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Sur la réponse à cette question qui a tant taraudé l’esprit de plus d’un, le voile semble aujourd’hui se lever. Ainsi, se référant à des évènements politiques qui ont eu lieu ou qui doivent avoir lieu dans les années à venir, certains observateurs estiment que le doute n’est plus tellement permis, quant à une éventuelle candidature du fondateur et président d’honneur de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), Soumaïla Cissé, à l’élection présidentielle de 2012.

Plus de trois ans nous séparent de l’élection présidentielle de 2012. Mais la fièvre électorale monte déjà, à telle enseigne qu’on a l’impression que les élections communales de 2009 se dérouleront en même temps que ladite présidentielle. Pour preuve : en plus des plans et perspectives que les partis politiques ne cessent de dessiner pour 2012, des questions ne cessent de titiller les lèvres de bien des observateurs politiques.

Entre autres, qui sera le dauphin d’ATT ? Qui sera le candidat de quel parti ? Qu’est-ce qui laisse donc présager, ou du moins incite certains citoyens à ne plus se douter d’une candidature de Soumaïla Cissé à cette présidentielle?…

Toujours est-il que qu’aux yeux de ces mêmes citoyens, l’analyse approfondie de deux situations explique à suffisance la raison de l’Enfant de Niafunké (Soumaïla Cissé) de se présenter à l’élection présidentielle de 2012. A savoir : l’élection du président du parti (Younoussi Touré), et l’impossibilité, pour le Président ATT, de se présenter de nouveau comme candidat.

On se rappelle la grande importance que le fondateur du parti de la “Poignée de mains” avait accordée au deuxième congrès ordinaire de l’URD qui a vu Younoussi Touré réélu à la présidence du parti. Pour cette réélection, Soumaïla, semble t-il, avait prêté main forte à Younoussi contre le 2è vice-président du parti, Oumar Ibrahim Touré.

En témoigne le discours lu par le parrain du parti (Soumaïla) lors de la tenue de ce 2e congrès. “Soumaïla a un penchant pour l’élection présidentielle de 2012. C’est pourquoi il s’est aligné derrière le candidat qu’il trouve manipulable…”, affirmaient mordicus et sans ammbages les partisans de Oumar Ibrahim Touré.

La seconde thèse sur laquelle les observateurs politiques se fondent pour présager une éventuelle candidature de Soumaïla est relative à l’impossibilité, pour l’actuel Chef de l’Etat, de briguer un troisième mandat. Toute chose qui, pour ces observateurs, constitue la fin d’un soit disant contrat moral qui lie ATT à Soumaïla.

Rappelons qu’après sa défaite à l’élection présidentielle de 2002, Soumaïla Cissé aurait, dit-on, rencontré son challenger (à la présidentielle) ATT, non seulement pour le féliciter de sa victoire, mais aussi pour lui signifier qu’il (Soumaïla) est au chômage.

C’est ainsi que, moralement touché, ATT aurait oeuvré pour l’intégration de Soumaïla dans une institution sous-régionale, notamment l’UEMOA. En contrepartie, Soumaïla, à l’époque président de l’URD, aurait renoncé à toute candidature à l’élection présidentielle de 2007, pour soutenir celle de Amadou Toumani Touré. Si ces allégations sont fondées, ne peut-on pas alors constater que Soumaïla n’a plus de contrat moral à payer envers ATT, puisque ce dernier ne sera plus éligible en 2012 ?

Le samedi dernier (10 Août), lors d’une sortie médiatique, le président de l’URD, Younoussi Touré, déclarait : “Fidèle à l’engagement pris lors de sa 3 ème conférence nationale, l’URD a fortement et loyalement soutenu la candidature du Président Amadou Toumani Touré, qui fut réélu à la magistrature suprême dès le premier tour. A cette réélection, l’URD avait oeuvré dans le cadre de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) mise en place par 43 formations politiques engagées à accompagner le Chef de l’Etat, dans la mise en oeuvre du Programme de Développement Economique et Social (PDES)…

Comme on peut le constater, ces propos de Younoussi Touré ont laissé plus d’un perplexe, et pour cause : il n’a nulle part mentionné, encore moins précisé si oui ou non, son parti présentera un candidat à l’élection présidentielle de 2012.

Néanmoins, beaucoup d’observateurs de la scène politique soutiennent estiment qu’il n’y a pas, sinon aucune raison, que l’URD ne fasse pas acte de candidature présidentielle en 2012. Car, justifient-ils, en plus d’être aujourd’hui la deuxième force sur la scène politique nationale, après l’Adéma, le parti de la “Poignée de mains” est le parti qui a, ces derniers temps, enregistré le plus grand nombre d’adhésions.

Aussi, des questions toutes logiques se posent. Entre autres : quelle serait alors l’utilité de ces adhésions, si l’URD ne présentait pas un candidat à l’électio présidentielle ? Le fait de ne pas évoquer, ou de mettre en sourdine, cette question de candidature, lors du récent congrès de l’URD, était-il une façon, pour le président Younoussi Touré, d’endormir la méfiance de son “adversaire“ le plus sérieux à cette présidentielle, l’Adéma?

Dans tous les cas, il reste à présent à savoir si l’URD pourra remporter lesdites échéances, face à la première force politique dont la première ambition actuelle est de goûter aussi aux délices de Koulouba en 2012 : l’Adéma-PASJ.


Moussa TOURE

14 Aout 2008