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Jusqu’à vendredi soir, les émissaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) impliqués dans la gestion de la crise malienne, et la junte n’étaient pas parvenus à s’accorder sur le choix de la personnalité devant conduire la transition au Mali. Pour les premiers et conformément aux décisions des chefs d’Etat de la Communauté, le président de la République par intérim, Pr. Dioncounda Traoré est le mieux indiqué pour enchaîner avec la transition après les 40 jours au sommet de l’Etat.

La junte, de son côté, n’entend pas les événements de cette oreille. Elle veut l’intronisation de son chef. D’autres sources bien informées rapportent que les négociateurs ont concédé qu’un autre civil puisse conduire la transition, mais ils ont écarté d’un revers de la main la présence de la junte à la tête de la présidence du Mali. Chacune des parties campant sur sa position, les négociations ont échoué. Conséquence : ceux qui sont venus offrir leurs bons offices à notre pays ont plié bagages malgré l’intervention du Premier ministre les priants de rester.

Du moment que la Cédéao dit ne pas voir d’inconvénient que la transition soit conduite par un civil autre que Dioncounda mais à l’exclusion des militaires, des sources rapportent que les regards sont de plus en plus tournés vers Ibrahim Boubacar Kéita (IBK), président du RPM. Selon nos informateurs, il paraît être l’homme politique pour le moment faisant l’unanimité pour prendre le gouvernail du bateau malien.

Une hypothèse à ne pas à écarter, car les négociateurs qui étaient rentrés dans leurs pays respectifs devaient, en principe, retourner hier ou aujourd’hui à Bamako. De là à comprendre que la junte aura revu sa position et prête à faire des concessions.

Présidence de la République : Dioncounda dans le bureau du Segal

Au soir du mercredi 21 mars 2012, le palais présidentiel a été suffisamment pilonné par des militaires. Des images diffusées laissent croire que la sécurité ou la vie du maître des lieux délogé n’était pas épargnée par les attaques. Ce jour-là, des bureaux de la présidence de la République ont été saccagés y compris les biens mobiliers. Au point qu’une retouche s’impose.

Au lendemain de l’investiture du président de la République par intérim, les premières audiences que celui-ci a accordées à des personnalités se sont déroulées dans un hôtel de la place tant les bureaux du palais ne s’y prêtaient pas à cela. De sources proches du palais présidentiel, le président Dioncounda Traoré a pris par la suite ses quartiers dans les bureaux aménagés à cet effet du secrétaire général de la présidence de la République. Celui-ci ayant occupé un autre bureau.

Koulouba : le bureau de l’ex-patron de la com’ « dégagé »

La semaine dernière à la présidence de la République, de nombreux bureaux, à l’instar de celui de l’ancien patron de la cellule de communication, ont reçu la visite des services techniques pour être mieux retapés. Au cours de l’opération, des « CD » de l’audience solennelle de prestation en 2007 devant la Cour suprême du président déchu pour son 2e quinquennat ont été retrouvés dans le bureau du désormais ancien patron de la Cellule de communication de la présidence de la République.

A cœur joie, ceux qui étaient partis pour la restauration et l’entretien des bureaux, se sont partagés les cartons de « CD ». Ils ont remis copie à des connaissances.

Assemblée nationale : les députés sans salaire depuis février

Depuis qu’ils ont émargé pour le salaire du mois de janvier 2012, les élus de la nation n’ont rien perçu à cette date. A ce jour, ils n’ont pas bénéficié des salaires du mois de février, mars et avril. Idem pour les cartes téléphoniques et la dotation en carburant. D’aucuns ont imputé ce non-paiement des salaires des honorables à la crise que traverse le Mali. Faux, rétorque un élu de la nation en se basant sur le fait qu’en février, il n’y avait pas de crise et que celle-ci a éclaté vers fin mars. « Pourtant, nous n’avons pas eu nos salaires de février encore moins les cartes et le carburant », évoque notre interlocuteur.

De plus en plus, des élus imputent le retard à des pratiques peu orthodoxes intervenues en février et qui n’ont pas pu être corrigées et auxquelles la crise est venue s’ajouter au retard. Un élu nous a confié qu’ils se débrouillent présentement avec leur petite épargne pour les besoins des législatives qui étaient prévues pour juillet 2012. Aux dernières nouvelles, le 1er vice-président de l’Assemblée nationale aurait assuré la semaine dernière ses collègues députés des dispositions prises en vue du règlement des salaires impayés des 3 derniers mois ainsi que les cartes et le carburant.

Bamako : les hôtels en cessation d’activités

La crise née des événements du 21 au 22 mars 2012 a été un coup dur pour le monde des hôtels au Mali. Rien qu’un tour à l’aéroport pour se rendre à l’évidence que des visiteurs et autres étrangers se font de plus en plus rares dans notre capitale. Or, ce sont eux qui constituent les principaux clients des grands hôtels de la place. Mais du fait que les déplacements vers notre pays ne se font plus comme avant, les hôtels en ressentent les contrecoups. Qu’il s’agisse de Salam, de l’Amitié et autre Grand hôtel, les activités sont au ralenti dans ces hôtels. A ce jour, ils sont ou presque en cessation d’activités. Faute de clients.

Les Échos du 15 Mai 2012