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A défaut de ne pouvoir se mettre d’accord autour d’un candidat unique, les 18 partis qui composent le Front pour la sauvegarde de la Démocratie et de la République (FDR) ont décidé de sceller une plateforme d’alliance le 31 mai prochain, afin que tous s’alignent derrière le candidat issu de leur rang et qui sera présent au second tour de la présidentielle à venir. Parmi les partis signataires figurent, entre autres, l’ADEMA, l’URD, le FARE, l’UDD. La cérémonie de signature de cette plateforme va enregistrer la présence de gros calibres de la scène politique nationale tels Soumaïla Cissé et Modibo Sidibé, tous candidats à la prochaine élection présidentielle.

Comme on le voit, les choses sérieuses commencent à se dessiner depuis la proclamation, par le président de la République par intérim, de la date du 28 juillet prochain pour le premier tour de l’élection présidentielle. D’où tous ces congrès de partis en cascade dans le but d’un éventuel positionnement de leurs leaders dans la perspective de cette élection. Avec le risque que cela fasse courir des risques aux candidats de certaines formations politiques, créées uniquement dans le but de satisfaire des préoccupations plutôt alimentaires voire d’enrichissement personnel sur le dos de Dame République. Voilà à quoi rime notre démocratie où tout le monde pense qu’il peut être président de la République, ministre, maire ou gouverneur. Pourvu d’avoir quelques soi-disant militants qui ont la besace ouverte pour recevoir des cadeaux que le leader du parti pourrait extorquer des fonds publics.

A côté de cette panoplie de partis alimentaires, il y a heureusement ces formations politiques qui jouent réellement le jeu de la démocratie. Après le coup d’Etat du 22 mars 2012, organisés au sein du FDR, des partis politiques, syndicats et associations de la société civile se sont battus pour le retour à l’ordre constitutionnel. On a vu ce que cela a coûté aux leaders de certains d’entre eux. Malgré cela, des leaders du FDR n’ont jamais baissé les bras dans leur quête d’un Mali meilleur qui passe, incontestablement, par des élections libres, démocratiques et crédibles. Voilà donc que c’est vers ce genre d’élection qu’on s’achemine où le président sortant ne pourra pas » passer la main » comme dans un jeu de cartes.

Face à ce défi, les partis du FDR, majoritaires dans le pays, sont réellement menacés n’étant pas à l’abri d’un départ du pouvoir que certains d’entre eux détiennent aujourd’hui à travers la présidence de la République (ADEMA) et l’Assemblée nationale (URD). Il n’est point un secret que Soumaïla Cissé, le mentor de l’URD et candidat malheureux à la présidentielle de 2002, apparait aux yeux de l’opposition au FDR, à savoir la coalition autour d’IBK, comme la principale cible à abattre lors de la prochaine élection présidentielle.

Quant au candidat de l’ADEMA, Dramane Dembélé, il surprendra au sortir des urnes tous ceux qui pensent qu’il ne fera pas un bon score. Candidat d’un parti à la puissance, certes, quelque peu diminuée ces derniers temps, mais qui reste tout de même le plus présent, avec l’URD, sur toute l’étendue du territoire national. Ce sont donc autour de ces deux formations politiques que sera signée une plateforme d’alliance le 31 mai prochain avec au tableau d’honneur 18 partis, parmi lesquels, en plus des deux formations politiques précitées, le FARE de l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé, jusque-là très discret voire avare en parole, mais très présent sur le terrain, l’UDD du jeune, dynamique et volubile ministre des affaires étrangères Tiéman Hubert Coulibaly, celui-là même qui vient de redonner du tonus et de la voix à la diplomatie malienne, le FCD de Djibril Tangara, un bulldozer au service du candidat Soumaïla Cissé, au nom duquel il vient, d’ailleurs, de sillonner plusieurs Etats de l’Afrique centrale, le PARENA de Tiéblé Dramé, récemment nommé envoyé spécial du président Dioncounda Traoré dans le cadre des négociations avec le MNLA. Voilà un fin homme politique et diplomate qui n’a jamais raté une occasion pour exiger le retour à une vie constitutionnelle normale. Comme on le aisément le comprendre, la plateforme permet de soutenir le candidat arrivé au second tour ; de mener une campagne civilisée au cas où deux partis membres de ladite plateforme se retrouveraient face à face au second tour. Pour le moment; on attend le positionnement du PDES, le parti des amis d’ATT, qui dit réfléchir pour le moment.

Tout cela pour barrer la route à la coalition dont le président du RPM est le leader incontesté. La plupart des partis autour de lui ne faisant aucunement le poids face à des adversaires coriaces et très bien implantés. L’aura d’IBK va-t-elle suffire, à elle seule, pour empêcher un candidat issu de la plateforme qui naîtra le 31 mai de monter à Koulouba ? La réponse dans deux petits mois.

Mamadou FOFANA

L’Indépendant du 28 Mai 2013