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Un candidat à prendre au sérieux

Un Peuple, un But une Foi telle est la devise de notre pays. Rares sont nos compatriotes qui connaissent bien sa définition. L’année 2012 marquera sans doute un tournant décisif de notre pays au plan politique. Un prétendant a déjà annoncé les couleurs : c’est Soumana Sako, ancien Premier ministre pendant la Transition. Lorsqu’on se réfère à l’histoire de notre pays, les Maliens doivent prendre au sérieux ce candidat originaire de Niamina, une cité fondée par Niami Sako.

La légende du Waguédougou Bida (Ouagadou bida) c’est à dire cité fondée par les Wagué est évocateur dans les faits légendaires historiques de l’empire du Waguédougou et du Mandingue. Le python mythique connu dans le Mandé sous le nom de Ninki Nanka et chez les Marka sous le nom de Bida a eu sa tête coupée par un Sako. D’où leur nom de famille Sako qui veut dire à la poursuite du Bida.

Rappelons que l’ingénieur Bélime s’est inspiré du périple du Bida qui retraçait exactement l’ancien lit du fleuve Niger pour construire le pont de Markala (qui signifie chez le Bida).

C’est l’ancêtre du candidat Soumana Sako qui a libéré les populations du Mandé d’un sacrifice d’une jeune fille au python mythique.

Au regard de ce tableau historique éloquent et vu son petit séjour à la primature pendant la Transition, le vaccin ZOU peut guérir plusieurs maladies dont souffre notre pays.

La situation politique du Mali est très critique d’où la nécessité pour nous de se mettre à l’écoute des traditionalistes pour mieux savoir où se situe le mal. C’est ainsi que nos conservateurs de la tradition s’accordent à dire: la plupart des sociétés de l’Afrique de l’Ouest est fortement hiérarchisée. Elle comprend deux (2) groupes : les horons ou hommes libres et djons ou esclaves. « Peuple et jeunes prétentieux, un jour viendra où ce pays n’aura comme chefs suprêmes, que des gens de condition servile (esclaves) pour nous gouverner ».

Le regretté Wa Kamissoko, chef des griots de Kirina a dit à l’historien Youssouf Tata Cissé : «si l’on traitait de l’origine véritable des familles, beaucoup de gens bien placés, qui se prennent pour ce qu’ils sont, verraient alors que la distance existant entre les hauteurs où elles se trouvent et les bas-fonds où vivent leurs ancêtres est fort grande« .

S’il y a 52 semaines dans l’année, «il n’est pas certain que les vraies familles nobles atteignent à nombre au Mali». D’où l’impérieuse nécessité d’avoir un horon (noble) à la tête du Mali en 2012 afin de repartir.

De l’empire du Mandé en passant par le royaume de Ségou, en aboutissant à l’empire Songhaï, de Kaarta, au royaume du Kénédougou tous ont eu comme chef des horons « Toulobilé ». Cependant, le Mali indépendant n’a jusqu’ici aucun chef noble.


Face à l’imposture:
il faut, l’expression forte de la vertu pour que les âmes damnées gardent leur cocon, d’ou elles n’auraient jamais du sortir.
Le Mali, étant ce qu’il est, c’est à dire un pays de vieilles civilisations, il faut bien de tact et de précaution, pour comprendre certains agissements de certaines personnes, par rapport à eux-mêmes et surtout par rapport à certains groupes ethniques. Evoquer ces questions, n’est pas rétrograde. Bien au contraire. Et la symbolique prend tout son sens quand il s’agit de premières personnalités politiques.

Venons-en aux faits


Moussa Traoré
: Mme Manassa Danioko, alors Procureur de la République, dans un poncepilatisme rarement égalé dans ce pays, n’avait- elle pas eu l’outrecuidance de rappeler, lors du jugement de Moussa Traoré, pour crimes de sang, que celui-ci n’était même pas Malien? Et il ne s’est trouvé aucune conscience pour s’indigner de cette monstruosité, car Moussa a dirigé notre pays pendant plus de deux décennies.

On sait que son père était un « dafing » originaire du Burkina Faso, sa mère une esclave originaire de Mauritanie.

Alpha Oumar Konaré : Fraîchement élu à la Magistrature Suprême en 1992, a réservé l’une de ses premières visites à l’intérieur du Mali dans le cercle de Tominian.

A Tominian, Alpha a laissé sa délégation en ville pour se retrouver en brousse face à des « forgerons » qui l’ont fait asseoir sur un foyer et « lavé ».

Alors, là très proprement! La leçon n’est pas dans la consultation ésotérique, mais que les forgerons de cette localité n’ouvrent leur foyer qu’à un forgeron comme eux. Les connaisseurs de notre histoire savent bien que les forgerons de cette localité ont maîtrisé parfaitement la technique du fer, du haut fourneau au point de devenir des alliés stratégiques de Soundiata Kéïta dans sa lutte contre Soumangourou Kanté.

Déduction, contrairement à toutes les hagiographies, Alpha Oumar Konaré est un homme de caste. Le régime ADEMA a nommé un bonasse écuyer rompu dans les luttes clandestines. Le jugement de ceux qui connaissaient l’homme dans son « chez lui » n’a pas tardé sous la forme d’un axiome fulminent : « Il ne peut pas être à la hauteur de la mission, non pas qu’il ne pouvait pas avoir une bonne intelligence des équations de développement, mais parce qu’il est un « homme de main », « un fils de corde « , autrement un esclave qui durant toute sa vie n’a été conditionné que pour recevoir des ordres.


Et l’histoire retient les conditions dans lesquelles il a été contraint de rendre le tablier.

Amadou Toumani Touré, alias ATT pour les intimes, s’appelle Mountian chez les Bwa (mot qui signifie la vérité).En tout cas, on ne compte pas les accointances entre ATT et cette partie du territoire. De toute façon, les origines et l’ethnie d’Amadou Toumani Touré restent taboues.

Les Bwa ont revendiqué et obtenu sans trop de parlotes, la chefferie de la ville de Sévaré, à Mopti. C’est justement parce que ces aspects sociaux, ces facteurs humains ne sont pas pris en compte, qu’il y a fourvoiement dans bien de politiques de développement de notre pays.

Le Sako Bida qui a libéré tout le peuple du Wanguédougou du python mystique est capable d’offrir des jours meilleurs aux Maliens. D’où cette chanson des djélis : sako bida, sako wa wa.

Amy SANOGO

27 Avril 2009