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l’heure est aux préparatifs. En plus des manifestations folklo­riques et politiques qui sont organisées chaque week-end à travers le pays, chacun de ces partis poli­tiques affûte ses armes.

Des stratégies les plus inattendues sont aujour­d’hui élaborées.

Mais curieusement, on a comme l’impression que la politique de gestion consensuelle du pouvoir communément appelée « consensus à la malienne » qui a été pratiquée par l’ac­tuel locataire de Koulouba a dérouté beaucoup de par­tis politiques et non des moindres de la place.

En effet, le réveil a été brutal pour ces derniers.

Le long silence de ces formations politiques qui a accompagné le consensus et surtout les attitudes compromettantes de leurs responsables politiques ont fini par démobiliser les militants désormais déso­rientés.

Ainsi, pour échapper à la sanction des urnes, qua­torze partis politiques de la place parmi lesquels la presque totalité de la gran­de famille originelle ADEMA qui a eu à diriger le pays pendant dix ans ont décidé de renoncer à leur vocation naturelle en s’alignant derrière l’actuel Président de la République Amadou Toumani Touré.

La plate-forme prési­dentielle signée par ces quatorze partis politiques a donné naissance à une Alliance dénommée l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ÂDP). Cette démarche aurait chamboulé la stabili­té au sein de certains partis politiques.

Le 1er vice-président du Comité Exécutif de l’ADEMA, Soumeylou Boubèye Maïga est entré en rébellion contre la posi­tion officielle de son parti. Après avoir organisé un grand meeting au nom d’une association « Association des Amis de Soumeylou Boubèye Maïga » (ASMA) qui sou­tient ses actions, ce dernier a créé « Convergence 2007 » et annoncé le week-end dernier à Ségou qu’il ira aux élections 2007 et qu’il va battre ATT.

Dans les autres grands partis comme le MPR (parti qui se réclame de l’ancienne dictature), l’URD, le CNID et dans bien d’autres petits partis, on assiste au même phéno­mène.

En face de ces partis qui ont opté officiellement pour la réélection de l’ac­tuel président de la République, on retrouve d’autres formations poli­tiques qui ont décidé de croiser le fer avec ATT lors de la Présidentielle à venir. Si le courage de ces partis est à saluer, il faut cepen­dant souligner que leur démarche politique manque de logique. Comment comprendre en effet que ces partis qui veu­lent aujourd’hui combattre le Président de la République lors de la com­pétition électorale à venir maintiennent encore leurs représentants dans le gou­vernement de consensus dirigé par le Premier Ministre, Ousmane Issoufi Maïga ?

Le RPM et Sadi sont aujourd’hui très mal placés pour critiquer le bilan de ces cinq dernières années du pouvoir ATT devant les électeurs maliens. Mais à la décharge de ces deux for­mations politiques qui sont désormais ouvertement opposées à la réélection de ATT, leur participation à un gouvernement de consensus ne saurait constituer un blanc seing pour le régime en place et encore moins une renon­ciation à leurs ambitions légitimes : conquérir le pouvoir par la voie des urnes.

Parallèlement à ces deux positions tranchées, d’autres candidatures telles que celles du mentor de « Convergence 2007 » et celle du 1er responsable de la CDS, Mamadou Biaise Sangaré ont aussi émergé. Ces deux candidatures vont jouer le trouble fête jusqu’à la dernière minute. Il n’est même pas exclu qu’elles jouent un éventuel arbitra­ge entre ATT et IBK.

Le grand inconnu de cette présidentielle est sans conteste la position du parti du Bélier Blanc. En effet, bien avant l’annonce d’une éventuelle candida­ture de son mentor, Tiébilé Drame, le Parena est aujourd’hui courtisé de tous les côtés. Chacun des grands partis de la place veut faire chemin avec le Parena. Le regain d’intérêt pour ce parti s’explique par la qualité de ses cadres.

Un parti qui a toujours fait preuve d’indépendance d’esprit dans l’analyse des grandes questions qui ont interpellé la vie de la nation. Le Parena est aussi le seul parti qui s’est attelé ‘tout au long du règne d’ATT à l’animation de la vie politique nationale, à la sensibilisation et à la for­mation de ses militants.

Il vaut mieux donc avoir un tel parti avec soi. C’est ce panorama politique qui se présente aujourd’hui aux Maliens. Mais avant avril 2007, d’autres personnes, surtout des indépendants, pourront se positionner et cela pour le grand bonheur de la démocratie malienne.

Birama Fall

27 dec 2006