaté 7,04%.

De son côté, Papa Koly Kourouma, très proche de l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, a obtenu 5,74% des voix.

Le 27 juin, les Guinéens avaient participé dans la liesse à la première élection libre depuis l’indépendance du pays en 1958. Mais la plupart des partis avaient ensuite dénoncé des irrégularités ou des fraudes massives.

La chambre constitutionnelle de la Cour suprême, chargée de statuer sur les recours déposés, a annulé, pour « irrégularité avérée », de très nombreux votes.

Et le taux de participation, qui était de 77% selon les résultats provisoires, est tombé à 52% selon les résultats définitifs.

« La Cour suprême, usant de son pouvoir souverain, décide que les suffrages exprimés à Matam, Ratoma (Conakry), Kankan, Mandiana (Haute-Guinée) et Lola (Guinée forestière), sont invalidés purement et simplement, et viendront en déduction du suffrage général valablement exprimé sur l’ensemble du territoire », a déclaré M. Sylla.

La Cour a expliqué sa décision par le fait que les procès-verbaux de ces circonscriptions ne lui avaient pas été transmis.

Elle a par ailleurs annoncé avoir procédé à « des vérifications et rectifications d’erreurs et d’anomalies dans les procès-verbaux des bureaux de vote des 18 ambassades et consulats » à l’étranger.

La Guinée, ex-colonie française indépendante depuis 1958, avait d’abord été dirigée par un civil, Ahmed Sékou Touré, pendant 26 ans. Puis elle avait connu 25 ans de régimes militaires, avec le général Lansana Conté (1984-2008), puis la junte dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara (2008-2009).

Cette élection doit mettre un terme à une transition de six mois et redonner le pouvoir aux civils.

Présenté comme favori, Cellou Dalein Diallo, 58 ans, membre de l’ethnie peul, a d’abord été plusieurs fois ministre sous Conté, avant de diriger le gouvernement de décembre 2004 à avril 2006.

Alpha Condé, 73 ans, d’ethnie malinké, s’est opposé à tous les régimes depuis l’indépendance. Condamné à mort par contumace sous Sékou Touré, il a passé deux ans et demi en prison (1998-2001) sous Conté pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

CONAKRY (AFP) – mercredi 21 juillet 2010 – 0h25