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La bataille pour le perchoir de l’Hémicycle commençait à s’éclaircir depuis la volonté affirmée par l’URD de ceder la présidence et la questure de l’Institution à l’Adema . Ces deux mastodontes n’ont-elles pas déjà fait une proposition de bureau, dans laquelle, ils s’octroient tous les postes clés du parlement?

C’est fort de cela que beaucoup d’observateurs voyaient déjà Dioncounda Traoré, président de l’Adema et de l’ADP, élu au poste du président de l’Assemblée Nationale, son principal challenger, Me Kassoum Tapo, seul député RND-un parti qui, d’ailleurs, ne figure pas dans la proposition de bureau faite par l’Adema et l’URD- n’étant point une menace sérieuse pour lui.

Mais voilà, coup de théâtre : Me Moutaga Tall, ancien premier vice- président du parlement, à qui l’URD et l’Adema avaient pourvu du poste de 7e vice-président dans la nouvelle configuration de l’Assemblée, ne l’entendrait pas ainsi.

Mieux, le président du CNID-FYT a surpris plus d’un en affichant son désir de briguer le perchoir. Rappelons-le, le CNID dispose aujourd’hui de seulement 7 députés, contre 8 pour la législature finissante. Avec 7 députés, Me Tall peut-il réellement ravir la vedette à Dioncounda Traoré .Comment peut-il même rêver d’avoir le soutien de 86 députés (Adema 51, URD 35) ?

Déjà, certains propos attribués à Me Tall, par voie de presse, semblent semer la confusion dans les rangs du duo Adema-URD. Mountaga Tall aurait boudé une délégation du duo venue négocier son adhésion à la proposition de bureau, en l’informant qu’il est lui-même candidat au perchoir, et que sa candidature et soutenue par, au moins, 80 députés.

Ces mots de Me tall, non considérés par les émissaires de Dioncounda, ont pourtant créé la panique au sein des ruchers. Beaucoup de militants et cadres de l’Adema et de l’URD pensent que la solution à “cette intrusion” de Me Tall dans les débats sur la présidence de l’Assemblée Nationale serait le dialogue entre partis membres de l’ADP, pouvant aboutir à un consensus. Un consensus qui verrait Me tall céder au profit de Dioncounda.

Les partisans de cette approche restent tout de même convaincus que même sans consensus, “il n’y aurait pas match” entre Tall et Dioncounda, le premier étant un fin politicien rodé aux rouages de l’institution parlementaire, un palmarès qui plaide en sa faveur.

Le consensus peut-il prévaloir encore, quand on sait que l’Adema et l’URD s’étaient octroyés la plus belle part, dans leur proposition de bureau, au détriment des autres partis membres de l’ADP, qui n’ont d’ailleurs pas été, au préable, consultés sur la question?

Les atouts des deux protagonistes

En cas d’échec du dialogue entre partis membres de l’ADP, qui de Dioncounda et de Me Mountaga Tall, l’emportera? Pour certains, la question ne se pose même pas. Selon eux, rien ne devra logiquement empêcher Dioncounda d’accéder au perchoir, du moment que l’URD y a renoncé.

Ce point de vue, bien que se fondant sur le fait majoritaire-l’Adema et l’URD comptablisant 86 sièges- est pourtant discutable. Aussi, faudrait-il prendre au sérieux les prétentions du président du CNID-F.Y.T.

L’Assemblée nationale est une haute institution qui a besoin d’un homme de poigne, de charisme et d’une force d’autorité pour donner aux débats parlementaires toute leur rigeur et leur sérieux. Or, beaucoup d’observateurs pensent que ces qualités manquent fort à Dioncounda. Alors, comment a-t-il fait pour devenir président de l’Adema, première force politique du pays et celui de l’ADP? Ces atouts ne sont-ils pas déterminants pour le président de l’Adema?

De son côté, Me Tall est aussi un candidat redoutable. Tout comme Dioncounda, son passé milite beaucoup en sa faveur. Le fait qu’il ait tenu tête à l’Adema-au temps du président Alpha, où IBK régnait en Premier ministre, et contre le Gouvernement contre lequel il avait introduit une motion de censure parlementaire- lui vaut de l’admiration de bien des Maliens.

Sauf qu’ici, ce ne sont pas les Maliens qui seront appelés à plaider sa cause, mais plutôt les députés. Et à ce niveau, son ancien statut de 1er vice-président de l’Assemblée- qui a d’ailleurs été tout un problème pour le RPM d’IBK- pourrait jouer en sa faveur.

Tall était de ceux qui ont contraint le RPM à bouder le bureau de l’Hémicycle. Mais vouloir, avec seulement 7 députés élus, devenir président du parlement, voilà un challenge difficile, sinon utopique auquel Mountaga veut s’essayer. Y parviendra-t-il?

D’aucuns pensent pourtant qu’il essaye tout simplement de jouer au touble fête, histoire de conserver son poste de 1er vice-président. L’URD, qui entend occuper ce poste se laissera-t-il faire?

Adama S. DIALLO

27 août 2007.