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Sommaire:

Oumar Mariko
Amadou Toumani Touré
Ibrahim Boubacar Kéïta
Mamadou Bakary Sangaré
Tiébilé Dramé
Soumeylou Boubèye Maïga
Mme Sidibé Aminata Diallo
Madiassa Maguiraga

Oumar Mariko

mariko-2.jpgL’ancien leader estudiantin qui combattu le régime du parti unique est né le 4 février 1959 à Bafoulabé. Médecin généraliste, il est le fondateur et directeur de la Clinique médico-chirurgicale Mah Doumbia à Bamako. Il est membre fondateur puis secrétaire général de l’AEEM (Association des élèves étudiants du Mali) entre 1990 et 1992. Auparavant, de 1976 à 1977, il avait été secrétaire administratif du comité UNEEM (Union des élèves Étudiants du Mali) du lycée de Dioila. Plus tard, il sera entre 1978 et 1979, le secrétaire à l’organisation du comité UNEEM au lycée de Badalabougou puis membre du bureau de coordination de la même UNEEM de 1979 à 1980.

Secrétaire général du parti SADI (Solidarité africaine pour la démocratie et de l’indépendance), il est le directeur général du réseau de communication Radio libre Kayira. Entre temps, il avait été membre du CTSP (Comité de transition pour le salut du peuple) pour le compte de l’Association des élèves et étudiants du Mali. Entre 1992 et 1993, il est le secrétaire général de l’ADVR (Association de défense des victimes de la répression).
Depuis 1995, Oumar Mariko est le directeur général du Réseau de communication Kayira. En 1995 devient secrétaire aux relations extérieures de l’URTEL (Union des Radios et télévisions libres du Mali).

En 2002, il est le candidat du parti SADI à l’élection présidentielle, mais est éliminé dès le premier tour. Très actif dans la lute contre le libéralisme et la mondialisation, Oumar Mariko a participé à plusieurs conférences internationales en Afrique, en Europe et en Amérique.

Amadou Toumani Touré

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Question : Monsieur Amadou Toumani Touré, vous êtes candidat à l’élection présidentielle. Quelles sont les motivations profondes qui vous ont incité à briguer la magistrature suprême ?

Amadou Toumani Touré :
C’est tout d’abord la volonté de poursuivre la mission exaltante qui consiste à présider aux destinées de mon pays. Une mission que je considère comme un véritable sacerdoce car il s’agit pour moi de servir les Maliennes et les Maliens.
Il y a ensuite le fait que durant mon premier mandat, j’ai été conforté dans ma conviction qu’il est possible de développer le Mali, malgré les nombreuses contraintes et un environnement particulièrement difficile.
Les jalons que nous avons posés patiemment dans les différents domaines avec un grand impact économique ou social ont placé le Mali sur la voie du progrès. Nous sommes résolus à aller encore plus loin afin que le pays poursuive son développement.

Question : De quel projet êtes vous porteur pour le Mali ?

Amadou Toumani Touré :
Je suis plus que jamais renforcé dans ma foi en un avenir meilleur pour le pays. Ces dernières années, de belles réalisations ont donné un nouveau visage au pays. Ce sont les bases d’un véritable décollage économique dont nous avons les clés en main. Il s’agit, ensemble de forcer notre destin. Pour qu’il en soit ainsi, je propose aux Maliens un Projet pour le développement économique et Social (PDES) qui est ambitieux mais réalisable.
Le PDES nous permettra de produire davantage, distribuer équitablement les fruits de la croissance, investir dans l’avenir et moderniser la société malienne.
Fort des résultats obtenus lors des cinq dernières années, le PDES ambitionne une croissance économique plus forte d’au moins 7% par an, de 2007 à 2012. Cet objectif de croissance économique s’appuie sur une stratégie de puissance agro-pastorale, la poursuite du vigoureux programme d’infrastructures de base, le développement du secteur privé et l’investissement dans les ressources humaines.
L’agriculture sera le levier de la croissance de notre économie et source de richesses pour nos populations dans le cadre d’un Mali exportateur de produits agro-alimentaires, transformés et labellisés. La Loi d’orientation Agricole en sera le véritable instrument de mise en oeuvre avec l’affectation de 20% du budget national par an. Notre volonté politique est d’amener l’agriculture malienne à une production de 10 millions de tonnes par an de céréales à l’horizon 2012 pour faire du Mali une puissance agricole.
Le PDES maintiendra le cap du développement des infrastructures afin d’atteindre le niveau critique indispensable à notre décollage économique. Ainsi, plus de 600 milliards Fcfa seront investis pour la poursuite du développement du réseau routier, plus de 700 milliards de Fcfa dans le cadre de la Politique Énergétique Nationale. L’expansion des infrastructures de télécommunication et des technologies de l’information permettra de mettre le Mali au diapason des évolutions du siècle et 10 000 logements sociaux seront réalisés à travers le pays.
La politique des villes secondaires répondra au souci d’une meilleure répartition spatiale des infrastructures et des opportunités économiques de proximité. Le secteur privé aussi sera encouragé à jouer un rôle primordial dans le PDES comme principal vecteur du développement. Dans le cadre d’une politique volontariste, plus de 400 milliards de Fcfa seront injectés dans l’économie réelle du Mali dans les cinq prochaines années en vue de créer les conditions favorables à l’essor du secteur privé. Nous veillerons à protéger les industries existantes et à conforter les industries naissantes.
Un soutien fort sera apporté aux projets d’entreprises dans le secteur agricole et des matériaux de construction, dans le secteur social et le tourisme avec pour objectif de doubler le nombre d’entreprises viables au Mali. Une Loi d’orientation du Secteur privé (LOSP) permettra dès 2008 d’entamer ce vaste chantier.

Question : La demande sociale est une donnée importante dans notre pays. Pensez vous que les politiques menées jusqu’ici sont bonnes ou allez vous en proposer de nouvelles ?

Amadou Toumani Touré :
Quand on parle de demande sociale, il faut comprendre l’amélioration des conditions de vie des populations qui passe par un meilleur accès aux services de base à un coût acceptable, la création d’opportunités pour des activités leur assurant des revenus, l’éducation, la santé etc.
Dans tous ces domaines, le Mali a fait des avancées d’autant plus notables que nous avons subi de plein fouet les conséquences négatives d’éléments extérieurs comme la flambée des prix du pétrole, l’invasion acridienne et la crise ivoirienne.
Ce que nous avons réussi dans cet environnement hostile prouve qu’en y croyant et en se mobilisant, les Maliens sont capables de relever tous les défis. Nos compatriotes sont capables de juger les progrès réalisés, notamment la politique volontariste d’habitat social, l’accès gratuit aux soins, le désenclavement intérieur et extérieur etc. Le meilleur est encore à venir et je suis sûr qu’avec la confiance renouvelée de mes compatriotes le 29 avril prochain, nous fortifierons les piliers du Mali qui gagne.
Quand je vois le sourire qui illumine le visage des enfants, des femmes, des vieux et des jeunes, chaque fois que nous mettons à leur disposition de nouvelles infrastructures sociales, cela me conforte dans ma conviction que la politique n’a de sens que si elle permet de régler les problèmes des citoyens. Voilà d’où je tire la force de mon engagement et qui me conduit sur le terrain partout à travers ce grand et beau pays qui me tient à cœur.

Question : La nécessité d’une plus grande représentativité des femmes au niveau des prises de décision, semble rallier les suffrages même si la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été rejetée par l’Assemblée nationale. Que comptez vous faire personnellement pour la promotion politique des femmes ?

