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‘’Tu ne prendras les électeurs pour des enfants amaldeme à qui tu fais des promesses dont tu es sûr de ne pas tenir le centième’’ tel devrait être l’engagement figurant en bonne place parmi les 10 commandements du candidat à l’élection présidentielle à venir. Pas la peine de promettre la lune ou de faire de chaque Malien un multimillionnaire. Les thèmes pour faire une campagne bien corsée ne manquent pas cependant tant les préoccupations et les urgences se bousculent. Il suffit seulement de chercher les causes de la situation qui a nous plongés dans ce gouffre et d’en faire un diagnostic sans complaisance pour dégotter plein de thèmes et sous-thèmes. Au nombre de ces thèmes et en bonne place, la sécurité.

Quelle solution durable faut-il trouver au problème récurrent de l’irrédentisme targui et, d’une manière générale, à l’insécurité dans le Nord du Mali ? Pour que le septentrion malien ne devienne pas ce no man’s land à la merci des fous de Dieu et des trafiquants de drogues, d’armes et des trafiquants en tous genres ? Comment faire comprendre que la sécurité est une question transversale qui conditionne à la fois la démocratie et le développement ? Il s’agit aussi de démontrer que la corruption est loin d’être étrangère à l’effondrement de l’Etat, avec la déliquescence de l’armée qui est censée être son pilier central, consécutif à la crise sécuritaire et à la crise politique et institutionnelle qui s’en est suivie.

Et de proposer des pistes de solution pour que cette corruption, une des illustrations de la mal gouvernance, ne soit pas une règle de gestion, mais une exception qui est combattue avec rigueur partout ailleurs dans le monde
L’école qui détermine l’avenir même d’un pays, mais qui est, malheureusement, devenue le champ clos des luttes politiciennes ne devrait pas être non plus absente de cette campagne. Résultat : depuis des décennies l’institution scolaire se débat dans des problèmes sans nom dont le plus grave est une baisse scandaleuse du niveau académique. Avec comme corollaire la livraison sur le marché du travail d’agents se signalant par leur grande carence. Une situation que n’arrange nullement la distorsion entre le marché de l’emploi et la formation.

A terme, ce sont les étrangers, bien formés et compétents, qui prendront la place des jeunes Maliens pour des postes à grande valeur ajoutée donc bien rémunérés et l’on n’y pourra rien l’intégration et la mondialisation aidant. Les Japonais qui ont dégonflé, depuis belle lurette, le mythe d’un pays-qui-ne-se-développe-pas-sans-ressources-naturelles et qui ont ainsi montré à la face du monde que la principale ressource d’un pays demeure sa ressource humaine et le génie créateur de son peuple. Les maux de l’école ont pour nom pléthore d’effectifs à cause de l’insuffisance des infrastructures scolaires, utilisation de méthodes pédagogiques inadaptées, plus exactement, l’école malienne s’est transformée en un chantier sans fin de méthodes pédagogiques le plus diverses…

Nous voilà en plein dans les problèmes de chômage, la principale préoccupation des pays industrialisés à l’image de la France. Comme dans la plupart des autres pays africains où la population est très jeune-60% de la population ont moins de 30 ans- l’emploi devient une préoccupation majeure au point que certains hauts responsables n’hésitent pas d’en parler comme d’un problème de sécurité nationale. Et de la grande masse de jeunes désœuvrés comme une bombe sociale à retardement représentant une menace pour la stabilité et la paix sociale du pays à partir du moment où elle peut basculer à tout moment dans la délinquance où devenir une proie facile pour les narco-jihadistes et autres aventuriers qui écument la planète.

D’autres thèmes comme la cherté de la vie et la relance de l’économie ne manqueront certainement pas de s’inviter dans la campagne. Idem pour le réarmement moral après la catastrophe que la nation malienne vient de connaître et dont elle a encore du mal à se dépêtrer. Là, il s’agit de diagnostiquer les tares sociales dont le pays souffre et qui sont à l’antipode de nos valeurs sociétales d’antan faites de sens élevé du devoir et de l’honneur, l’amour de la patrie et le culte du travail bien fait, le sens de la dignité, le respect de la parole donnée, le respect du bien public, l’esprit de tolérance de l’autre et l’art de vivre ensemble…


Cérémonie d’investiture de la candidate de l’alliance Chato Mali 2013
C’est ce samedi 15 juin 2013 à partir de 16 h au palais de la culture Amadou Hampaté Bah

C’est ce samedi, à partir de 16 heures, que se tiendra au palais de la culture Amadou Hampaté Bah la cérémonie solennelle de l’investiture de la candidate de l’alliance Chato Mali 2013.

Une cérémonie attendue avec impatience par les partis politiques, les associations de femmes, de jeunes qui ont lutté et qui ont cru en elle en lui demandant de se présenter à l’élection présidentielle de juillet 2013. Cette cérémonie qui va combler toutes les attentes, à l’instar de la cérémonie de lancement, enregistrera la présence d’invités de marques venant de tous les continents.

Il s’agit, entre autres, de premières dames, d’ambassadeurs, de ministres, de présidents de fondations. Les artistes maliens, de leur côté, se mobilisent pour apporter leur grain de sel à la fête.

Déjà, les états-majors des six communes des clubs et associations du district de Bamako se mobilisent en multipliant les rencontres. Même scénario dans les régions qui ne manqueront pas d’envoyer des délégations à Bamako. En tous les cas, tout est fin prêt pour une fête qui tiendra, à n’en douter, toutes ses promesses.


