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Sommaire:
Élection présidentielle : Le quitus de la Cedeao
Observateurs de l’UEMOA : Pas de contestation dans le décompte des voix
Fondation OSIWA : Un jugement positif et beaucoup de recommandations

Élection présidentielle : Le quitus de la Cedeao

La mission des observateurs consiste à évaluer le déroulement des élections, apprécier les conditions de l’expression libre des suffrages et juger si les résultats reflètent le choix du peuple.

Les missions d’observation doivent aussi faire des recommandations afin d’améliorer les élections à venir. Dans le cadre de l’élection présidentielle de dimanche dernier, la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a ainsi déployé 60 observateurs dans les 8 régions de notre pays et dans le district de Bamako. L’équipe fournira un rapport détaillé sur ses observations dans un avenir proche.

Entre-temps, après une première synthèse des rapports des équipes déployées sur le terrain, la mission a communiqué ses premières observations sur le scrutin au cours d’une conférence de presse organisée lundi à l’hôtel Nord-Sud.

La rencontre était animée par le chef de la mission d’observation, l’ancien Premier ministre togolais Koffi Sama. Il avait à ses côtés Moussa Ibrahim ambassadeur du Niger auprès de la CEDEAO, Mme Hawa Baraza parlementaire de la CEDEAO, Fada Moussa, le coordinateur de la mission, Francis Okey chargé de programme et Adrienne Diop la directrice de la communication de l’institution. Dans une déclaration lue par Koffi Sama, la mission a observé que la majorité des bureaux de vote ont ouvert à 8 heures et au plus tard, dans les trente minutes qui ont suivi l’heure officielle d’ouverture.

À l’ouverture des bureaux de vote, le matériel électoral était en place et en quantité suffisante. Les cartes d’électeur non retirées étaient disponibles partout dans les bureaux.

L’affichage des listes électorales à l’entrée a facilité l’identification des bureaux par les électeurs, ont constaté les observateurs communautaires en relevant cependant que les urnes n’étaient pas suffisamment sécurisées par des scellés fiables. Par contre, les isoloirs ont garanti le secret du vote. La présence adéquate et sans obstruction des agents de sécurité a été notée dans les centres de vote.

Dans le district, le taux de participation a été relativement faible, tandis que les régions ont enregistré une participation appréciable, souligne la mission en notant une participation remarquable des femmes, des jeunes, des personnes âgées et des handicapés. Le vote, juge la mission, s’est déroulé dans l’ordre et la discipline.

Dans le déroulement du vote, la mission relève qu’en moyenne 3 à 5 candidats sur l’ensemble avaient des délégués présents dans les bureaux de vote. Des observateurs nationaux et internationaux étaient présents et l’utilisation du bulletin unique a facilité la simplicité et la fluidité du vote.

La présence de mineurs parmi les agents électoraux et l’insuffisance de formation des agents et délégués ont quelque peu affecté l’efficacité et la qualité du processus de vote.

Les urnes n’étaient pas suffisamment sécurisées dans certains endroits et il a été rapporté des cas isolés de votes multiples et de détention frauduleuse de cartes d’électeur, notamment à Gao et à Sokorodji.

Sur la clôture et le décompte, les observateurs indiquent que l’heure fixée à 18 heures a été respectée et que l’absence de méthode appropriée de décompte et de consolidation des votes, a rendu fastidieuse l’opération, sans pour autant affecter les résultats. La mission considère qu’en dépit de quelques insuffisances notées çà et là, l’élection présidentielle a été libre, juste et crédible.

Fiabilité de l’observation ? Tout est une question d’échantillonnage a indiqué Koffi Sama pour qui la part de bureaux couverts par la mission était représentative de l’ensemble.

Pour cette observation, la mission a déployé sur le territoire 60 agents. De ce point de vue, le chef de la mission à jugé que les résultats obtenus peuvent être considérés comme relativement fiables.

S. DOUMBIA

Observateurs de L’UEMOA : PAS DE CONTESTATION DANS LE DÉCOMPTE DES VOIX

« L’élection présidentielle du 29 avril 2007 au Mali ne souffre pas d’irrégularités de nature à remettre en cause les résultats du scrutin. En conséquence, nous invitons le peuple malien, les acteurs politiques et la société civile à accepter le verdict des urnes. »

L’appréciation est portée par le groupe d’observateurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) conduite par l’honorable Bouabre Yvonne Abane, vice-présidente du Comité interparlementaire de l’Uemoa et député du parlement ivoirien au cours d’un point de presse animé lundi à l’hôtel Salam.

