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A partir de la parution N°03 d’Option, nous avons commencé une série d’analyses sur les probables candidats aux élections présidentielles de 2012 et évalué leurs chances.

C’est bien curieux le fonctionnement du parti SADI dont le leader charismatique et bien connu, le Dr Oumar Mariko, n’en est que le Secrétaire Général, mais qui éclipse majestueusement celui qui en est le Président, un certain Cheik Oumar Sissoko, cinéaste de renom et qui fût tout de même longtemps ministre de la Culture lors du 1ier mandat d’ATT en 2002 -2007.

Politiquement, le second nommé ne rappelle que de vagues souvenirs de l’époque du procès du régime défunt de l’UDPM au cours duquel, il avait été l’un des témoins les plus lourds et qui avait mis du baume au cœur des Maliens en chargeant avec éloquence les responsables des tueries de Mars 1991. Depuis, le président méconnu du SADI se fera aussi muet qu’une taupe, lui qui n’a pourtant pas sa langue dans sa poche. Bizarre.

Toujours est-il que si l’on évoque les présidentiables de 2012, peu de gens penseront à Cheik Oumar Sissoko, mais tous s’attendent naturellement à voir Oumar Mariko dans les starting blocks. Alors à tout seigneur, tout honneur, je vais vous présenter cette semaine le Dr Oumar Mariko, candidat probable à la présidentielle prochaine.

C’est bien à la faveur du bras de fer ayant opposé le régime Moussa Traoré aux élèves et étudiants regroupés au sein de l’AEEM, dont il était le secrétaire général, que ce jeune leader estudiantin apparut aux yeux des populations avec une témérité et un entêtement dont il ne s’est pas départi aujourd’hui encore.

A l’heure actuelle, Mariko, comme on l’appelle familièrement, incarne le rôle du justicier et défenseur des faibles. Ceci le fait passer un peu comme un opposant permanent même s’il a du se faire un peu moins bruyant et un peu plus conciliant pour gagner des élus et surtout les conserver.

En effet, à la faveur des élections de 2002, le parti SADI, dirigé de fait par Mariko, avait obtenu miraculeusement 4 députés dans la circonscription de Koutiala au grand dam du PASJ et surtout de l’UDD dont c’était le fief électoral.

Mais à l’époque, les députés ont dû quitter le parti pour échapper aux contributions exorbitantes qui leur étaient réclamées à titre de contribution au fonctionnement du parti. Depuis, Mariko semble avoir compris beaucoup de choses et c’est tant mieux. Il dispose, avec son réseau de radios Kayira qui donnent la parole à toute personne qui le souhaite, d’une formidable aura.

Ces propres organes d’information constituent, à n’en pas douter, d’importants outils de propagande et de promotion pour Mariko et son parti. A cela, il faut ajouter une organisation parfaite et futuriste pour les autres partis de l’échiquier politique national. En effet, à notre connaissance, le SADI est le seul parti qui connaît avec précision ses militants dans chacune des localités où ses structures sont implantées. Ceci permet de savoir où concentrer les efforts pour engranger des élus.

Toutefois, Mariko constitue un épouvantail pour grand nombre de ses compatriotes parmi les plus influents et qui n’hésiteront pas à sortir la grosse artillerie pour lui barrer la route au cas où… De ce fait, ses chances de remporter l’élection présidentielle sont faibles. Cependant, sa candidature est souhaitable en ce qu’elle va contribuer à animer la campagne et à ramener les candidats vers le débat en les empêchant de se fondre dans les « Balani Show » et autres « Meeting » folkloriques.

Néanmoins, les candidats à l’élection présidentielle ont tout intérêt à ménager le fulgurant Mariko qui a hérité de Maribatourou Diaby ce rôle de débatteur accrocheur dont fût victime Me Tall lors du mémorable débat télévisé qu’ils avaient eu. Dans cette posture de meilleur destructeur de chances, que va faire Mariko lors des élections de 2012 ? Bien malin qui pourra y répondre.

« Qui va vivra va verra. »

OPTION du 01 Juin 2010.