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A un peu plus d’un an des échéances électorales, Ibrahim Boubacar Keïta président du Rassemblement Pour le Mali (RPM) se trouve dans une situation difficile. Des campagnes politico-médiatiques sont en cours visant à ternir son image. Pourtant, IBK a les ressources nécessaires pour maintenir son parti dans le trio de tête au Mali et faire un bon score en 2012.

En 2010, IBK a été victime de plusieurs campagnes. Une association d’expatriés ivoiriens à la solde du PDES lui a fait traiter d’«ennemi des Maliens» vivant en Côte d’Ivoire. Il aurait fait ce dérapage : «Gbagbo n’a pas personnellement de sang Malien sur ses mains». Les détracteurs d’IBK ont utilisé ces propos contre lui pour le dénigrer aux yeux de l’opinion.

Quand il a été rapporté qu’il aurait hébergé une des deux épouses du président ivoirien sortant (Gbagbo), ses détracteurs s’en sont également donnés à cœur joie. Les liens entre les deux hommes politiques ont été interprétés de combines financières et de similitudes de comportement. Or ils sont uniquement proches par les idées du socialisme international.

C’est dans ce cadre que Laurent Gbagbo a reçu, pendant ses campagnes, les soutiens de plusieurs ténors du parti socialiste français. En aucun jour, ceux-ci n’ont été diabolisés pour leurs actions ou leurs prises de position. Mais quant à IBK, son image fut écornée par des mensonges et montages politiques. IBK doit réussir à se défaire comme le président ATT vient de le faire au sujet, dit-on, d’un imaginaire article paru sur un financement qu’il aurait accordé à Gbagbo.

Le président du parti du tisserand a eu à se défaire de plusieurs coups montés contre lui. Et chaque fois, il s’en sort. A titre de rappel, lorsqu’il a été trahi par l’ADEMA, on l’avait traité de dictateur et d’autoritaire. Malgré les acharnements, sa cote de popularité a grimpé. En 2002, son parti a occupé le rang de 3ème grande formation politique. En 2007, les autres grandes formations se sont unies pour le combattre politiquement. Ce qui veut dire qu’en 2012, si chacun doit s’affronter pour sa propre coloration, IBK comptera parmi les favoris. Pour qui connaît nos hommes politiques, son silence est une stratégie.

Quand les rumeurs se seront tues et qu’il arrivera encore une fois à s’éclaircir, la machine RPM continuera sa grande marche. Va-t-il bénéficier de la justice de l’opinion publique pour avoir été victime de trahison et de mensonge comme en 2002? Nous le saurons dans quelques mois. Pour l’instant, les informations censées le nuire se contredisent. Certains disent que Gbagbo le finance, d’autres disent que son parti n’a aucun sou dans la caisse et que ses cadres sont en train de déserter. Toutes ces contradictions vont certainement jouer en sa faveur.

Le RPM pourra aussi profiter des déchirements des autres grandes formations comme l’ADEMA. L’honorable IBK a l’expérience, la connaissance du terrain et les stratégies pour se défaire de ses détracteurs. On peut compter sur lui en 2012, plaise à Dieu.

Issa Santara

Le Ciwara Info du 06 Janvier 2011.