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Conformément au décret présidentiel n°07-292/PRM du 11 août 2007, les 147 députés nouvellement élus étaient appelés, ce 3 septembre, à l’Hémicycle pour élire le président de l’institution, c’est- à -dire celui qui doit porter le flambeau, sinon prendre la relève après Ibrahim Boubacar Kéïta.

Au départ, ils étaient trois candidats en lice pour ce poste de la présidence : Dioncounda Traoré, président de l’Adema et de l’ADP, Me Mountaga Tall, président du CNID, et Me Kassoum Tapo du RND.

A l’ouverture des travaux pour le vote au bulletin secret, l’un des candidats, Me Kassoum Tapo du RND a renoncé à sa candidature. Ce qui a surpris plus d’un, eu égard à sa déclaration, il y’a seulement quelques jours:“Je suis candidat à la succession de IBK. Ma candidature, qui sera portée par le regroupement auquel le RND appartient depuis 2002, doit être prise avec sérieux, parce qu’il a des atouts et des hommes qui la soutiennent…

Sur la raison de ce désistement brusque et inattendu, certains observateurs verront un geste qui n’est tout de même pas gratuit. Selon eux, Me Tapo aurait renoncé contre un autre poste important qu’on lui aurait proposé dans le nouveau bureau de l’Hémicycle. Selon d’autres, l’homme, se sentant disqualifié d’avance, aurait réagi ainsi, pour éviter l’humiliation.

Si le désistement de Me Tapo suscite des interrogations, il a quand même eu le mérite de faciliter le vote.

Le comportement qui a séduit plus d’un est certainement celui… du perdant de cette bataille pour le perchoir. En effet, contre toute attente, Me Mountaga Tall, bien qu’ayant récolté un score peu enviable -31 voix, contre 111 pour son devancier – a primé avant tout le fair-play démocratique.

A la fin du vote, il a non seulement félicité le président sortant, IBK, mais il a donné de chaudes accolades à son adversaire gagnant de l’élection, Dioncounda Traoré.

Qui l’aurait cru, après toutes ces récentes déclarations jugées par trop tapageuses de Me Tall, relatives à sa candidature à ladite élection?

Du coup, l’avocat candidat perdant remonte de quelques crans en estime, et au sein de la nouvelle assemblée, et au sein de la classe politique.

Car, il faut le souligner, un tel fair-play n’est pas donné à tout le monde. Pour preuve : le nouveau président de l’Assemblée nationale n’a guère daigné imiter son rival perdant… en le félicitant nommément, dans son discours improvisé d’investiture.

Est-ce dû à l’émotion? Ou à un oubli… délibéré?…


Moussa TOURE

04 septembre 2007.