Amadou Toumani Touré :
Je suis leur ardent défenseur et dans toutes les actions initiées durant mon mandat les femmes ont été prises en compte. Sans leur implication, il est illusoire d’envisager le développement du pays. D’ailleurs, c’est dans ce cadre que la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été faite avec mon assentiment. Je regrette que cette volonté n’ait pas rencontré un meilleur sort à l’Assemblée Nationale.
Ce n’est que partie remise et je suis déterminée à donner aux femmes la place qu’elles méritent dans tous les secteurs de la vie nationale. Dans la lettre que j’ai adressée aux Maliennes et aux Maliens, je me suis engagé à assurer au cours du prochain mandat, une plus grande représentativité des femmes dans les sphères de décision. Il est bon de rappeler que les 13,5 millions de Maliens sont en grande majorité jeunes et à dominance de sexe féminin. En effet, 48% de la population ont moins de 15 ans et environ 51% sont des femmes.
Les jeunes et les femmes sont le plus exposés au problème majeur du sous-emploi et du chômage. Il y a là un grand défi que notre pays doit relever. Le PDES nous offre cette possibilité. C’est ainsi qu’il ambitionne d’amener au moins la moitié de la centaine de services financiers décentralisés à se spécialiser dans l’insertion des femmes dans les circuits de production, notamment dans les régions particulièrement défavorisées du pays.


Question : L’insurrection armée de Kidal et Ménaka et le forum de Kidal ont rappelé la spécificité de la situation dans le nord du pays. Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, que comptez vous faire pour le développement des régions du nord et la consolidation durable de la paix dans cette partie du pays ?

Amadou Toumani Touré :
C’est une question qu’il faut traiter toujours avec responsabilité en ayant comme préoccupation essentielle l’unité du pays et la nécessité d’oeuvrer pour que tous les fils du Mali se sentent chez eux et motivés à participer au processus de développement. Lors de cette crise, nous avons, tout en adoptant une fermeté sur les principes relatifs à l’intégrité du Mali, adopté la voie du dialogue. L’évolution des choses nous a donné raison.
Actuellement le Nord a retrouvé la paix et tout le monde y est mobilisé pour la mise en oeuvre du programme de développement issu du Forum de Kidal. Il permettra d’investir des centaines de milliards de Fcfa dans cette partie du pays (Tombouctou, Gao, Kidal). Lors de la tournée que je viens d’y effectuer dans le cadre de la campagne électorale, j’ai senti partout une grande adhésion des populations à ce projet, dans leurs diversités. C’est cette image du Mali riche de l’apport fécondant de ses différentes composantes qu’il faut préserver. Nos compatriotes peuvent compter sur moi pour qu’il en soit ainsi.

Question : Nous avons une communauté importante résidant à l’étranger. Quels sont vos projets pour les Maliens de l’extérieur ?

Amadou Toumani Touré :
Les Maliens de l’extérieur, par leur nombre et leurs compétences, constituent une grande chance pour le Mali. La gestion de nos compatriotes est au centre des priorités de politique extérieure. Il s’agit d’assurer leur sécurité et leurs biens ainsi que de préserver leur dignité afin qu’ils participent davantage au processus de développement Économique du pays : telles sont les raisons qui ont motivé la création d’un ministère spécifique.
Les efforts seront poursuivis pour améliorer les prestations des missions diplomatiques et consulaires au bénéfice de la communauté malienne, identifier les nouvelles actions à mener pour favoriser davantage leur implication dans le développement du pays et pour mieux valoriser l’image des Maliens et du Mali. Nous réaffirmons notre constant engagement à les assister et à les soutenir, tout en oeuvrant pour de nouveaux dispositifs d’appui à nos frères et soeurs de la diaspora.
Nous continuerons à être attentif au respect de leur dignité dans les pays d’accueil. C’est aussi l’occasion pour moi de redire que le Mali, au cours des cinq dernières années, n’a signé aucun de réadmission avec quelque pays que ce soit.

Question : Si vous êtes élu, quelles mesures prendrez vous en priorité dans les 100 premiers jours de votre mandat ?

Amadou Toumani Touré :
Si les Maliens me renouvellent leur confiance sur la base des réalisations du mandat qui s’achève et du Projet pour le développement Économique et Social (PDES) qui va structurer toutes nos actions, nous engagerons rapidement le pays sur les axes prioritaires suivants :
– Mieux organiser l’action publique pour soutenir efficacement les autres composantes du Programme,
– Améliorer la production primaire et assurer la sécurité alimentaire
– Mettre en place un environnement propice à l’émergence et au développement du secteur privé
– Insérer les femmes et les jeunes dans les circuits productifs
– Développer les secteurs sociaux
– Procéder aux indispensables reformes de société

Notre ambition sera ainsi de faire de l’Etat malien un modèle de bonne gouvernance au service des populations. Et dans cette perspective nous veillerons à ce que les hommes chargés de concrétiser, à tous les niveaux, cette ambition soient compétents, d’une grande probité et animé d’une foi sans faille en un Mali qui a les ressources nécessaires pour gagner.

Amadou Toumani Touré, le président sortant, est entré dans l’histoire dans un premier temps pour avoir pris une part décisive à la chute de la dictature du général Moussa Traoré en 1991, et avoir conduit la transition vers la IIIè République. L’officier des troupes d’élite qui a dirigé par deux fois le bataillon des paras commandos de Djicoroni est né le 4 novembre 1948 à Mopti. Il fit ses études primaires successivement à Mopti, Tombouctou et Sofara avant de fréquenter de 1966 à 1969, l’École normal secondaire de Badalabougou à Bamako, et de 1969 à 1972, l’École militaire interarmes de Kati où l’y a conduit sa passion du métier des armes. Mû par sa quête du savoir, ATT s’immergera dans une formation quasi-permanente jusqu’en 1990.
De 1974 à 1975, il fréquente l’École supérieur des troupes aéroportés de Riazan en ex-Union soviétique. Trois ans plus tard, il est admis au centre national d’entraînement des commandos (CNEC) à Montlouis en France. Entre 89 et 90, il est à l’École de guerre interarmées de Paris. En 1990, il entre avec la 42è promotion du cours interarmées à Paris. Parallèlement, il monte en grade. Lieutenant en 1974, il est capitaine quatre ans plus tard. En 1984, il est chef de bataillon puis lieutenant-colonel en octobre 1988. Il restera à ce grade jusqu’en 1992 après avoir renversé le régime du parti unique et conduit la Transition. Nommé général de brigade par le président Konaré le jour même de l’investiture de celui-ci, il devient, en 1996, général d’armée.

Déjà, il avait entamé une carrière internationale après avoir été sollicité pour de multiples médiations dans les crises secouant des pays africains comme la Centrafrique.
Parallèlement, il s’engage dans l’humanitaire en créant la Fondation pour l’enfance dirigée aujourd’hui par son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré. Il initie une campagne d’éradication de la poliomyélite et de la dracunculose (ver de Guinée). En 2002, il est candidat à l’élection présidentielle et l’emporte au deuxième tour.


Ibrahim Boubacar Kéïta

ibk-2.jpgQuestion : Monsieur Ibrahim Boubacar Kéïta, vous êtes candidat à l’élection présidentielle. Quelles sont les motivations profondes qui vous ont incité à briguer la magistrature suprême ?

Ibrahim Boubacar Kéïta :
La situation de désespoir que vit le peuple dont l’expression au quotidien nous parvient, particulièrement lors de nos déplacements à travers le pays ces jours-ci :
– la mauvaise gouvernance actuelle de notre pays,
– le recul de la démocratie,
– la corruption et les détournements de deniers publics,
– la grave crise de l’école malienne,
– le niveau élevé du chômage surtout des jeunes,
– la montée de la pauvreté comme l’atteste le dernier rapport du PNUD,
– le cauchemar que représente pour nos populations l’accès à l’eau potable et à l’électricité,
– la réduction drastique du pouvoir d’achat suite à la montée des prix des denrée de première nécessité,
– la précarité de la situation des travailleurs en général et celle des déflatés de nos sociétés et entreprises d’État en particulier,
– la situation des producteurs, surtout celle des cotonniers et des riziculteurs, etc…

Tout cela ne peut nous laisser indifférent et justifie que nous nous engageons aux côtés du peuple malien qui souffre : Dieu, le Mali, ma conscience est notre credo. Et ce ne sont pas les quelques finalisations de programmes initié depuis une décennie qui peuvent donner le change.
Les faits sont là, hélas -le constat est amer. Mais l’espoir est grand. C’est celui-là que nous souhaitons porter avec les hommes et les femmes engagés aux côtés de notre peuple.

