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Selon des sources concordantes, le parti Alliance pour la République, né suite à l’affaire du Fonds mondial où son leader aurait manqué du soutien de l’URD, est en train de chercher un port d’attache afin de lui permettre de survivre en ces temps où les petites formations politiques sont condamnées à quémander quelques strapontins au cas où. L’APR, créé également pour tenter de mettre les bâtons dans les roues de l’URD, serait en passe de signer un pacte avec le RPM d’IBK, ennemi juré de l’URD en ces temps où Soumaïla Cissé apparait comme le candidat le mieux placé pour remporter la bataille du 28 juillet prochain.

Plus les jours passent, plus le ciel s’assombrit pour ce jeune parti. La précipitation qui a prévalu à sa naissance fait pratiquement de l’APR, un parti presque prématuré. C’est sûr que dans les mois à venir cela va se faire ressentir sur sa capacité de mobilisation qui sera presque…nulle. N’ayant pu amener dans ses rangs aucun maire, encore moins un député, et manquant cruellement de ressources matérielles – à part son siège à l’Hippodrome acquis et de quelle manière – et financières, le parti APR est condamné, tôt ou tard, à une mort certaine ; principalement par défaut de militants.

La présence du président du RPM, Ibrahim Boubacar Keïta, à la cérémonie de lancement du parti de Oumar Ibrahim Touré, a suscité un réel espoir chez les participants à ladite manifestation. C’est vrai que la salle était, à l’occasion, remplie de » déplacés » venus par bus entiers pour rehausser l’éclat de ladite cérémonie.

Et voilà que depuis, plus rien. L’optimisme s’est envolé en même temps que le rêve qui consistait à porter un coup de massue dans la fourmilière de l’URD s’est révélé être un faux calcul car, personne parmi les militants URD n’a suivi Oumar Ibrahima Touré dans ce qu’on peut, aujourd’hui, appeler de l’aventure. Entouré par des gens qui pensent qu’il détiendrait des sous – du fait qu’il a été ministre de la Santé -, le fondateur de l’APR a obligation de satisfaire tous ces appétits gloutons à défaut de les perdre pour de bon.

Pourra-t-il avoir de l’argent auprès d’IBK ?

Rien n’est moins sûr, quand on sait que dans la pratique, l’APR ne peut rien apporter à IBK dans la bataille pour le palais de Koulouba. Au contraire, un éventuel rapprochement entre le parti d’IBK et Oumar Ibrahim Touré ne pourra que nuire en quelque sorte au premier qui pourrait voir son nom cité dans des affaires qui ne sont pas encore totalement éteintes. Car, si l’affaire du Fonds mondial est juridiquement liquidée et les personnes auparavant inculpées de détournement de fonds » blanchies « , comme on le dit, pour l’opinion publique et le Fonds mondial de lutte contre le sida l’affaire demeure toujours. Surtout que l’Etat du Mali demeure toujours redevable de la somme de 2 milliards FCFA à payer à l’institution onusienne. C’est dire que l’Etat, contrairement à Oumar Ibrahima Touré et d’autres, est loin d’être blanchi.

Maintenant que son parti, né édenté, a éprouvé déjà d’énormes peines à survivre dans le landerneau des petits partis dont il appartient, l’APR espérerait trouver sa voie auprès du RPM d’IBK, devenu l’un des farouches opposants à Soumaïla Cissé donné favori des sondages non téléguidés. Attendons de voir si une éventuelle alliance APR/RPM pourra empiéter sur le vaste et ô combien protégé territoire de l’URD. L’avenir dira si IBK a fait un bon ou un mauvais choix en se présentant comme le parrain de l’APR de Oumar Ibrahima Touré.

Mamadou FOFANA

Zénith Balé du 11 juin 2013.