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«Bougouni souhaite votre candidature à l’élection présidentielle de 2012». C’est au cours d’un meeting tenu dimanche 16 novembre dans la salle Siraba Togola que le président de la coordination Teriya ton de Bougouni, Tiémokodjan Diakité, a souhaité la bienvenue au Premier ministre de la Transition, Soumana Sako.

Ce voeu risque fort de devenir réalité car, comme d’autres politiques, Soumana Sako est en train de tisser patiemment sa toile. Pour tous, en tout cas, 2012 se prépare maintenant. Raison pour laquelle, il veut sillonner tout le territoire national, à la rencontre de ses fans regroupés au sein de la Convention nationale des associations de soutien à Soumana Sacko (CNAS-SS). Après Ségou, Koulikoro, Nyamina, Dio, les prochaines étapes de ce périple le conduiront à Koutiala, Sikasso, Mopti.

Bougouni, Soumana Sako, avec le franc-parler qu’on lui connaît, n’a pas versé dans la démagogie, les fausses promesses électorales et la langue de bois dont nos hommes politiques sont coutumiers. Il a tenu un discours qui est allé droit au cœur des populations. Sans doute que ce n’est pas encore le temps des empoignes. Clément ou magnanime, il a déclaré que tous les présidents successifs du Mali, de Modibo à ATT en passant par Alpha, ont fait de leur mieux pour assurer la prospérité du peuple malien.

Cependant, a dit Soumana Sako, il reste encore beaucoup à faire. Pour cette raison, Zou souhaite une «refondation globale» pour sortir le Mali de l’ornière. Une sorte de renouveau politique, économique et social qui met l’homme avant toute chose. Il a fustigé la corruption et les dépenses ostentatoires. Pour lui, on ne développe pas un pays avec l’aide extérieure mais avec les ressources internes. Au centre de ses préoccupations, l’école, l’emploi des jeunes, le monde rural.

Un discours, on s’en doute, qui a été fort bien accueilli par les populations de la capitale du Banimonotié. Un intervenant a même déclaré que «Soumana Sacko est un homme qui a tout donné à son peuple en son temps». Ici, on est loin de l’exagération car pendant le court laps de temps qu’il a passé aux affaires, Zou a montré toutes les facettes d’un grand bosseur, d’un homme intègre et compétent.

De son parcours, on retiendra que ce natif de Nyamina a été premier du Mali à l’examen du DEF. Après le Bac au lycée Askia Mohamed, il entre à l’ENA d’où il sort major de sa promotion. Aux Etats-Unis d’Amérique, il obtient la mention très honorable. De retour au bercail, il enseigne à l’ECICA et à l’ENA. Puis, il est nommé conseiller technique au ministère de l’Economie et des Finances.

Devenu ministre des finances en 1987, Soumana Sako réussit la prouesse de payer les salaires à terme échu pendant que les travailleurs restaient trois mois, voire plus sans toucher un sou. On le surnomma alors «Monsieur salaire».

En outre, il fit une augmentation proportionnelle des salaires, créa le ministère de la promotion de la femme, institua le briefing hebdomadaire du gouvernement. Il se lança dans une chasse impitoyable à la corruption et le trafic illicite d’or. Mais cette croisade, très audacieuse pour l’époque, va lui être fatale. Piégé dans l’affaire d’or de la Sabena (ex-compagnie aérienne belge), «Zorro le justicier» (autre surnom qu’on lui attribua) jeta l’éponge. Son ministère n’aura duré que six mois.

Cependant, il était écrit quelque part qu’il reviendrait par la grande porte. Après la chute de la dictature militaro-fascite ATT, nommé président du CTSP, lui fit appel. En tant que Premier ministre, Zou mena à son terme une Transition réussie de quatorze mois, organisa les élections générales de 1992 pour un peu plus de un milliard de FCFA là où on parle aujourd’hui de 20 milliards. Et, pour finir, il vient de faire deux mandats successifs à la tête de l’ACBF à Harare, au Zimbabwe (2000-2008).

Pour tous ces actes posés, les Maliens gardent un bon souvenir de Soumana Sako. Ce capital de sympathie peut être un grand acquis pour l’homme le jour des élections, nonobstant son long séjour à l’étranger. Le ton a déjà été donné par les Bougouniens.

En effet, dans la salle Siraba Togola, un membre des familles fondatrices de la ville (les Diakité) a déclaré sans ambages que Zou sera le prochain président du Mali. En attendant cet heureux événement, l’ancien Premier ministre d’ATT est à la tête d’un bureau provisoire de 43 membres.

Le CNAS-SS sera t-il érigé en parti politique ? La question a été posée par certains militants. Et la réponse a été donnée par le secrétaire général de la coordination nationale.

Selon lui, il n’est pas question pour le sommet de parachuter une quelconque décision sur la base. Bientôt, tous les clubs de soutien sur toute l’étendue du territoire se retrouveront en conclave pour décider s’il faut créer ou non un parti politique.

Belle leçon de démocratie, en tout cas, si l’on se réfère au comportement dictatorial de la plupart de nos responsables politiques qui décident entre quatre murs, par-dessus la tête des militants. Il reste que le parti de Zou, s’il venait à être créé comme tout le laisse croire, participera sûrement aux communales de 2009, même s’il risque de rater le coche, tant le temps lui est compté.

Quant à l’élection présidentielle, on peut dire, assurément, que ce parti aura un candidat de choix.

Mamadou Lamine DOUMBIA

19 Novembre 2008