Question : De quel projet êtes-vous porteur pour le Mali ?

Ibrahim Boubacar Kéïta :
Notre engagement constant a été, est et sera toujours, si Dieu le veut, pour :
– un Mali digne, debout, qui se développe dans l’intérêt de tous ses fils, ruraux comme urbains, de l’intérieur comme de l’extérieur.
– un Mali de justice, de respect pour tous, où les droits de chaque citoyen, de chaque communauté seront garantis effectivement et où chacun sera appelé à ses devoirs.
– un Mali de présence de qualité en Afrique et dans le monde.
– un Mali où la démocratie et la bonne gouvernance seront renforcées, où la paix, l’intégrité du territoire, la sécurité et la cohésion sociale seront assurées.
– un Mali fier de son histoire et de sa culture.


Question : La demande sociale est une donnée importante dans notre pays. Pensez-vous que les politiques menées jusqu’ici sont bonnes ou allez vous en proposer de nouvelles ?

Ibrahim Boubacar Kéïta :
La demande sociale est une donnée importante dans tous les pays y compris, le Mali. Elle peut prendre différents formes selon le degré de développement atteint et les éléments de la culture.
C’est peut dire que la demande sociale au Mali n’est pas aujourd’hui satisfaite. Loin s’en faut.

De bonnes politiques avaient été initiées, mais la mauvaise gouvernance, la corruption, le populisme les ont vidées de leur contenu. Il faudra les remettre sur les rails en les adaptant aux réalités d’aujourd’hui. Cette prise en compte des évolutions et des réalités du moment commande la mise en oeuvre de nouvelles politiques, de nouvelles reformes. C’est ce à quoi nous nous emploierons. InchAllah.

Question : La nécessité d’une plus grande représentativité des femmes au niveau des instances de prise de décision, semble rallier les suffrages même si la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été rejetée par l’Assemblée nationale. Que comptez vous faire personnellement pour la promotion politique de la femme ?

Ibrahim Boubacar Kéïta :
La promotion de la femme et pas seulement sa promotion politique, est indispensable au développement. C’est notre conviction profonde. C’est pourquoi nous sommes ouverts à toute mesure allant dans le sens d’une participation réelle et totale de la femme à tous les niveaux de la vie économique, sociale et culturelle du pays.

Pour autant, la question de la promotion de la femme ne saurait se ramener à une affaire du seul candidat. Elle doit s’inscrire dans une dynamique collective, consensuelle, qui passe par le renforcement des capacités de la femme, l’éducation depuis la jeune fille.
Bien sûr la recherche systématique et l’élimination des pesanteurs sociales qui entravent le plein épanouissement de la femme doivent constituer un combat de tous les jours.

Question : L’insurrection armée à Kidal et Ménaka et le forum de Kidal ont rappelé la spécificité de la situation dans le nord du pays. Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, que comptez-vous faire pour le développement des régions du nord et la consolidation durable de la paix dans cette partie du pays ?

Ibrahim Boubacar Kéïta :
Il n’y a pas de développement sans paix. Cela est valable pour les régions du nord et pour toutes les autres régions du Mali.
Si les Maliens nous accordaient leur confiance, avec la grâce de Dieu, nous nous attellerons au développement de l’ensemble des régions du Mali dans la paix et la sécurité. Nous disons bien paix et sécurité pour tous, y compris les forces armée armées et de sécurité et leurs familles qui ont été victimes d’actes de banditisme lors des événements de Kidal et de Ménaka avec mort d’innocentes victimes, destruction de biens et vol d’armes et de munitions. Ceci est, et reste, inadmissible. Le premier devoir du chef de l’Etat est d’assurer la sécurité des personnes et des biens. L’impunité dans ce domaine ne peut qu’encourager de tels actes odieux.

Cela dit, et nous allons nous répéter, nous sommes homme de paix partout au Mali particulièrement au Nord, dans le Monde.

Le Forum de Kidal, fort heureusement a pris en compte l’ensemble des régions du Nord et pas seulement la seule région de Kidal comme stipulé dans le fameux « Accord d’Alger » dont il a été dit beaucoup de choses sur lesquelles nous nous étendrons pas. Si les esprits s’apaisent, tant mieux.

Si le Forum de Kidal permet de mobiliser des ressources pour le développement des régions du Nord, nous en réjouissons. Quant à nous, nous emploierons, comme nous l’avons indiqué plus haut, à assurer à toutes les régions du Mali un développement harmonieux dans la paix et la sécurité pour tous.

Question : Nous avons une communauté importante résidant à l’étranger. Quels sont vos projet pour les Maliens de l’extérieur ?

Ibrahim Boubacar Kéïta :
Les Maliens de l’extérieur sont d’abord des Maliens et à ce titre ont droit à toute notre considération, à notre solidarité pleine et entière.
Le rôle que jouent les Maliens de l’extérieur dans le développement du pays est considérable et nous croyons, connu de tous. Les ressources transférées par eux en direction de leur pays d’origine dépassent largement, de loin l’aide publique au développement reçue. Cela illustre parfaitement le niveau de leur contribution et justifie celui de la considération et de l’estime qui leur est du.
Nous emploierons donc à défendre leurs intérêts dans les pays d’accueil et à faciliter leur insertion dans le pays d’origine à tous les niveaux.

Question : Si vous êtes élu quelles mesures prendrez-vous en priorité dans les 100 premiers jours de votre mandat ?

Ibrahim Boubacar Kéïta :
Compte tenu de la situation désastreuse dans laquelle se trouve plongé notre pays, de l’ampleur des attentes, nous disons que tous les domaines seront concernés. Chaque femme et chaque homme qui sera responsabilisé, devra considérer les tâches à lui confiées comme prioritaires, et sera jugé sur les résultats.

Le président de l’Assemblée nationale qui se présente pour la deuxième fois à l’élection présidentielle est né le 29 janvier 1945 à Koutiala. Il obtint son BEPC en 1962 au lycée Askia Mohamed de Bamako, puis son baccalauréat option « Philo Lettres Classiques » en 1965 au lycée Askia Mohamed de la capitale.
Titulaire d’un diplôme d’études approfondies en politique internationale de l’université de Paris I en 1978, il possède un autre DEA en histoire des relations internationales contemporaines toujours de Paris I. Il a été conseiller technique principal du FED, chargé de la mise en oeuvre du premier programme de micro-réalisations de la Communauté économique européenne au Mali. Son parcours passe également par un poste de directeur représentant de Terre des Hommes France (TDHF), une ONG française et internationale, pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Puis survint la révolution démocratique de mars 1991. Membre du parti ADEMA, il est nommé directeur adjoint de campagne du candidat Alpha Oumar Konaré aux élections présidentielles d’avril-mai 1992
Après l’investiture de ce dernier en juin 1992, il est nommé conseiller diplomatique et porte-parole du président de la République. Il restera à ce poste jusqu’en novembre 1992 quand il fut envoyé à Abidjan comme ambassadeur auprès de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Burkina- Faso et du Niger
Il y restera jusqu’en novembre 1993, avant d’être rappeler pour occuper le poste de ministre des Affaires étrangères, des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine. Le 4 février 1994 il est nommé Premier ministre. Il restera le chef du gouvernement jusqu’en février 2000. Pendant cette même période, il est élu président du parti ADEMA.
En 2001, il fonde le Rassemblement pour le Mali. L’année suivante, il est candidat à l’élection présidentielle. Éliminé au premier tour, il se présente aux élections législatives en Commune IV où il est élu dès le premier tour. Depuis 2002, il est le président de l’Assemblée nationale.


