Partager

Les deux hommes, à savoir Amadou Toumani Touré (ATT) et Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), qui sont appelés à jouer un rôle de premier plan dans la vie politique de notre pays en cette année électorale, gardent toujours le silence quant à leur candidature à la candidature du 29 avril prochain.

Si le premier attend d’être le candidat du peuple pour rencontrer sur son chemin un candidat de petit calibre pour se succéder à lui – même dès le premier tour avec un score stalinien comme son prédécesseur Alpha Omar Konaré l’a fait en 1997, le second doit attendre les conclusions des assises de son parti qui vont normalement se tenir courant janvier.

Si leur silence relève peut-être d’un choix tactique ou d’une stratégie de lutte, il cache pas mal de dessous.
Aujourd’hui, tous les observateurs politiques avertis sont unanimes que le président de l’Assemblée nationale IBK et non moins président du Rassemblement Pour le Mali (RPM), est un candidat de taille pour barrer la route de Koulouba en 2007 à ATT. Or il se trouve que ce dernier n’entend pas s’arrêter à un mandat. Il compte poursuivre l’œuvre de construction qu’il a entamée depuis 2002. Même si entre les deux hommes ce n’est pas encore la fin de la lune de miel, les crocs-en-jambe qui se jouent actuellement sonneront bientôt le tocsin.

Ainsi, selon des sources concordantes, le président du Rassemblement Pour le Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, subirait de fortes pressions tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Ces pressions qui proviendraient des personnalités influentes ne visent qu’un seul objectif : que IBK renonce à se présenter à l’élection présidentielle de 2007.

Pour ce qui est des pressions de l’intérieur du pays, elles émaneraient surtout de certains leaders d’opinion et d’autres personnalités de la société civile ainsi que des anciens dignitaires de l’ex- parti unique.

Nous avons pu rencontrer un d’entre eux au cours de notre séjour au village. Selon notre interlocuteur, il disposerait de tout un arsenal de moyens entre leurs mains pour convaincre les partisans du président des Tisserands pour que son parti apporte son soutien à ATT. Du côté du RPM, certains militants se disent être au courant de cette soi disante « coalition anti RPM« . Mais refusent de croire que leur démarche aboutira.

Quant aux pressions de l’extérieur, elles proviendraient de certains chefs d’Etat et amis du Mali.

Un ancien diplomate de passage dans notre pays à la veille des fêtes de fin d’année, nous a confié ceci : « La présence des présidents Wade du Sénégal et Blaise du Burkina Faso à l’inauguration des Entrepôts sénégalais au Mali n’était pas gratuite« . Il poursuivra que  »l’assemblée d’information » organisé par le RPM le 9 décembre dernier au stade Modibo Keïta a coupé le sommeil au locataire de Koulouba et aux ténors du Mouvement Citoyen.

Les présidents, amis d’IBK, contactés seraient dans l’embarras du choix. Certains souhaiteraient que IBK aille au charbon. Dans ce lot, on retrouve Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire. Longtemps isolé, il souhaiterait avoir un soutien de taille, dans la sous-région, membre de l’International socialiste.

Dans tous les cas, IBK serait à la croisée des chemins.

Va- t- il céder sous la pression en laissant ses militants orphelins.

Les assises de janvier nous le diront.
Yoro SOW

08 janv 07