Soumaïla Cissé lors de son investiture : «Je compte mettre en œuvre un Plan Marshall pour le Mali»

C’est désormais chose faite: l’Union pour la République et la Démocratie (URD) a mis son candidat, Soumaïla Cissé, dans les starting-blocks de la présidentielle du 28 juillet prochain. C’était à la faveur de la Conférence nationale consacrant son investiture, le week-end dernier, au Palais de la culture Amadou Hampaté Bâ.

Cette messe des militants du parti de la poignée de mains, qui était présidée par le Président du parti, Younoussi Touré, a enregistré la présence des délégués venus des 8 régions du Mali, du District et de l’extérieur. Deux temps forts ont marqué cette investiture de Soumaïla Cissé. Tout d’abord, dans la matinée du dimanche 9 juin les délégués à la Conférence ont planché sur la candidature de l’ancien Président de la Commission de l’UEMOA, avant de confirmer ce choix, dans l’après-midi, au cours d’un meeting géant, qui avait tout l’air d’une campagne.

En effet, au cours de ce meeting, le Président Younoussi a solennellement remis à Soumaïla Cissé le drapeau de l’URD afin qu’il l’emporte à Koulouba. Ainsi, toutes les instances du parti de la poignée de mains, le Bureau politique national, le Mouvement national des jeunes dirigé par Dr Madou Diallo et celui des femmes entre les mains de Wadidjé Salimata Dagnoko ont placé Soumi Champion dans son couloir de la course pour la conquête du fauteuil présidentiel.

D’entrée de jeu, le Président des jeunes de l’URD a présenté le candidat Soumaïla comme un bâtisseur, un fédérateur et comme l’espoir de la jeunesse malienne. En ce sens qu’il mettra fin à ses cauchemars. «La jeunesse s’engage auprès de lui, parce qu’il est le candidat le plus compétent, le plus expérimenté, le plus préparé et le mieux outillé pour permettre au Mali de retrouver sa place», a martelé le patron des jeunes de l’URD. Avant d’affirmer que Soumi peut se rassurer, car il a toute la jeunesse derrière lui pour le conduire à Koulouba. Même tonalité chez la Présidente des femmes de l’URD qui a exprimé le soutien des femmes à la cause de Soumi Champion.

De son côté, Younoussi Touré a indiqué que le choix de Soumaïla Cissé comme candidat à la magistrature suprême est judicieux au regard de la situation exceptionnelle de notre pays. Selon lui, l’exercice des fonctions qu’il a occupées constitue des expériences et des atouts pour lui. Le Président de l’URD s’est dit convaincu que Soumaïla est l’espérance pour le retour de la paix et de la stabilité au Mali.

Après avoir entendu ces beaux mots à son endroit, Soumi Champion ne pouvait qu’accepter le vœu de ses supporteurs. Pour ce faire, il a fait de la réconciliation nationale un préalable essentiel. «J’apporte dans ce sens mon plein soutien à la Commission Dialogue et Réconciliation pour qu’elle mette en place un dialogue politique inclusif entre les différentes composantes de la nation malienne, afin d’apporter des réponses à la hauteur des enjeux, et dégager les voies de l’avenir, compatibles avec les exigences d’un Etat républicain, laïc et démocratique.

Nous devons reconstruire les liens sociaux brisés et prendre en charge la gestion adéquate des difficultés qu’affronteront, dans les mois à venir, aussi bien les populations résidentes que les déplacés et les réfugiés. Par-delà le règlement du conflit, la réconciliation doit, en effet, s’accompagner d’un pardon sincère», a-t-il souhaité. Avant de relever que pour y arriver, «j’engagerai rapidement les actions de redressement nécessaires dans la voie d’un développement durable. A cet égard, nous élaborerons un plan d’urgence de relance économique conforme à notre Programme pour un Mali nouveau».

Pour lui, ce plan permettra l’apurement rapide de la dette intérieure afin d’apporter des liquidités aux entrepreneurs et commerçants du pays et la mobilisation rapide par une équipe compétente des 2000 milliards de francs CFA promis par la communauté internationale pour la reconstruction du Mali. Soumaïla Cissé a expliqué que cet engagement de la communauté internationale, de contribuer à hauteur de 2000 milliards de francs CFA dans la reconstruction du pays, est un volet important d’un ambitieux plan Marshall qu’il compte mettre en place pour accélérer la croissance, rééquilibrer le développement du territoire et mettre définitivement le Mali sur la voie de l’émergence.

«C’est pourquoi, nous devons agir tôt, nous devons agir vite, pour créer des emplois, refonder l’école malienne, et jeter les bases d’une nouvelle croissance garantissant l’égalité des chances pour tous. Nous devons le faire avec une plus grande rigueur morale, une plus grande éthique politique, une plus grande exigence d’exemplarité des élites dirigeantes et lutter résolument contre la corruption et l’impunité», a-t-il soutenu.

C’est pourquoi, il a sollicité la confiance des Maliens pour l’accompagner. Cette confiance, il a souhaité qu’elle soit exigeante, avec une obligation encore plus forte de rendre compte de la gestion de notre pays, dans le cadre d’un contrôle citoyen renforcé. «Une confiance exigeante, c’est aussi un engagement de chacun de nous à assumer pleinement ses devoirs envers notre Nation. Si nous voulons reconstruire sur la vérité, nous devons tirer les leçons de tous les manquements à nos devoirs, aussi bien individuels que collectifs. Cet engagement vaut pour l’Etat comme pour chaque citoyen», a-t-il conclu. Avant de s’engager, pour sa part, à « faire ce que je dis, et, à dire ce que je fais».

Youssouf Diallo

Le Prétoire du 13 Juin 2013