Mamadou Bakary Sangaré

blaise.jpgQuestion : Monsieur Mamadou Bakary Sangaré, vous êtes candidat à l’élection présidentielle. Quelles sont les motivations profondes qui vous ont incité à briguer la magistrature suprême ?

Mamadou Bakary Sangaré :


a) Je voudrai d’abord évoquer les prédispositions par l’éducation que j’ai reçue à savoir vivre avec les autres en groupe d’âge, faire de l’encadrement depuis ma jeunesse, répondre de ma communauté.

b) Mon cursus politique qui m’a inspiré (voir biographie)

c) Le sens de la responsabilité publique lié à ma formation de l’ENA.

d) La nécessaire implication des intellectuels dont le combat politique de leurs pays

Question : De quel projet êtes-vous porteur pour le Mali ?

Mamadou Bakary Sangaré :
Le substratum est d’abord la consolidation d’un environnement politique et juridique sain dans notre pays, fondé sur les valeurs de la démocratie et de la République.
Cette société sera engagée dans une voie de construction économique de type keynésien à savoir :

a) la définition claire de nos agrégats économiques en ressources, potentiels et valeurs.

b) La démarcation par secteurs public, parapublic et privé, la maîtrise du secteur informel.

Cette construction donnera une lisibilité telle que les décisions sur les investissements tant nationaux qu’étrangers seront porteurs de croissance économique.

Question : La demande sociale est une donnée importante dans notre pays. Pensez-vous que les politiques menées jusqu’ici sont bonnes ou allez-vous en proposer de nouvelles ?

Mamadou Bakary Sangaré :
De ce qui précède découleront alors l’amélioration des revenus de populations, l’adéquation formation emploi, la promotion des PME, le plein emploi et par voie de conséquence, la disparition de la faim, du chômage, de l’exil forcé, de la tendance à l’immigration.

Question : La nécessité d’une plus grande représentativité des femmes au niveau des prises de décision, semble rallier les suffrages même si la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été rejetée par l’Assemblée nationale. Que comptez vous faire personnellement pour la promotion politique de la femme ?

Mamadou Bakary Sangaré :
La démocratie est d’abord démographique. Où sont les femmes et dans quelle proportion ?
Pour moi, si nous nous battons depuis la base, pour que filles et garçons aillent à l’école dans les mêmes proportions, que la santé, l’alimentation, l’hygiène leurs soient garanties, l’égalité homme/femmes coulera de source.
Ma vision de la femme va de la fille à la femme vers la mère et cela de la campagne à la ville, ma vision n’est pas épiphénoménale.

Question : L’insurrection armée à Kidal et Ménaka et le forum de Kidal ont rappelé la spécificité de la situation dans le nord du pays. Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, que comptez-vous faire pour le développement des régions du nord et la consolidation durable de la paix dans cette partie du pays ?

Mamadou Bakary Sangaré :
Je ne vois pas le développement en termes de nord et du sud. Mon pays doit être développé harmonieusement. Les biens produits au sud et/ou au nord créent de la valeur nationale et cette valeur soit repartie en fonction des besoins par régions et pour le bonheur des populations.
S’agissant de la consolidation de la paix, je pense que de 1960 à ce jour, son approche a varié et que désormais l’Etat républicain doit prendre toutes ses responsabilités pour que le Mali reste uni et solidaire.

Question : Nous avons une communauté importante résidant à l’étranger. Quels sont vos projets pour les Maliens de l’extérieur ?

Mamadou Bakary Sangaré :
Je sais que nos compatriotes de l’étranger comptent pour beaucoup dans le Produit national brut (PNB) de notre pays. Grâce à leur apport des contrées entières du Mali s’émancipent. Aussi, je pense que leurs conditions de vie et de sécurité partout où ils résident, sont des priorités pour moi.


Question : Si vous êtes élu, quelles mesures prendrez-vous en priorité dans les 100 premiers jours de votre mandat ?

Mamadou Bakary Sangaré :

– Rétablir l’ordre politique républicain
– Mettre le pays au travail sur la base d’un programme économique précis et cohérent
– Rétablir l’ordre et la sécurité.

Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise est né le 16 novembre 1954 à Bamako. Après ses études fondamentales au Collège d’enseignement général, il obtient son DEF en juin 1972. Quatre ans plus tard, il passe le baccalauréat au lycée Sankoré. Il fréquente ensuite l’École nationale d’administration (ENA) entre 1976 et 1980, section Administration.
Avec ce diplôme, il est intégré à la fonction publique en 1980. Mamadou Bakary Sangaré est d’abord affecté au gouvernorat du district de Bamako entre 1980 et 1982 comme sous-ordonnateur du budget. De 1982 à 1983, il est en service à la direction administrative et financière de l’hôpital de Kati. De 1984 à 1988, Mamadou Sangaré est contractuel local de la Banque mondiale. Entre 1988 et 1991 il est Directeur administratif et financier au Conseil économique, social, puis directeur national de la Caisse des retraites du Mali entre 1992 et 1996.
Parallèlement à ces activités professionnelles, Mamadou B. Sangaré a mené une carrière politique intense. Jeune pionnier sous la première République, il fut ensuite membre de l’Union nationale des jeunes du Mali (UNJM), responsable de comité, sous-section, section de 1978 à 1989.
Il fut également membre de la Commission politique nationale du BEN et membre fondateur, secrétaire général, puis vice-président du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP) de 1991 à 1996. Il est membre fondateur, et président de la Convention sociale démocrate (CDS Mogotiguiya) depuis 1996.
Conseiller communal, membre du conseil de cercle de Bougouni, membre de l’Assemblée régionale de Sikasso, Mamadou Bakary Sangaré vient d’être élu récemment Conseiller national.
La CDS-Mogotoguiya, le parti qu’il dirige depuis sa création en 1996 compte 4 députés à l’Assemblée nationale et environ 200 conseillers communaux dont plusieurs maires, conseillers de cercle et conseillers régionaux.

Tiébilé Dramé

tiebile.jpgQuestion : Monsieur Tiébilé Dramé, vous êtes candidat à l’élection présidentielle. Quelles sont les motivations profondes qui vous ont incité à briguer la magistrature suprême ?

Tiébilé Dramé :
Je suis candidat à l’élection présidentielle parce que le Mali va mal, parce qu’il est urgent de le redresser et de le mettre sur le chemin du développement en vue de préparer un meilleur avenir pour nos enfants.
Pendant ces cinq dernières années, malgré l’accalmie résultant de la gestion consensuelle du pays, les réformes essentielles n’ont pas été entreprises. La pauvreté et les inégalités se sont aggravées, de nombreuses familles ont du mal à joindre les deux bouts, à assurer leurs besoins fondamentaux.
La gestion des problèmes de notre pays a relevé plus de l’improvisation, du bricolage que d’une action réfléchie et exécutée avec rigueur.

Question : De quel projet êtes vous porteur ?

Tiébilé Dramé :
Je suis porteur d’un projet de relèvement et de redressement du pays, d’un projet de renaissance nationale qui passe par des réformes courageuses en matière d’école de politique de formation (en faisant de l’enseignant l’épicentre du système éducatif), de politique de rénovation industrielle, de création d’emplois. En somme, je propose un Mali différent de celui que nous connaissons.
Nous sommes parmi les derniers dans le classement de l’Indice de développement humain, ce n’est pas reluisant. Pourtant nous sommes assis sur de l’or, au propre comme au figuré.
Le Mali mérite un leadership compétent et efficace pour régler les problèmes du pays.


Question : La demande sociale est une donnée importante dans notre pays. Pensez vous que les politiques menées jusqu’ici sont bonnes ou allez vous en proposer de nouvelles ?

