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Conformément à la Constitution actuelle, le Président de la République ATT ne se représentera plus à l’élection présidentielle de 2012. Ce qui explique la guerre de positionnement des partis politiques, où les plus agités sont l’ADEMA et l’URD. Ainsi il ne se passe presque pas un jour sans qu’on annonce l’arrivée, le retour ou la fusion d’acteurs politiques dans l’un de ces partis.

Ce qui fera dire aux observateurs politiques de la place que cela risquerait de se retourner contre l’ADEMA et l’URD.

Si à l’URD la situation demeure actuellement confuse, à l’ADEMA, les barons préparent activement les échéances de 2012. Ainsi, depuis sa 8e conférence nationale et conformément à ses résolutions, le parti de l’Abeille a décidé d’engloutir les petits partis.

Ce qui est en train de se réaliser, vu l’absorbtion du RND, du PUDP et bientôt du PDCI. Sans oublier le retour au parti des anciens compagnons de Sikasso, Kita, Bamako et d’autres localités du pays.

C’est dans cette dynamique que certains responsables du parti de l’ADEMA pousseront le scepticisme jusqu’à annoncer que des partis comme l’UDD, le PSP et le PDJ vont bientôt se fondre dans le parti de la Ruche. Mais une question préoccupe aujourd’hui les responsables et militants de l’ADEMA : comment faire face à l’arrivée de ces nouveaux arrivants qui ont certainement des bases solides?

Par contre, certains cadres restés fidèles au parti ne disposent qu’aucune base solide. Ce qui les pousse à en chercher par tous les moyens. Aussi, pour la cause, certains d’entre eux n’hésitent pas à “s’exiler ” à l’intérieur du pays. C’est le cas de Iba N’Diaye à Kayes et de Ousmane Sy à Bandiagara.

Ces deux barons de l’ADEMA ont dévoilé, du coup, leur ambition, en comptant être choisis comme candidats à l’investiture du parti pour la présidentielle de 2012. Plusieurs responsables aspirent aussi à être choisis comme futurs candidats du parti, amis pour l’heure, ils sont tapis dans l’ombre. Sans oublier le président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, qui vient d’effectuer une visite à Nara le mois dernier : est-ce pour la même cause?

On se rappelle qu’il avait déclaré que l’ADEMA gagnera les élections de 2009 et 2012. Et que le Président de la République de 2012 sortira des rangs de l’ADEMA. Pour l’instant, il n’y a pas de panique à bord du parti. Mais selon nos informations, cette velléité de candidature des barons du parti risque de lui porter un coup dur.


IBK, candidat de l’ADEMA?

D’ailleurs, on annonce que pour ne pas fragiliser la famille des Rouge et Blanc, l’ADEMA entend porter son choix sur le président du RPM, Ibrahim Boubacar Keïta. C’est ppeut-être la raison des tractations et discussions qui qui sont menées depuis un certain temps entre l’ADEMA et le Mandémassa de Sébénicoro.

Ce choix sous-entendrait-il qu’aux yeux de l’électorat malien, il n’existe, à l’ADEMA, actuellement aucun responsable crédible et doté de personnalité pour prétendre briguer la candidature présidentielle?

Rappelons qu’en 2001, IBK avait claqué la porte de l’ADEMA, après avoir “pressenti ” un complot ourdi contre sa personne par rapport à la présidence du parti. Mais selon d’aures, il l’avait fait parce qu’il n’avait pas été choisi comme candidat ADEMA à la présidentielle de 2002.

Pour les uns, quoi qu’on dise de lui, IBK possède une influence et une personnalité certaines au sein de la classe politique et de l’opinion publique. Pour les autres, que IBK brigue ladite candidature sous les couleurs de l’ADEMA est inadmissible, car il avait abandonné les Ruchers au moment même où ses militants avaient le plus besoin de lui.

Quoi qu’il en soit, le nom d’IBK est de nos jours fort murmuré dans les grins, et les salons feutrés. Si donc, bien qu’impensable, la nouvelle de sa candidature au nom de l’ADEMA s’avérait fondée, elle ne serait pas une première du genre, au parti de l’Abeille.

Les moyens justifient… la “faim

En effet en 1992, les Ruchers, dirigés à l’époque par feu Abdrahamane Touré, avaient préféré Alpha Oumar Konaré comme candidat ADEMA, à cause de son charisme et de son éloquence, disait-on. Et le résultat, plutôt les résultats du scrutin en faveur des Ruchers leur avaient donné raison : l’ADEMA (via Alpha Oumar Konaré) s‘était tapé deux mandats présidentiels successifs (1992-2002).

Aussi, des questions demeurent, qui taraudent toujours les esprits. Entre autres, IBK est-il maintenu pour devenir le candidat de l’ADEMA à la présidentielle? Si oui, est-ce à dire que le RPM de fondra à son tour dans le parti de l’Abeille?

Sur cette dernière question, rien n’est moins sûr surtout quand on se réfère aux propos du jeune “guerrier ” des Tisserands et non moins président de la jeunesse RPM, Moussa Timbiné, qui croit toujours à l’idéal du parti d’IBK. Mais en politique -surtout au Mali-, il ne faut jamais être sûr de rien.

Et pour cause : pour les politiciens, tous les moyens sont bons à utiliser en vue de récupérer le pouvoir en 2012, quitte, pour cela, à “pactiser avec le diable ”, l’essentiel étant d’arriver à concrétiser ses desseins.


Sadou BOCOUM

27 Mai 2008