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Le vendredi 28 juin est la date limite de dépôt des candidatures auprès de la Cour constitutionnelle du Mali. Ceux qui veulent briguer la magistrature suprême ne disposent plus que de quarante-huit heures pour réunir les 10.000.000 F et la signature d’élus nécessaires à ce dépôt. Mais à quelques heures de l’échéance, parmi ces candidats qui se bousculent, lequel est susceptible de sortir le pays de l’impasse et de lui rendre sa dignité ?

A l’image de la présidentielle de 2002 où 24 candidats étaient en lice, une nouvelle flopée de prétendants s’annonce pour 2013. La liste des postulants étant confidentielle jusqu’à sa proclamation au cours d’une audience solennelle, impossible donc d’obtenir le nombre de candidats effectifs à date auprès de la Cour Constitutionnelle. Au regard de la profonde crise traversée par le pays, la plupart des maliens a compris qu’il faudra choisir le futur locataire de Koulouba avec discernement. Le temps est révolu, espère-t-on, pour que n’importe qui accède au poste de président de la République car l’enjeu est crucial pour la nation.

Cet homme doit être honnête – ce qui n’est pas gagné d’avance connaissant l’état de notre classe politique – et avoir le courage de prendre les décisions nécessaires pour sortir le pays du bourbier dans lequel l’ont plongés les actes de dirigeants dont on est en droit de se demander pour qui ils roulent…

Cependant, par manque de temps, il va bien falloir se contenter de ceux que nous avons sous la main.

« Si je dois voter aujourd’hui, ce sera pour une personne qui incarne l’autorité de l’Etat », assure un journaliste de la presse écrite.

« Il y a des hommes et des femmes capables de relever le défi. Le Mali peut sortir plus grand après ces élections », confesse pour sa part, un avocat qui a également requit l’anonymat. Mais pour ce dernier, il faut que les électeurs soient « clairvoyants ».

« Notre choix doit être porté sur les candidats qui touchent aux maux réels du pays », renchérit Fatoumata Diarra, gargotière à Bamako-coura.

Les candidats à la magistrature suprême

Le Dr. Cheick Modibo Diarra a sacrifié son poste de premier ministre de transition pour mirer la magistrature suprême. Il a déposé sa candidature hier tout comme le président de la convention démocrate sociale (CDS), Mamadou Blaise Sangaré.

Hormis Cheick Modibo Diarra, trois autres anciens premiers ministres sont annoncés. Il s’agit d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), Soumana Sacko et Modibo Sidibé.

Selon un proche, IBK aurait déposé sa candidature à la cour constitutionnelle depuis le 3 juin devenant ainsi l’un des premiers à officialiser son intention.

Ces personnalités, à l’exception de Blaise Sangaré, partagent avec les candidats de l’Adéma-PASJ, Dramane Dembélé, et de l’URD, Soumaïla Cissé, le titre de favoris de cette présidentielle, selon les commentateurs politiques.
A côté de celles-ci, d’autres candidatures importantes sont attendues, notamment celles du Dr. Oumar Mariko du parti Sadi, du Dr. Choguel K Maïga du MPR, de Me Mountaga Tall du Cnid-FYT, de Moussa Mara de Yèlèma, de Housseyni Amion Guindo de la Codem.

Tous candidats au scrutin avorté de 2012, ils ont été réinvestis par leurs partis pour prendre part à l’échéance de 2013.

Au tire des outsiders toujours susceptibles de créer la surprise dans l’optique d’un scrutin sans fraude, on compte l’unique candidate féminine, Mme Haïdara Aissata Cissé dite Chato, le professeur de mathématiques Aboubacrine Assadek ainsi qu’une pléthore de jeunes tels que Alhousseyni Maïga dit Abba, ancien leader estudiantin, Mamadou Djigué dit Diaff, Racine Thiam, cadre à Orange, Me Tidiane Guindo, avocat au barreau de Paris, etc.
A trente-six jours du premier tour de la présidentielle, nous ne pouvons formuler qu’un souhait, celui de voir le Mali obtenir enfin un président patriote.

Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 26 Juin 2013