Tiébilé Dramé :
Si les politiques jusqu’ici suivies étaient efficaces, il aurait été inutile d’en proposer d’autres. Hélas ce n’est pas le cas. Dans un pays où tous les secteurs sont des priorités absolues il faut éviter une gestion qui consiste à faire croire qu’on est en train de répondre à des besoins quand on a même pas pris soin de les analyser conséquemment.
Mon ambition est d’œuvrer à l’édification d’un Mali où il y aura moins de pauvres, un Mali où les enfants seront bien éduqués, un Mali où les habitants seront soignés et logés.
C’est pourquoi je pense qu’il faut au Mali une gouvernance démocratique moderne et prévisible qui est à l’opposé du tâtonnement et de l’improvisation auxquels nous assistons depuis quelques années.

Question : La nécessité d’une plus grande représentativité des femmes au niveau des prises de décision, semble rallier les suffrages même si la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été rejetée par l’Assemblée nationale. Que comptez vous faire personnellement pour la promotion politique de la femme ?

Tiébilé Dramé :
Tôt ou tard, il faudra arriver à cette représentativité et à mon sens la décision de l’Assemblée nationale n’a fait que différer une échéance inéluctable… N’oubliez pas qu’elles représentent près de 51 % de notre population. Peut-on raisonnablement exclure une frange si importante de la nation ?
A mon sens c’est aux femmes elles mêmes qu’il revient de se battre et moi à leur côté pour arracher la reconnaissance qui leur est due, la victoire n’en sera que plus belle et son impact plus durable… Nous avons tous vu de quoi la femme malienne est capable à chaque étape des luttes que notre peuple a entreprises et dans sa bataille contre des quotidiens de plus en plus difficiles.
La politique que je mettrai en œuvre dès mon élection sera de créer les conditions visant à favoriser une réelle promotion et un réel épanouissement de la femme par une politique de scolarisation, de formation et d’emploi pour une participation plus active dans la vie de la cité.

Question : L’insurrection armée à Kidal et Ménaka et le forum de Kidal ont rappelé la spécificité de la situation dans le nord du pays. Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, que comptez-vous faire pour le développement des régions nord et la consolidation durable de la paix dans cette partie du pays ?

Tiébilé Dramé :
Pour moi une autre politique du nord est possible, nécessaire et même indispensable. Elle aura pour objectif, l’unité, la cohésion et l’intégration nationales dont les piliers seront la sécurité, la stabilité et le développement mis en œuvre avec détermination, esprit de suite et détermination.
J’envisage la création d’un grand ministère chargé du développement des régions sahariennes et sahéliennes afin que les problèmes du Nord soient chaque semaine autour de la table du gouvernement. A la Présidence de la République, une cellule stratégique chargée de l’unité et de l’intégration nationales sera créée.
Je prendrai des mesures en vue de créer dès 2008 des internats dans les lycées de Tombouctou, Gao et Kidal pour favoriser le brassage entre les générations montantes et donner l’occasion à des jeunes originaires d’autres régions du Mali de s’imprégner des réalités sociologiques, culturelles et linguistiques du Nord.
Je veillera particulièrement à la restauration de l’État au Nord, à sa crédibilité et au renforcement de ses symboles aujourd’hui dévalués. Je mettrai fin à l’État insouciant. Je veillerai à l’équilibre des relations entre le Mali et les pays d’Afrique du nord et de ceux du Moyen Orient.
Enfin je vais rompre avec l’immobilisme qui a caractérisé ces cinq dernières années et dont les événements du 23 mai 2006 ne sont que la conséquence.

Question : Nous avons une communauté importante résidant à l’étranger. Quels sont vos projets pour les Maliens de l’extérieur ?

Tiébilé Dramé :
Les Maliens de l’extérieur constituent avec la paysannerie la deuxième mamelle nourricière de notre pays. Ils jouent un rôle économique de premier plan et constituent un immense atout humain, culturel et politique pour notre pays. Ils contribuent au rayonnement du Mali. Il faut louer leur courage et leur engagement pour le Mali.
Je veillerai à ce qu’ils soient traités partout avec respect et dignité. Je ferai de leur protection et de leur sécurité une question cardinale des relations entre le Mali et les pays d’accueil et j’assurerai à leur intention des services consulaires de qualité.
Je demanderai au gouvernement français la régularisation des sans-papiers, la délivrance de visas de longue durée et à entrées multiples dans les pays occidentaux. Je mettrai en place, à leur intention, un cadre incitatif pour l’investissement de leur épargne.
Je créerai la Maison du Tounkaranké qui sera un centre d’études, de documentation, d’information et d’orientation pour les émigrés.
Nos compatriotes de l’extérieur seront au centre de ma politique et feront l’objet de toutes les attentions.

Question : Si vous êtes élu, quelles mesures prendrez vous en priorité dans les 100 premiers jours de votre mandat ?

Tiébilé Dramé :
Je créerai un ministère chargé du développement des régions sahéliennes et sahariennes.
Je doterai tous les centres de santé communautaires du pays de sages-femmes et de médecins.
Je créerai auprès du président de la République une cellule chargée de l’unité, de la cohésion et de l’intégration nationales.
Je ferai chanter l’hymne national dans toutes les écoles du Mali dès la rentrée scolaire 2007 pour permettre la patrie Mali au centre des préoccupations. J’introduirai l’enseignement des NTIC (Nouvelles technologies de l’information et de la communication) et celui des droits de l’homme à l’école.
Je mettrai en place un gouvernement de responsabilité nationale.
J’instaurerai l’égalité de tous les commerçants devant le cordon douanier.
J’ai une idée très claire, longtemps réfléchie, de ce que sera notre pays et je me donnerai les moyens de ma politique… tous les moyens.

Né le 9 juin 1955 à Nioro du Sahel où il fit ses études primaires, Tiébilé Dramé fut orienté au lycée de Badalabougou en 1971, après son diplôme d’études fondamentales (DEF). Titulaire du baccalauréat en 1974, il fit son entrée à l’École normale supérieure (section lettres modernes). Sorti en 1979 avec le diplôme de l’ENSup, il est affecté au lycée Prosper Kamara comme professeur de lettres. Il s’est rendu ensuite à Paris pour s’inscrire au Centre de recherches africaines à l’Université de Paris I où il a décroché un diplôme d’études approfondies en 1982. Nanti de ce parchemin, il devient chargé de cours associé à l’INALCO de Paris III, puis chercheur au secrétariat international d’Amnesty international à Londres. Il a été directeur adjoint de la mission civile internationale des Nations-Unies en Haïti en 1994 puis consultant pour les Nations-Unies au Burundi, au Togo et en Tanzanie.
Tiébilé Dramé fut ministre des Affaires étrangères et des Maliens de l’Extérieur pendant la Transition. Sous Alpha Oumar Konaré, il a été nommé ministre des Zones arides et Semi-arides.
Président du Parti pour la renaissance nationale (Parena), Tiébilé Dramé a dirigé le comité d’organisation du 23è sommet Afrique-France tenu à Bamako en décembre 2005.

Soumeylou Boubèye Maïga

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Question : Monsieur Soumeylou Boubèye Maïga, vous étés candidat à l’élection présidentielles. Quelles sont les motivations profondes qui vous ont incité à briguer la magistrature ?

Soumeylou Boubèye Maïga :
J’ai inscrit ma candidature dans un devoir de mémoire et une obligation de fidélité envers la lutte pour une société démocratique et de progrès pour tous, dans laquelle, je suis engagé depuis quasiment toujours. Ayant fait le constat d’un déficit de perspective lié d’une part au recul des principes démocratiques et républicains, d’autre part à la détérioration profonde des conditions de vie de la grande majorité de nos concitoyens, j’ai estimé que je peux fédérer les énergies pour contribuer à changer la vie de ceux qui souffrent le plus, à refonder le compromis social sur les valeurs démocratiques et républicaines. Rompant ainsi avec une gouvernance erratique et redonnant confiance en notre capacité collective à bâtir une société juste, solidaire en mouvement vers l’avant au bénéfice du plus grand nombre.


