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Le candidat des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence (FARE), Modibo Sidibé, a lancé le week end dernier sa campagne pour la présidentielle du 28 juillet.

Samedi dernier, dans la salle de presse du CICB, l’ancien Premier ministre s’est surtout adressé aux jeunes. «En 2030, ce n’est pas moi, c’est vous qui serez aux commandes de notre pays, vous qui en produirez les richesses, vous qui en transmettrez les valeurs, vous qui en inventerez le nouveau visage».
Le plus souvent glacial auparavant, Modibo Sidibé s’est lancé, le temps de quelques phrases, dans le populisme, car il est «fier pour le peuple du Mali, le vrai artisan des multiples succès». Il est surtout «fier pour sa jeunesse, qui en a été le moteur».

Mais en même temps, le candidat souligne «nous n’avons pas su mettre en place le jeu collectif qui aurait permis aux innombrables talents dont recèle notre pays de joindre leurs forces et de le rendre invulnérable. Nous avons trop souvent joué au chacun pour soi. La corruption, c’est le chacun pour soi. La tricherie, c’est le chacun pour soi. Le nyengoya, c’est le chacun pour soi.

Par manque de confiance en nous-mêmes, par manque de confiance entre nous, par manque de confiance dans nos institutions, notre pays s’est fragilisé, jusqu’à trébucher. Parmi les gâchis que nous devons au chacun pour soi, il y a les entraves trop souvent placées devant les projets et l’énergie de la jeunesse. Chaque fois qu’un projet est étouffé, chaque fois qu’un talent est découragé, c’est tout le pays qui y perd. Dans la société de confiance que j’appelle de mes vœux, les générations se tendront la main et travailleront ensemble pour le bien de tous. C’est le sens du slogan de cette campagne: Ensemble, an ka wuli!».

Sous les applaudissements nourris de la salle, Modibo Sidibé a laissé échapper un léger sourire, avant de continuer avec la jeunesse «qu’on présente comme une menace, comme une bombe à retardement». Mais lui n’est pas de cet avis: «je crois le contraire. Deux millions de jeunes, c’est deux millions d’opportunités de création de richesses et d’emplois, deux millions de concitoyens pleins de créativité, d’appétit de la vie, d’ouverture à la modernité.

Le téléphone, devenu commun jusque dans les plus petits villages, Internet qui se répand, la télévision qui ouvre une fenêtre sur la planète, ont profondément changé votre rapport au monde. Une jeune artiste exprime sa vision du Mali à travers une chanson, et immédiatement Internet transporte son message aux quatre coins de la terre. Un jeune cultivateur cherche à améliorer sa productivité et la télévision lui donne l’exemple de réussites agricoles venues d’ailleurs…».

Le candidat du FARE pose son projet de développement sur 20 points, qui vont de l’emploi à la formation des jeunes en passant par les services sociaux, l’instruction…

Dans une salle pleine de jeunes, dont la plupart ne comprenaient pas exactement ce que le candidat voulait dire, l’ancien Premier ministre a évoqué ses ambitions. Reste à savoir si celui qui a côtoyé ATT pendant six ans aura les vrais mots pour convaincre les uns et les autres qu’il n’est pas, lui aussi, comptable de la crise que nous traversons.

Paul Mben

Le 22 Septembre du 15 Juillet 2013