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Pour aider les citoyens à s’imprégner davantage des concepts de la
démocratie, il va décidément falloir redoubler d’ardeur et
d’énergie. En effet, après plus de quinze ans de pratique
démocratique, rares sont les Maliens à appréhender le vrai sens
dudit concept. Et pour causes…

Même le simple fait de se déclarer candidat à la présidence d’un
parti est assimilé à un crime. Pourtant, les textes des partis
stipulent que tout militant remplissant ses droits et devoirs
peut être électeur et éligible. Aussi, la Presse (ce quatrième
pouvoir et garde-fou contre les dérives autoritaires,
dictatoriales ou anti-démocratiques) doit constituer une
référence, une aide et un soutien pour des populations désabusées
et en quête de repères.

Crise à l’URD”; “Oumar Ibrahim Touré déclare la guerre à
Soumaïla Cissé
” ; “Oumar I. Touré met le doigt dans l’oeil” ;
Cassure à l’URD” … Tous ces titres de la Presse se résument en
un seul mot : pour pouvoir briguer la présidence de l’URD, lors
de son 2e congrès prévu fin Avril, le 2e vice-président a émis le
voeu de se soumettre au suffrage des militants du parti.

En effet, Oumar Ibrahim Touré trouve normal qu’un responsable qui
a tout donné à son parti s’estime en mesure de nourrir d’autres
ambitions plus grandes pour son parti. Mieux, en faisant une telle
déclaration, l’homme a tenu à expliquer la raison de sa
candidature. Et le plus important pour lui, c’est cette raison-là.

On dit souvent qu’en politique, le dernier mot doit revenir aux
militants. Aussi, ils seront donc les seuls arbitres à départager,
entre Oumar Ibrahim Touré et Soumaïla Cissé ou Younoussi Touré.

Mais en voulant les opposer -et tout cela, sur la base d’une
simple déclaration de candidature-, on sous-entend clairement que
la vérité est ailleurs, et non entre les mains des militants. Le
pire est qu’on insulte ces militants, en faisant croire à
l’opinion que leurs choix sont dictés par des “faiseurs de rois
tapis au sein de nos formations politiques.

Oumar Ibrahim Touré est candidat parce qu’il estime qu’on peut
mieux faire à l’URD que ce qui est en train de s’y faire
actuellement. Il est candidat parce qu’il pense que dans la
dynamique du parti, il faut un changement. Ce qui, en soi, ne
constitue en rien une entrave aux textes de son parti, encore
moins une haine nourrie ou guidée contre quelqu’un. Autant la
contradiction, le débat et le consensus dénotent la vitalité d’une
démocratie (même au sein d’un parti), autant le fait de constituer
un tout imposé et inchangeable se trouve aux antipodes de cette
démocratie.

Dans la même veine, la compétition ne peut en aucune façon être
synonyme de rivalité improductive, d’adversité stérile ou de
guerre. Cela est autant vrai en politique qu’en matière de
compétition, les protogonistes restent tributaires des électeurs.

Contrairement au football ou à la boxe, où les sportifs sont
maîtres du jeu ou de leur destin, et où ils doivent se battre pour
mériter leurs places ou résultats, en politique, les challengers
sont dispensés de tout cela : ce sont les militants et les
électeurs qui sont chargés de ces combats. D’où la nécessité de
récentrer les débats politiques sur un cadre purement politique et
non ailleurs.

Aussi, il est dommage qu’un responsable politique ne puisse même
plus respirer sans qu’on y voit la main d’un autre haut
responsable, sans qu’on argue que sa décision est dictée par des
avantages qu’il tire de sa fonction, ou par une volonté délibérée
de “casser“ son parti ou de “cracher“ sur la tête de celui qui l’a
fait ce qu’il est, surtout si c’est un ministre de la république.

Il faut donc savoir raison garder et laisser le dernier mot,
sinon le choix aux militants et aux électeurs, sans jeter
l’opprobe sur qui que ce soit, encore moins anéantir un candidat
avant “l’heure de la vérité“, c’est-à-dire le jour J de
l’élection, de quelque nature qu’elle soit.

C’est tellement si simple que jusque là, personne n’a encore posé
un acte qui soit contraire aux textes du parti, ou qui soit au
anti-démocratique. Tout est donc dans l’ordre normal des choses, à
moins que certains s’inscrivent dans une polémique de subjectivité
et d’objectivité.

Adama S. DIALLO

21 Février 2008.