Question : De quel projet êtes-vous porteur pour le Mali ?

Soumeylou Boubèye Maïga :
Les axes majeurs de mon projet portent sur la démocratie, la liberté, la justice et la solidarité. Ces axes induisent :

• une gouvernance reposant sur un État de droit, la liberté et la responsabilisation pleine et entière des citoyens et des collectivités territoriales.

• la renaissance de l’autorité et de l’impartialité de l’Etat, la réhabilitation de la mission de service public et le renforcement de la morale et de l’éthique publiques.

• la reconnaissance du pluralisme de notre nation, ouvrant ainsi la possibilité d’aménager, sur la base de la loi, des conditions dérogatoires au bénéfice de collectivités territoriales et de groupes sociaux destinées à rattraper des retards liés à l’histoire et/ou à la géographie.

• promouvoir une politique de solidarité renforcée mettant à la disposition de tous les Maliens un Minimum Social Commun, comportant l’eau, l’éducation et la santé de base, sans lequel toute politique de développement est vaine.

• organiser une nouvelle dynamique d’efficacité économique, d’équité territoriale et d’émergence de pôles économiques régionaux compétitifs au plan interne et externe.

• garantir les droits et libertés des Maliens de l’extérieur et œuvrer à leur implication dans le développement économique du pays à travers l’amélioration du cadre juridique d’investissement de leur ressources.


Question : La demande sociale est une donnée importante dans notre pays. Pensez-vous que les politiques menées jusqu’ici sont bonnes ou allez-vous en proposer de nouvelles ?

Soumeylou Boubèye Maïga :
L’acuité de la demande sociale me conforte dans l’idée que la générosité affichée d’une politique ne suffit pas à en assurer ni la mise en œuvre ni le succès. Il faut une volonté et une capacité réelles, un souci d’efficacité et de crédibilité. Les politiques actuelles pèchent par leur inefficacité parce qu’elles ne se donnent pas les moyens d’atteindre les objectifs proclamés, demeurant captives de pratiques centralisatrices et bureaucratiques ainsi que d’intérêts particuliers.
On ne peut pas expliquer autrement la persistance voire l’aggravation de la précarité, de la pauvreté et de l’exclusion de la grande majorité des Maliens dans l’accès à l’eau, à la santé et à l’éducation entre autres pour lesquels le pays dispose de ressources importantes et d’un cadre législatif et réglementaire adéquat.
Cela pose un réel problème de crédibilité du discours politique quand on constate par exemple que les pauvres achètent l’eau 10 à 20 fois plus cher sans qu’aucun mécanisme de correction ne soit mis en œuvre.
Tous ces secteurs de proximité doivent être gérés par les exécutifs locaux qui deviendraient par là-même des prestataires de services effectifs au profit des populations. De même que l’effort de solidarité nationale doit être dispensé dans le respect strict de l’impartialité de l’Etat et de la puissance publique en général, sans considération partisane comme cela a été malheureusement souvent constaté.

Question : La nécessité d’une plus grande représentativité des femmes au niveau des prises de décision, semble rallier les suffrages même si la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été rejetée par l’Assemblée Nationale. Que comptez vous faire personnellement pour la promotion politique de la femme ?

Soumeylou Boubèye Maïga :
J’engagerai une révision de la constitution qui permettra notamment, par une modification du mode de scrutin, d’assurer une représentativité politique des femmes reflétant mieux leur poids dans la société, leur implication et leur dynamisme dans la vie nationale.

Question : L’insurrection armée à Kidal et Ménaka et le forum de Kidal ont rappelé la spécificité de la situation dans le Nord du pays. Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, que comptez-vous faire pour le développement des régions du Nord et la consolidation durable de la paix dans cette partie du pays ?

Soumeylou Boubèye Maïga :
Je pense que la prise en compte des spécificités des régions du Nord doit reposer sur la loi. C’est à ce prix que les dérogations accordées seront acceptées par toute la nation et ne seront pas perçues comme une prime à la révolte, d’autant plus que la loi pourrait s’appliquer ailleurs. Et que les stratégies de développement des régions en question pourront être envisagées avec sérénité, dans la durée, sans être enfermées dans un calendrier irréaliste dont la non exécution peut donner lieu à de nouvelles explosions.
C’est pourquoi j’adhère à l’idée de République une et indivisible mais plurielle à l’intérieur de laquelle les collectivités territoriales peuvent bénéficier de discriminations positives pour rattraper des retards liés à l’histoire et à la géographie, et permettre l’épanouissement des particularismes et spécificités. C’est pourquoi j’ai aussi l’intention d’ériger les régions du Nord en Zones Économiques Spéciales en y appliquant le volet Zones Franches du code des investissements pour y développer une plus grande activité économique et y promouvoir l’emploi salarié.
J’en ferai également des régions pionnières dans le cadre de l’accélération du processus de décentralisation. L’objectif est de renforcer avant la fin de l’année leurs capacités administratives et financières pour en faire des prestataires de services au bénéfices des populations, permettant par la même occasion aux élus et aux leaders de bâtir une légitimité sur leur capacité de management et l’impact de leur gestion sur la vie des populations.
C’est là pour moi la meilleure réponse à la fois aux revendications des populations et à notre attachement à la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale ainsi qu’à la nécessaire re-fondation d’un État réconcilié avec les citoyens et à l’exigence de démocratisation de la gestion des affaires publiques.

Question : Nous avons une communauté importante résidant à l’étranger. Quels sont vos projets pour les Maliens de l’extérieur ?

Soumeylou Boubèye Maïga :


• Garantir leurs droits et leurs libertés dans le cadre d’accords bilatéraux et multilatéraux de libre circulation et de droit au séjour, en dénonciation de la tendance actuelle à la criminalisation des flux migratoires.

• Promouvoir des politiques incitatives d’investissement et de sécurisation de leurs ressources dans le développement économique et social du pays.

Question : Si vous êtes élu, quelles mesures prendrez-vous en priorité dans les 100 premiers jours de votre mandat ?

Soumeylou Boubèye Maïga :
Mes mesures prioritaires porteront sur la satisfaction de la demande sociale et la mobilisation de l’ensemble de la nation dans la lutte contre la précarité et l’exclusion.

• Réduire de moitié les prix des céréales en utilisant au besoin les ressources issues des fonds PPTE dont la vocation est de contribuer à la lutte contre la pauvreté, donc à faciliter notamment l’accès à l’alimentation.

• Convoquer un Forum sur le Minimum Social Commun (Eau- Education -Santé) en vue de rendre effective la gestion des secteurs concernés par les Mairies à partir de la rentrée scolaire 2007-2008.

• Proclamer l’Education, Grande Priorité Nationale.

• Accorder une allocation à tous les enfants de 0 à 18 ans sans considération de la situation salariale des parents pour couvrir l’accès gratuit à l’école et à la santé de base.

• Fixer un prix unique de l’eau au consommateur final sur l’ensemble du territoire.

• Engager les concertations pour recruter dans la Fonction Publique Territoriale tous les jeunes contractuels

Soumeylou Boubèye Maïga est né le 8 juin 1954 à Gao où il obtint son diplôme d’études fondamentales (DEF) en 1970. Orienté au lycée de Badalabougou (série philo-lettres), il a passé la deuxième partie du baccalauréat en 1975, avant de s’inscrire au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de l’Université de Dakar.
Titulaire d’un diplôme supérieur de journalisme après trois années d’études, Soumeylou Boubèye Maïga rentre au bercail. Embauché dans la Fonction publique, il est affecté à l’Essor puis au journal Sunjata dont il assuma la rédaction en chef de 1980 à 1990.
Entre-temps, il s’est inscrit en 1986 à l’Université de Sceaux (Paris sud) où il obtint un diplôme d’Études supérieures spécialisées (DESS) de diplomatie et administration des organisations internationales en 1987. Parallèlement, il a suivi des cours à l’Institut international d’administration (IIAP) de Paris où il décrochera un diplôme de relations économiques internationales.
Après les événements de mars 1991, Soumeylou Boubèye Maïga entre au cabinet du président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP) Amadou Toumani Touré, en qualité de conseiller spécial d’avril 1991 à juin 1992. Il devient en 1992, chef de cabinet du président de la République Alpha Oumar Konaré, nouvellement élu.
En janvier 1993, il est nommé directeur général de la Sécurité d’État. Un poste qu’il occupera jusqu’en février 2000. Il fut ensuite, jusqu’en 2002, ministre de la Défense et des Anciens combattants.
Soumeylou Boubèye Maïga a dirigé le Comité d’organisation du sommet des chefs d’État et leaders de la Communauté des États sahélo-sahariens tenu à Bamako en 2004.


