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Pendant que les autorités maliennes ne cessent de crier à qui veut les entendre que le premier tour de l’élection présidentielle aura bel et bien lieu le 28 juillet 2013, contre toute attente, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) du Mali, Mamadou Diamountani, à jour J-30, annonce qu’ « il est extrêmement difficile d’organiser le premier tour de l’élection présidentielle le 28 juillet » parce que, dit-il, « nous avons encore beaucoup de défis à relever ». Cette note discordante suscite de nombreuses interrogations.

Mamadou Diamountani est-il de bonne foi ou sert-il d’écran aux autorités gouvernementales maliennes pour la mise en œuvre d’un éventuel agenda officieux ? Surtout que tout récemment le gouvernement de la transition a été remanié. Tout compte fait, un éventuel report peut-il aider les Maliens à s’en sortir ? Dans tous les cas, les raisons évoquées par le président de la CENI méritent quand même qu’on y prête une attention particulière. Le problème de fichier dont il est question ne date pas d’aujourd’hui. En temps de crise, que peut-on faire pour normaliser ce fichier ?

A ce que l’on sache, aucun candidat en lice ne s’est encore plaint dudit fichier. Par conséquent le report est supposé être sans fondement. Il est vrai qu’une élection bâclée ne résout pas le problème. Mais, il faut tenir compte du contexte. En temps normal, tous les Maliens, en âge de voter, ne peuvent pas accomplir leur devoir de citoyen, a fortiori en temps de crise. Si Kidal et les autres villes du septentrion du Mali ne représentent plus un problème pour l’élection présidentielle comme l’assure le MNLA, alors il n’y a pas de raison majeure pour que le scrutin n’ait pas lieu à la date fétiche du 28 juillet.

Dans tous les cas, même si le nombre d’inscrits ou de votants donne du poids à un scrutin, il ne constitue pas pour autant la mesure de légitimité d’un président. Quant aux autres difficultés soulevées, parmi lesquelles la distribution des cartes d’électeurs, elles n’étaient pas méconnues des autorités qui ont malgré tout opté pour le 28 juillet. Ou bien faut-il croire que cette date était une stratégie pour mettre la pression sur le MNLA afin qu’il signe l’accord préliminaire de Ouagadougou ?

Qu’à cela ne tienne, aucune voix officielle n’a encore demandé le report de l’élection présidentielle à moins qu’elle ne se soit servie de Mamadou Diamountani pour dire tout haut ce qu’elle pense tout bas.

Si ce n’est pas le cas, cela veut dire qu’en dépit des difficultés, il est bien possible de tenir les élections à la date choisie, ceci, de concert avec les parties prenantes au processus de paix au Mali, qui ont d’ailleurs d’autres chats à fouetter sur la scène internationale et qui aimeraient bien qu’on referme enfin le chapitre malien.

Et comme tout le monde souhaite une normalisation rapide de la situation au Mali, il est certain que tous s’y impliqueront de sorte que l’élection présidentielle ait lieu à bonne date. Et puis, même si les élections venaient à être reportées, la nouvelle date sera-t-elle respectée, au regard des défis à relever ? Rien n’est moins sûr et c’est une raison de plus pour ne pas s’éterniser sur le problème malien.

Françoise DEMBELE

Publié le lundi 1er juillet 2013

Source: Lepays.bf