Mme Bouabre Yvonne Abane a rappelé qu’aussitôt après son arrivée au Mali, la délégation a eu des séances de travail avec les acteurs politiques et la Commission électorale nationale indépendante (CENI). A l’issue de ce travail préliminaire, les observateurs ont été déployés dans le district de Bamako et dans les régions de Koulikoro, Sikasso et Ségou.

Le jour du scrutin, la mission a constaté que les bureaux de vote ont ouvert à l’heure indiquée et que le matériel électoral, les assesseurs et les délégués des candidats étaient en place dans les bureaux de vote. A la clôture de la consultation, le dépouillement a été effectué conformément à la loi électorale, a confirmé le chef de la mission parlementaire.

Selon Mme Bouabre Yvonne Abane, le dispositif institutionnel mis en place pour l’organisation du scrutin a bien fonctionné. Les observateurs ont pu constater que les partis politiques et les candidats ont été représentés à toutes les étapes du processus. « Partout où l’absence des assesseurs a été constaté, ils ont immédiatement été suppléés conformément à la procédure prévue dans la loi électorale. La fermeture des bureaux de vote est intervenue sans qu’il y ait de contestation et les opérations de dépouillement ont eu lieu sur place. Aucune contestation dans les décompte des voix n’a été enregistrée. Les forces de l’ordre présentes aux abords des bureaux de vote n’ont pas interféré dans le processus« , a souligné l’élue communautaire.

Les observateurs se sont félicités de l’ambiance chaleureuse des meetings et réunions électorales, durant la campagne et surtout le discours apaisé et l’esprit de tolérance qui l’a caractérisé. Par ailleurs, ils ont salué la grande maturité politique dont a fait preuve la classe politique malienne et sa volonté de consolider la démocratie dans notre pays.

Ils ont, en outre invité la classe politique à s’investir en vue d’amener le peuple malien à participer davantage à la désignation de ses dirigeants par une massive participation au vote. « La société civile peut, également, jouer un rôle important dans ce sens« , a conclu Mme Bouabre Yvonne Abane.


A.O. Diallo


Fondation OSIWA : UN JUGEMENT POSITIF ET BEAUCOUP DE RECOMMANDATIONS

Dans une déclaration déposée à notre rédaction, la fondation Open society for west Africa (OSIWA) indique que son équipe composée de 3 observateurs a sillonné les 6 communes du district le jour du scrutin.

Ces observateurs ont constaté que l’élection s’est déroulée « dans le calme, de manière apaisée et dans une ambiance bon enfant« . OSIWA note que « le citoyen malien s’est exprimé librement » et a remarqué « une forte participation des femmes ».

Les observateurs de OSIWA ont relevé un certain nombre de dysfonctionnements comme la faiblesse de la formation des membres des bureaux de vote, le problème sérieux d’identification des électeurs, l’usage abusif du vote avec témoins, l’usage abusif du vote par procuration, le dépouillement dans l’obscurité, etc.

En plus de ces remarques sur le déroulement des opérations de vote, les observateurs de OSIWA concluent à partir des zones observées que « l’élection présidentielle a été libre, apaisée et sincère« .

Les observateurs formulent des recommandations dans le sens de l’amélioration des futurs scrutins. A l’adresse du gouvernement et de la Délégation générale aux élections, OSIWA recommande de fiabiliser le fichier électoral par un audit avec l’implication de la société civile, de refonder totalement le fichier électoral à long terme en utilisant l’inscription sur présence physique, de favoriser le système d’inscription volontaire.

OSIWA préconise également de développer une stratégie nationale de retrait ou de distribution transparente des cartes électorales avant les élections législatives. Les observateurs estiment aussi qu’il est bon de supprimer le vote sans pièces d’identité et de renforcer les capacités des agents électoraux.

OSIWA demande aux partis politiques de former leurs délégués et de s’assurer de leur maturité politique. Dans le même temps, les partis doivent participer à l’information et la sensibilisation des militants au retrait des cartes électorales. La Céni est appelée à renforcer les capacités de ses délégués et à les doter d’outils statistiques, d’instruments de suivi et de contrôle des informations en temps réel

L’Essor du 02 mai 2007.