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L’avant-veille de la présidentielle d’avril prochain, sur le plan politique, est très mouvementée. Les congrès des partis politiques se succèdent sur fond de soutien aux candidats probables, déclarés ou non encore déclarés à la course vers Koulouba, le palais présidentiel. Cette situation a donné naissance, pour le moment, à deux regroupements politiques à savoir : l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) et le Front pour la Démocratie et la République (FDR).

Si le premier est entrain de mettre en place ses démembrements à l’intérieur du pays et se renforce par l’arrivée d’autres partis, le second est en gestation et il n’est pas exclu en son sein la multiplication des candidatures. Contrairement à l’ADP qui veut réélire dès le premier tour son futur candidat Amadou Toumani Touré, l’actuel président.

Jamais une élection n’a autant suscité l’intérêt des acteurs politiques que celle de cette année. On dirait que tous pensent que leur étoile a déjà commencé à briller au firmament politique. Raison pour laquelle chacun souhaite se mesurer au verdict des urnes.

Que ceux qui ont choisi cette voie ne se trompent pas, tellement grande est la mission qui les attend. A savoir la sauvegarde des acquis de la démocratie tant malmenée par les médiocres qui n’ont pas hésité à faire main basse sur l’administration.

Le plus difficile étant de gérer des hommes et des femmes qu’on pourrait assimiler à des alimentaires bien décidé à enterrer à jamais la démocratie dont certains d’entre eux ont durant leur parcours œuvré à l’instauration de ce système politique.

Qu’a cela ne tienne, chacun a choisi son camp. Pour qu’il n’y ait pas de surprise à la dernière minute, les protagonistes ont décidé de descendre dans l’arène politique afin de s’assurer des garanties indéboulonnables.

Ainsi l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès, qui tardait à démarrer ses activités, a brusquement mis son pied sur l’accélérateur en procédant à la mise en place des coordinations régionales.

Celles-ci auront la lourde tâche de relayer les informations émanant de la direction nationale du regroupement et aussi de mobiliser les électeurs autour du slogan « Takokelen » (arracher d’un seul coup). Même si l’installation des coordinations a montré le caractère hétéroclite de ce regroupement dans certaines régions, on peut dire que l’ADP a pris une option sérieuse sur son rival le FDR.

En plus de cela, elle a enregistré l’adhésion la semaine dernière de dix neuf (19) autres partis politiques. Cette adhésion a aussi donné lieu à une cérémonie solennelle de signature au Centre International de Conférences de Bamako. Mais à la différence des seize (16) premiers signataires en novembre 2006, le président ATT n’était pas à l’accueil. Cette arrivée révèle plutôt d’un effet d’annonce que de renforcement. Car ces partis ont plus de militants des congrès que d’électeurs potentiels.

Les animateurs de l’ADP, qui n’avaient jamais fermé les portes de leur regroupement, peuvent se féliciter de l’adhésion de ves partis. A moins qu’ils mouillent le maillot en continuant l’implantation de leurs structures sur le plan national.

Quant au FRD, les discussions engagées en trombe pour sa naissance officielle sont peut être restées à l’état d’intention. Mais à y regarder de près les partis et les mouvements politiques qui le composent se perdent en conjectures. Au lieu de faire front commun, le RPM, le PARENA, la CDS Convergence 2007 et l’ADJ veulent tous tenter leur chance au premier tour.

Attendons de voir.

Yoro SOW

19 février 2007.