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Le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, affûte ses armes dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012. Son parti a élaboré un budget prévisionnel de sept milliards de F Cfa pour les besoins de la campagne électorale et ses clubs de soutien cherchent à l’adouber d’un appui des leaders religieux.

«Profiter du mois béni du ramadan pour implorer le tout puissant Allah dans sa miséricorde pour qu’il instaure la paix au Mali afin que les élections générales de 2012 se fassent dans la concorde et la tranquillité». Tel est l’objectif d’une cérémonie de lecture de Coran, suivie d’une rupture collective de jeun, le 19 août 2011. L’initiative est l’œuvre de la Coordination Nationale des clubs de Soutien (Cns) au Pr. Dioncounda Traoré, candidat à l’élection présidentielle de 2012 sous les couleurs de l’Alliance pour la Démocratie au Mali (Adéma-PASJ). La Cns- Pr. Dioncounda Traoré est dirigée par l’ancien leader estudiantin, Issa Mariko.

«L’élection présidentielle dépasse le cadre strict du parti. Notre travail vient en appoint à celui du parti», a souligné Mr. Mariko. Il a indiqué que cette coordination était constituée de militants de nombreux partis politiques, de coopératives et même de syndicalistes. «Ces structures ne peuvent pas militer dans un parti. Le club est donc une opportunité…» a-t-il lancé. Issa Mariko se défend de l’idée que cette cérémonie ait été réalisée pour recueillir des bénédictions non pour le pays, mais pour leur candidat. «Nous évitons de faire des bénédictions pour notre candidat seul. Nos bénédictions pour le pays équivalent à des bénédictions pour notre candidat» a-t-il nuancé. Il faut dire que le candidat lui-même n’a pas pris part à la cérémonie.

Quelles sont les chances du candidat Traoré ?

«Dioncounda Traoré gagnera l’élection présidentielle sans problème. Nous sommes convaincus de cela», a tranché littéralement Issa Mariko.

L’Adéma-PASJ est considérée comme le plus grand parti du Mali. A ce titre, des politologues estiment qu’un candidat de ce parti «a deux chances sur trois de remporter l’élection présidentielle». Investi par son parti le 30 juillet 2011, le candidat prépare sa stratégie politique pour affronter ses redoutables adversaires de 2012. Le comité exécutif du parti ne lésine pas sur les moyens. Un budget prévisionnel de sept milliards de F Cfa a été adopté pour les besoins de la campagne électorale.

Cependant, il lui faudrait surmonter deux obstacles majeurs : l’implosion annoncée du parti et l’impopularité héritée du vote du code des personnes et de la famille, en 2009. Face à l’incompréhension de cette loi (votée puis renvoyée sous la pression populaire pour une seconde lecture à l’Assemblée nationale), beaucoup de personnes tiennent le président de l’institution parlementaire pour responsable d’une «loi satanique que l’occident veut imposer au Mali.». Ce dernier défi peut justifier une cérémonie de bénédiction qui prouverait la foi religieuse du candidat…

Seydou Coulibaly

22 Août 2011.