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Une longue attente des résultats, qui pourrait durer deux semaines, a débuté lundi au Cameroun au lendemain d’une présidentielle marquée par une forte abstention et des violences dans les régions anglophones de l’ouest, mais sans incident majeur dans le reste du pays.Le président Paul Biya, 85 ans dont près de 36 au pouvoir, briguait un 7e mandat consécutif et est de loin le favori face aux sept candidats qui l’affrontaient. »Deux semaines! Ici, on vient de finir le dépouillement et je reçois déjà des nouvelles d’autres bureaux de vote, pourquoi on va encore attendre deux semaines? », pestait dimanche soir François, 22 ans, dans un bureau de vote de Yaoundé.Légalement, les procès verbaux de chaque bureau, après vérifications par Elecam, l’organe chargé d’organiser les élections au Cameroun, doivent être transmis au Conseil constitutionnel qui est le seul habilité à proclamer des résultats, sous quinzaine après le scrutin.Mais, dès dimanche soir, les résultats de centaines de bureaux de vote sur 25.000 installés dans tout le pays, circulaient sur les messageries Whatsapp, Facebook et Twitter.Plusieurs candidats d’opposition avaient multiplié les appels à leur militants à surveiller le dépouillement des votes pour éviter la fraude, après avoir surveillé le déroulement du scrutin. »L’heure est grave. Levez-vous, préparez vous à défendre votre victoire, parce qu’il y a des choses incroyables qui sont en train de se dérouler », a déclaré sur Facebook Cabral Libii, candidat à la présidentielle et benjamin du scrutin qui, à 38 ans, a fortement mobilisé durant la campagne. Avant le scrutin, le camp de Maurice Kamto, candidat de poids de l’opposition rejoint tardivement par un autre candidat majeur, Akere Muna, avait indiqué qu’il n’accepterait « aucun résultat » si des cas de fraude étaient avérés.AFP