Partager

Quoique fustigeant l’attitude des partis qui se sont « couchés » devant ATT dans le cadre de la plate-forme de soutien à sa réélection, le 2e congrès extraordinaire du Parena, qui s’est achevé dimanche, a pratiquement accouché d’une souris. Aucune option sérieuse n’est pour l’heure à l’ordre jour. Ce qui peut faire croire que le parti du Bélier tergiverse.

Les travaux du 2e congrès extraordinaire du Parti pour la renaissance nationale (Parena) les 15, 16 et 17 décembre ont été l’occasion, pour les délégués du Parena des huit régions administratives du Mali et de l’extérieur, de faire l’examen critique de la situation du parti et de se pencher sur les problèmes socio-économiques et politiques de la nation.

Le week-end dernier, il a été surtout question, pour le parti du Bélier blanc de donner, une nouvelle orientation au parti en vue de répondre aux attentes de ses militants et au-delà de la population du Mali tout entier.

C’est pourquoi au cours des travaux, les congressistes ont fait le bilan de la gestion des quatre années du pouvoir dont le Parena est comptable, selon les propos du secrétaire général, Me Amidou Diabaté, et débattu du rôle des partis politiques.

Sur ce dernier point, le Parena ne souffle pas dans la même trompette que les partis de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP). Hostile à toute démission d’un parti d’une de ses prérogatives cardinales qui est de concourir à l’expression du suffrage, le Parena, par la voix de sa jeunesse a, dès l’entame des travaux, donné le ton en sollicitant du congrès la prise d’une résolution pour investir le président du parti, Tiébilé Dramé, candidat à l’élection présidentielle de 2007.

Dr. Moussa Balla Diakité, qui voit dans le dossier du Sommet Afrique-France pendant devant la justice, une forme d’humiliation de responsable du parti, a implicitement recommandé la candidature de Tiébilé Dramé à l’élection présidentielle d’avril et mai prochains.

« L’honneur ne s’achète pas »

La gestion des affaires publiques et la participation des partis politiques à l’animation de la vie politique n’ont pas été ignorées au cours des travaux de ce congrès. Me Amidou Diabaté dans un long « réquisitoire » sur la gestion des affaires de la cité a estimé que les attentes de la population n’étaient pas comblées.

Cela est d’autant plus surprenant, voire inacceptable, pour le secrétaire général, que le président Amadou Toumani Touré avait toutes les conditions réunies à savoir l’absence d’opposition et une paix sociale pour réaliser un mandat couronné de succès sur toute la ligne.

Le manque de renforcement de l’institution parlementaire, la transformation du Haut conseil des collectivités en Sénat, la non-effectivité du transfert des ressources, la suppléance des élus notamment des députés, l’interdiction de la transhumance politique, l’introduction d’une dose de proportionnelle aux élections législatives, l’école, la corruption, le favoritisme, le clientélisme et surtout l’impunité sont, entre autres, des questions que Me Amidou Diabaté estime que le pouvoir était en mesure de régler.

Tout comme le pouvoir n’a su ménager le Mouvement citoyen et les partis politiques dont les relations ont été plus tendues que constructives au point que la démocratie en a souffert.

Toutefois, le secrétaire général du Parena ne peint pas en noir tout le bilan de la gestion du pouvoir ATT. Partie prenante de cette gestion, le Bélier blanc se dit comptable des quatre années du pouvoir ATT. Mais il déplore que toutes ses suggestions n’aient pas été prises en compte. Tiébilé Dramé qui a affirmé que « l’honneur ne s’achète pas » a exhorté à l’organisation d’élections libres et transparentes.


Denis Koné

18 décembre 2006.