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La France a pris depuis le 1er juillet, la présidence tournante de l’Union européenne qui prendra fin le 31 décembre 2008. Des ambassades européennes accréditées à Bamako ont rencontré la presse mardi sous la houlette de l’ambassade de France.

L’ambassadeur de France au Mali, S. E. Michel Reveyrand de Menthon, qui a dirigé la conférence de presse a de prime abord indiqué qu’elle s’inscrit dans une dynamique de communication afin que cette présidence française de l’UE qui dure six mois soit la plus ouverte possible.

Le mandat de la France est axé sur quatre priorités que sont : l’énergie et le climat, les questions migratoires, la défense et l’agriculture. Le continent africain est au cœur de ses priorités avec des points comme la mise en œuvre du partenariat stratégique de Lisbonne, la paix et la sécurité, l’énergie et le climat, les APE (agriculture et intégration), migration (une conférence est prévue le 21 octobre à Paris), entre autres.

L’Europe et l’Afrique entretiennent des relations vieilles de 50 ans. Les rapports entre les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) ont évolué d’un partenariat économique et commercial vers un partenariat politique basé sur une stratégie commune Europe/Afrique depuis la derrière rencontre de Lisbonne au Portugal.

L’Europe est bien présente au Mali, aux dires de S. E. Durazzo, le représentant de la Délégation de l’UE au Mali. Elle dispose de sept ambassades en plus de la Délégation de la Commission de l’UE. Au sortir de la dernière table ronde des bailleurs de fonds, les Etats européens et la commission de l’UE ont promis au Mali 1,324 milliards d’euro sur quatre ans (2008/2012). Ce qui représente 50 % de l’aide totale à notre pays.

Le 9e Fed alloue à notre pays une enveloppe de 560 millions d’euros sur six ans. Cet argent est destiné aux secteurs prioritaires des infrastructures, de la décentralisation, de l’appui aux OMD, de la réforme des finances publiques et l’appui budgétaire général. D’autres Etats comme les Pays-Bas, l’Allemagne et la Belgique interviennent beaucoup dans les domaines environnementaux, l’assainissement, la décentralisation, le genre, etc.

Les questions de migration sont une partie intégrante des relations entre l’Afrique et l’UE. La création du Centre d’information et de gestion des migrations (CIGEM) pour une période de 3 ans, par l’UE, procède d’une volonté de valoriser l’immigration en montrant les dangers de l’immigration clandestine par rapport à celle légale, a affirmé S. E. Durazzo.

La migration obéit désormais à une nouvelle approche « globale, équilibrée et concertée », a ajouté S. E. Reveyrand de Menthon et son homologue d’Allemagne, Reinhard Schwarzer.

Un Pacte européen sur l’immigration est en chantier. Il sera focalisé sur la migration légale pour des raisons de travail et d’études. La lutte contre l’immigration clandestine sera désormais âpre. L’Europe s’engage à développer des régions d’origine des migrants afin de freiner des velléités de départs illégaux.

A ce sujet, l’ambassadeur de France s’est montré intransigeant. Selon lui, « l’immigration est une question de souveraineté. N’importe quel Etat dans le monde a le droit de contrôler qui entre sur son territoire. Il faut admettre la nécessité de réguler le phénomène migratoire ». Pour S. E. Schwarzer, « il n’y a aucune volonté de fermer l’Europe ».

L’ambassadeur des Pays-Bas, S. E. Ellen Van Laan et le chef de la Coopération belge Dynaadt étaient présents à la conférence de presse.


Abdrahamane Dicko

10 Juillet 2008