Mme Sidibé Aminata Diallo

aminata.jpgQuestion : Mme Sidibé Aminata Diallo, vous êtes candidate à l’élection présidentielle. Quelles sont les motivations profondes qui vous ont incitée à briguer la magistrature suprême ?

Mme Sidibé Aminata Diallo :
La candidature à une élection présidentielle répond à de nombreuses motivations. Tout d’abord il s’agit d’apporter des idées neuves dans le champ politique, des solutions idéales qui nous placeraient dans l’orbite du développement.

Question : De quel projet êtes-vous porteuse pour le Mali ?

Mme Sidibé Aminata Diallo :
Mon projet de societé vise à rétablir un équilibre environnemental et des sécurités durables je suis également porteuse d’un message aux femmes maliennes pour leur dire qu’elles doivent occuper leur place sur l’échiquier politique, prendre la parole et défendre leur point de vue sur toutes les scènes. Je pense avoir atteint un premier objectif qui était de franchir l’étape de la création d’un parti et de faire valider la candidature par la Cour constitutionnelle.

Question : La demande sociale est une donnée importante dans notre pays. Pensez vous que les politiques menées jusqu’ici sont bonnes ou allez-vous en proposer de nouvelles.

Mme Sidibé Aminata Diallo :
Les politiques sociales menées jusqu’à présent ont eu des retombées sur la bonne gouvernance même si l’indice de classification du Mali dit autre chose. Je pense qu’il faut les développer davantage et en prendre de nouvelles pour les femmes et les jeunes. Je compte développer les emplois de proximité dans les quartiers pour les jeunes en milieu urbain et valoriser les savoirs ancestraux en milieu rural pour créer des emplois. La lutte contre l’insalubrité à l’échelle nationale va créer aussi des emplois, le développement des micro crédits à un taux intéressant peut toucher une forte population féminine et créer des emplois durables.

Question : La nécessité d’une plus grande représentativité des femmes au niveau des prises de décision, semble rallier les suffrages même si la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été rejetée par l’Assemblée nationale. Que comptez vous faire personnellement pour la promotion de la femme ?

Mme Sidibé Aminata Diallo :
La promotion politique de la femme doit être faite par elle même. Je m’engage si je suis élue à mettre davantage l’accent sur l’équité et la complémentarité de la représentation homme/femme dans tous les secteurs, à commencer par la sphère politique qui est la sphère de décision. Je m’engage à faire appliquer les lois et décisions qui existent mais qui sont peu valorisées parce que la volonté politique n’en fait pas une priorité.
Je m’engage à insuffler une plus grande dynamique dans les activités politiques et économiques des associations et organisations des femmes. Je suis déterminée à monter à l’échelle avec la promotion politique de la femme.

Question : Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, que comptez-vous faire pour le développement des régions du Nord et la consolidation durable de la paix dans cette partie du pays ?

Mme Sidibé Aminata Diallo :
L’insurrection armée à Kidal et à Ménaka a permis de mettre en lumière la situation particulière des régions septentrionales du Mali.
Mon combat porte sur la préservation des ressources et la capacité d’un pays aux équilibres fragiles. N’oublions pas que les deux tiers du pays sont situés dans les zones naturelles du Sahara et du Sahel. Comment réduire la dépendance alimentaire du Nord face au reste du pays ? Comment réduire les difficultés des populations du Mali septentrional dans la recherche au quotidien des biens essentiels comme l’eau et la nourriture ? Comment adoucir le quotidien des hommes et des femmes en leur apportant des équipements de proximité, les dispensaires, les écoles, une administration déconcentrée efficace, des hôpitaux, en somme des biens et services de première nécessité ?
Le forum de Kidal et ses conclusions devraient permettre de répondre à tous ces défis. La paix reste une valeur sûre pour notre pays et il faut se donner les moyens de la rendre durable
Je m’inscris dans la logique de la solution de paix parce que le conflit fragilisera davantage cette région où tout reste à faire.
Faire l’économie d’une guerre me semble une stratégie de raison. N’oublions pas que le Sahara, le désert chaud le plus vaste du monde, est devenu un espace très vulnérable. Les pays sahariens, le Maghreb et subsahariens immédiats (Mali, Mauritanie, Niger, Tchad pour l’Afrique de l’ouest) doivent rester très vigilants pour assurer la sécurité de leurs populations. Le Mali doit intensifier la mise en valeur de son espace saharien et sahélien en le reliant au sud par les infrastructures routières et en lui ménageant des ouvertures sur le Maghreb.

Question : Nous avons une communauté importante résidant à l’étranger. Quels sont vos projet pour les Maliens de l’extérieur ?

Mme Sidibé Aminata Diallo :
La communauté malienne résidant à l’étranger est l’une des populations cibles dont j’incarne les idéaux et les aspirations. J’ai milité activement en son sein en France et continue à le faire ici à Bamako depuis 2002. Ma candidature est leur candidature, nous avons élaboré des programmes spécifiques à des contextes spécifiques. Je compte développer ces programmes et projets pour améliorer la participation de la communauté résidant à l’extérieur au développement économique du Mali là ou elle peut valablement être utile et constructive.


Question : Si vous êtes élue, quelles mesures prendrez-vous en priorité dans les 100 premiers jours de votre mandat.

Mme Sidibé Aminata Diallo :
Les premiers jours seront consacrés à la lutte contre l’insalubrité en période des pluies pour lutter contre le paludisme qui tue plus que le Sida. Les chiffres en attestent. Je m’emploierai à développer un programme de subvention des céréales pour en abaisser le prix, à soutenir l’accès des associations et organisations féminines du micro crédit.

Mme Sidibé Aminata Diallo sera donc la première femme à briguer la magistrature suprême. C’est une première historique dans notre pays. Cette dame très active dans la défense de l’Environnement, est née il y a 50 ans. Professeur à l’Université de Bamako, elle possède un doctorat en aménagement et urbanisme. Elle fit ses études secondaires et primaires à Bamako et décrocha son baccalauréat au lycée Notre Dame du Niger.
Elle ira ensuite poursuivre ses études à Dakar au Sénégal et à Toulouse en France où elle obtient son doctorat en 1984. Mme Sidibé Aminata Diallo a été pendant quatre ans assistante à l’université du Burundi (de 1986 à 1989). Elle fut également chargée de programme à l’Unesco (division Eau et Assainissement). Mme Sidibé Aminata Diallo est, périodiquement, consultante pour le même organisme onusien.
Comme nous l’écrivions dans une de nos rubriques, contrairement à ce que pourraient penser certains, Mme Sidibé Aminata Diallo n’est pas une illustre inconnue. Professeur à l’Université de Bamako, cette femme est une militante active pour la cause de l’environnement. Elle organise, notamment, des sessions de formation pour les jeunes en faveur de l’assainissement.
L’éducation à l’environnement est justement le credo du Rassemblement pour l’éducation à l’environnement et au développement durable (REDD), le parti que préside la candidate.
Celle qui entend mettre la préservation de l’environnement au coeur de la campagne, annonce vouloir faire de la politique « concrétiste » qui consiste à sortir des débats théoriques pour s’attaquer concrètement aux vrais problèmes des Maliens.


