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Jeune Afrique n°2408 du mardi 04 au 10 mars 2007, sous la plume de Cherif Ouazani qualifie ATT de “grand favori”, même s’il n’a pas encore déclaré sa candidature ; tandis que ses adversaires aux rangs desquels on retrouve Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) candidat investi du Rassenblement pour le Mali (RPM), Tiébilé Dramé du parti pour la Renaissance Nationale (PARENA), également candidat investi de son parti ; Soumeylou Boubèye Maïga de Convergence 2007 ; Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise de la Convention Sociale Démocrate (CDS) et les autres qui ont créé le FDR considérés comme les outsiders. Qui sont alors les favoris cachés, les secondes chances et les gros outsiders ?

Le takokelen contre le takaprin

Le Takokelen qui veut dire la victoire éclatante dès le 1er tour de l’élection est bien à la portée du camp présidentiel. Ce mot est sur toutes les lèvres en cette période de précampagne électorale au Mali. C’est le camp de la majorité présidentielle qui vulgarise le concept en ce moment. L’ADP, un regroupement croissant composé de 36 partis politiques a été porté sur les fonds baptismaux le 08 décembre 2006. Cette initiative fut d’abord l’oeuvre de quatorze formations politiques qui, dès le départ se sont fixés deux objectifs prioritaires: permettre la réélection du président ATT si possible dès le soir du scrutin du 29 avril et donner une majorité parlementaire à ATT pour qu’il gouverne dans la stabilité et la tranquilité durant les cinq prochaines années.

Las du mot Takokelen qui les dérange, les initiateurs du FDR, pour leur part, ont utilisé le Takaprin, qui est une connotation négative du Takokelen, son contraire. Le président de l’ADP M. Dioncounda Traoré, dans un commentaire sur le mot Takaprin à la cérémonie de clôture de la 8ème Conférence Nationale de l’ADEMA le 25 février 2007 a avancé en substance que ça soi le Takokelen ou le Takaprin, le camp présidentiel aura toujours le dessus sur les opposants. L’on se rappelle que c’est un 25 février 2007 que les initiateurs du FDR ont choisi pour la signature du protocole d’accord entre eux.

“Les frontistes”, rien que des outsiders

En schématisant le scrutin du 29 avril prochain à la manière d’un jeu d’hippisme l’hebdomadaire panafricain “Jeune Afrique”, dans sa livraison n°2408 du 04 au 10 mars 2007 a laissé entendre que les candidats du FDR à l’élection du président de la République ne sont que des outsiders; et ATT le grand favori. La multiplication des candidatures au sein d’un même regroupement est synonyme de division d’abord, puis la dispersion des forces et des énergies. Cela est connu de tous. Mais diable pourquoi donc dans la plate-forme électorale, le FDR a opté pour la pluralité de candidatures au 1er tour. Cette stratégie électorale est d’emblée vouée à l’échec et les “frondeurs” l’apprendront à leur dépens.

A la date d’aujourd’hui, deux candidatures à l’élection présidentielle ont été déclarées parmi les composantes du FDR. Il s’agit de celle de Ibrahim Boubacar Keïta IBK, candidat investi du RPM depuis le 28 janvier 2007. L’histoire rediendra qu’IBK fut le 1er à se lancer dans la course cette année pour Koulouba, symbole de la présidence de la République. Après IBK le deuxième candidat déclaré à la Magistrature Suprême du pays fut Tiébilé Dramé investi par le PARENA le 18 février dernier. Même s’il n’a pas encore été investi, Mamadou Bakary Sangaré dit Blaise de la CDS a déjà déclaré sa candidature. Et tout porte à croire que Soumeylou Boubèye Maïga de convergence 2007 sera lui aussi candidat à l’élection du président de la République. Donc pas moins de quatre leaders du FDR convoitent tous le fauteuil présidentiel reservé à un individu.

Candidature de Tiebilé Dramé, Choguel en parle

La nouvelle de la candidature de Tiébilé Dramé a l’élection du président de la République a été une surprise pour Choquel Maïga, président du Mouvement Patriotique pour la Renouveau (MPR), l’un des partis membres de l’ADP. Selon lui, cette décision du bélier blanc, emblème du PARENA, le parti de M. Dramé a un rapport avec le bulletin 2005-2006 de la Cellule d’Appui aux structures de Contrôle de l’Administration (CASCA) où sa gestion des fonds en tant que président du Comité National d’Organisation du Sommet Afrique-France (CONOSAF) de décembre 2005 fut décriée.

C’est ce qui a permis à Choguel Maïga de dire que : “ le changement d’attitude du chef du PARENA ne peut s’expliquer que par le fait qu’il est soupçonné de corruption. Il y a un an à peine, en janvier 2006, il a participé à la réunion de partis politiques souhaitant constituer l’ADP. Non seulement Tiébilé Dramé a assisté à cette rencontre, mais c’est lui qui a rédigé les termes du protocole d’accord qui lie désormais quatorze partis plus ou moins importants sur l’échiquier politique. Il a commencé à se détourner de l’ADP lorsqu’il a été convoqué par un juge”, a affirmé Choguel Maïga. Mais le comité directeur du PARENA a clamé haut et fort à maintes reprises qu’il s’agit ni plus ni moins qu’une cabale montée de toutes pièces au plus haut niveau de l’Etat pour jeter du discrédit sur son leader qu’il qualifie de blanc comme neige.

Oumar Mariko, le gros outsider

Le schéma de Jeune Afrique ne laisse pas entrevoir de favoris-cachés ni de seconde chance ; mais bien un gros outsider en la personne du Dr Oumar Mariko. En effet, le Secrétaire général du Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI), M. Mariko, ex-leader estudiantin a été investi le 24 février 2007 comme candidat à l’élection du président de la République. Pour l’instant, Oumar Mariko et son parti sont au centre. Ils ne sont ni ADP, ni FDR.


Daba Balla KEITA

07 Mars 07.