Madiassa Maguiraga

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Question : Monsieur Madiassa Maguiraga, vous êtes candidat à l’élection présidentielle. Quelles sont les motivations profonds qui vous ont incité à briguer la magistrature suprême.

Madiassa Maguiraga :
Depuis que j’ai terminé mes études, les gouvernements successifs du Mali n’ont pas voulu faire usage de mes compétences, et cela, jusqu’à l’heure où j’écris ces lignes. Je suis rentré d’abord en mai 1970, j’ai été contraint de repartir aussitôt. De plus, quand je suis rentré définitivement au Mali, suite à l’instauration de la démocratie, mon entreprise privée a connu toutes les difficultés imaginables.
Sur la base de mon expérience au Mali, j’ai conclu que les hommes politiques maliens dirigeants sont opposés au développement du Mali parce qu’ils refusent d’exploiter les ressources humaines exceptionnelles.
Parce que je suis soucieux de l’avenir de mon pays, il n’est pas possible que je reste à l’écart lorsque le peuple doit choisir son président. Par cette même occasion, je peux présenter aux Maliens mes idées sur les voies à suivre pour le développement.

Question : De quel projet êtes vous porteur pour le Mali.
Madiassa Maguiraga :
Si on veut attaquer le problème du décollage économique et social du Mali, il faut résoudre les problèmes des salaires, de l’emploi et des mines. Tout chef d’État malien qui s’attaquera à ces problèmes mettra le Mali sur la voie du développement. Ce président doit être patriote. Cette qualité se prouve par les actes.

• Le salaire : Il faut tripler le salaire du travailleur malien. Ainsi, son rendement sera meilleur et l’économie tournera mieux. Pas question de dire qu’on n’a pas l’argent pour le faire. Cet argent est là puisque les salaires des députés ont subi des hausses vertigineuses. Cet argent est là puisqu’on ose payer le Vérificateur à plus de 3 millions par mois. Cet argent est là puisque la masse salariale actuelle est de 150 milliards et les recettes de l’Etat sont à 700 milliards.

• L’emploi : J’ai toujours dit que pour un pays sous-développé, si une personne nous dit qu’il n’y pas d’emploi, cette personne se moque de nous ou alors cette personne manque totalement d’imagination. L’emploi, on le crée. Dans un pays en retard c’est bien là qu’il a beaucoup à créer. Il y a des usines industrielles à implanter dans les domaines de consommation de la population et dans les domaines rentables d’exportation. Voyons ce que les autres font et battons-les à la concurrence.

• Les mines d’or : Un président du Mali qui cherche le bonheur de son peuple doit convaincre ce peuple que nous tirons de l’or le maximum de profit possible. Je promets, si je suis élu, de mettre immédiatement en place une commission des anciens présidents, Premiers ministres, ministres des Finances, ministres des Mines, afin qu’ils examinent tous les contrats passés et leur mode d’exécution. Leurs recommandations s’imposeront à tous. Il n’est pas normal que l’on soit assis sur de l’or et que l’on fasse le mendiant.

Question : La demande sociale est une donnée importante dans notre pays. Pensez vous que les politiques menées jusqu’ici sont bonnes ou allez-vous en proposer de nouvelles ?

Madiassa Maguiraga :
J’ai parlé d’un réajustement obligatoire des salaires et de l’implantation des industries. Si on ne s’attaque pas à ces problèmes fondamentaux, les revendications sociales ne finiront jamais.
Le sacrifice doit venir en premier lieu du président lui même. Et dans ce monde globalisé où l’information est instantanément disponible, on ne peut plus réprimer une revendication sociale.

Question : La nécessité d’une plus grande représentativité des femmes au niveau des prises de décision, semble rallier les suffrages même si la proposition d’introduire des quotas dans la loi électorale a été rejetée par l’Assemblée nationale. Que comptez vous faire personnellement pour la promotion de la femme ?

Madiassa Maguiraga :
Je suis pour des actions qui favorisent une meilleure éducation des femmes. Un accent peut être mis sur la science. Je suis aussi d’accord pour la fin de toute discrimination des femmes dans l’emploi et je suis favorable à un dédommagement des victimes des discriminations passées. Dans tout les cas, c’est dans l’éducation et la formation professionnelle qu’on peut réaliser une action durable.


Question : Au cas où les Maliens vous accorderaient leur confiance, que comptez-vous faire pour le développement des régions du Nord et la consolidation durable de la paix dans cette parti du pays ?

Madiassa Maguiraga :
Les problèmes récents de Kidal proviennent, à mon avis, du fait que les accords précédents ont été mal appliqués et mal suivis. Le développement du Nord doit réellement profiter à ceux qui habitent les régions du Nord, pas à leurs frères ou leurs chefs résidant à Bamako.
Plus généralement, les programmes de développement doivent s’étendre aux autres zones défavorisées du Mali. Je pense à la région de Kayes qui nous donne de l’électricité, de l’or, et des transferts d’argent de l’extérieur, mais qui est à la traîne des autres régions sur le plan du développement.


Question : Nous avons une communauté importante résidant à l’étranger. Quels sont vos projet pour les Maliens de l’extérieur ?

Madiassa Maguiraga :
Les ressortissants de la région de Kayes ont toujours eu une tradition d’immigration, et cela depuis la période coloniale. Après quelques années de travail à l’étranger, ils rentrent presque tous au Mali.
Il est grand temps que le Mali leur apporte l’encadrement nécessaire au départ vers l’extérieur comme au retour au Mali. Des accords avec les pays d’accueil peuvent permettre le départ d’une quantité de travailleurs chaque année.


Question : Si vous êtes élu, quelles mesures prendrez-vous en priorité dans les 100 premiers jours de votre mandat.

Madiassa Maguiraga :
Si je suis élu président de la République au Mali, dans les 100 premiers jour de mon mandat, j’apporterai une priorité aux actions suivantes :

1. Constituer un gouvernement d’hommes et femmes réputés patriotes et intègres

2. Autoriser la télévision privée

3. Revoir le budget de l’Etat en vue de procéder aux augmentations de salaires

4. Constituer une commission des anciens dignitaires maliens pour étudier les contrats de mines.

Madiassa Maguiraga est né à Nioro du Sahel le 10 février 1943. Il effectue ses études universitaires d’ingénieur en électronique de 1961 à 1969 aux États-Unis où il a obtenu le B.S. de l’Université du Connecticut, le M.S. de l’Université de New Mexico et le Ph.D de Purdue University. Selon des données fournies par le candidat lui-même, il fut le premier Malien à obtenir un doctorat d’ingénieur.
Et cela à l’âge de 26 ans. En sa qualité de « Search assistant », il a été chargé de 1967 à 1968, à Purdue University d’un projet de la Nasa relatif au « Contrôle optimal avec minimisation de la sensibilité des trajectoires pour les fusées Saturne V » de la mission lunaire Apollo.
Sur le plan académique, il a enseigné à l’Université de la science et de la technologie au Ghana en 1971. Il a aussi enseigné et effectué des travaux de recherche et fut chef du département de « Electrical engeneering » à Tuskegee University aux États-Unis, de 1972 à 1976. Il a été professeur et chef du département Électricité à la faculté polytechnique de l’Université de Kinshasa de 1977 à 1992 quand la République Démocratique du Congo s’appelait encore le Zaïre.
Rentré au pays, il crée en 1994, le Centre international des technologies avancées (CITA). On y délivre après deux ans des « diplômes universitaires de techniciens supérieurs », et après cinq ans des « diplômes d’ingénieur ».
Il se lance ensuite dans la politique en créant le Parti populaire progressiste (PPP) puis se porte candidat à l’élection présidentielle de 2002. Il est classé 13è sur 24 candidats.

L’Essor du 26 avril 2007.